Une méthode écologique et qui permet d’économiser 20 % sur la facture est utilisée pour refaire la route sur la RD 632 entre Marseillan et Vidou (Hautes-Pyrénées). Le président du Département a visité le chantier ce jeudi 4 juillet.
Depuis le 24 juin 2024, un tronçon de 7,5 km sur la RD 632 entre Marseillan et Vidou dans les Hautes-Pyrénées fait l’objet d’une rénovation complète de la structure de chaussée avec une technique particulière. Ce chantier préparatoire est préalable au tapis d’enrobés minces qui sera mis en œuvre fin juillet ou début août sur cette section de 11 km. La direction des routes et mobilités du Conseil départemental des Hautes-Pyrénées a confié ces travaux à l’entreprise Colas.
Ce jeudi 4 juillet le président du Conseil départemental, Michel Pélieu, a fait une visite du chantier avec Matthieu d’Aubert, chef du centre Colas de Tarbes.

« Un train de travaux » de plus de 35 m de longueur
L’entreprise Colas utilise la méthode du retraitement en place grâce à une succession de machines formant littéralement « un train de travaux » de plus de 35 m de longueur qui avance à la vitesse de 6 m par minute. 100 % des matériaux composant la chaussée sont réutilisés instantanément sur place grâce à une fraiseuse spécialement équipée permettant trois actions simultanées : grignoter la chaussée sur une épaisseur de 10 cm ; incorporer de l’eau et un liant à base de bitume ; malaxer ce mélange froid de manière homogène. À l’issue, la mouture est mise en œuvre et étalée classiquement. Une protection de la chaussée fraîchement rénovée est ensuite réalisée avec un revêtement gravillonné. Puis, après trois semaines de « murissement » le temps que l’eau s’évapore complètement, un revêtement bitumineux peut être mis en œuvre pour un meilleur confort de conduite.
Il n’y a que deux fraiseuses de ce type en France. Celle qui est utilisée sur ce chantier vient de Dordogne et appartient à l’entreprise Colas. Elle peut être amenée à voyager loin. Elle a réalisé un chantier en Arabie Saoudite pendant près de 3 mois. « Cette technique n’est pas récente. Elle a plus de 30 ans mais avant, personne n’en voulait. Les machines se sont améliorées et cette technique est très écologique. On évite près de 400 voyages aller-retour entre ce chantier et notre centrale de Saint-Laurent-de-Neste si nous avions réalisé cette opération classiquement », explique Matthieu d’Aubert, chef du centre Colas de Tarbes.

« L’écologie, il y a ceux qui en parlent et ceux qui agissent »
Le président du Conseil départemental des Hautes-Pyrénées, Michel Pélieu, est très satisfait de ce choix pour plusieurs raisons. « L’écologie, il y a ceux qui en parlent et ceux qui agissent. Ici, avec la réutilisation de la totalité des matériaux, on évite la circulation de 780 voyages de semi-remorques pour l’évacuation puis l’apport de matériau. Cela a cinq conséquences directes. Il y a moins de gêne pour les riverains et les usagers de la route. Il y a aussi une économie sur le budget total des travaux de l’ordre de 20 % par rapport à une solution technique classique. Nous sommes ici sur un chantier de 1,8 million d’euros. Il y a une économie de 80 % d’émission de CO2 (camion, technique à froid et fabrication de matériaux enrobés). Notre volonté est d’appliquer cette technique éprouvée dans nos programmes de travaux lorsque les conditions de circulation le permettent. »
En effet, cela implique de couper complètement la circulation lorsque la fraiseuse réalise le chantier. La livraison définitive de la chaussée est programmée pour le 4 août prochain.
À noter que mercredi 3 juillet, une réunion d’échanges et d’informations techniques s’est tenue dans la salle des fêtes de Chelle-Debat avec l’entreprise Colas, la Direction des routes et mobilité des Hautes-Pyrénées, le président du Département des Hautes-Pyrénées, Michel Pélieu, mais également avec des représentants des départements des deux régions voisines afin de découvrir cette nouvelle façon de refaire les routes.





