Ligne Bagnères-Tarbes : De l’aéroport à La Mongie, une association veut lancer un tram-train

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Passionné de rail, Alain Ducourret propose un projet inédit de liaison ferroviaire entre l’aéroport Lourdes-Tarbes et la station de La Mongie, plan détaillé et chiffres à l’appui.

Rouvrir la ligne Bagnères-de-Bigorre – Tarbes, oui, mais avec, en plus, un prolongement jusqu’à l’aéroport Lourdes-Tarbes, d’un côté, et jusqu’à la station de La Mongie, de l’autre. Le tout en passant par le centre-ville de Tarbes et le pôle universitaire.

Voilà la proposition de l’association « Tram-train de l’Adour » portée par Alain Ducourret. Une proposition ambitieuse mais tout à fait faisable selon ce retraité d’Alstom installé à Pouzac qui ne manque pas d’arguments en faveur de cette ligne ferroviaire alliant les performances du train et l’agilité du tramway.

https://www.ladepeche.fr/2019/04/10/voie-ferree-tarbes-bagneres-son-projet-va-jusqua-artigues, 8122143.php

Dès 2019, Alain Ducourret nous a présentés un plan détaillé de son projet de tram-train le long de l’Adour entre Artigues, près de La Mongie, et le centre commercial du Méridien, à Ibos, via Bagnères-de-Bigorre et Tarbes. Depuis, non seulement son projet a évolué, puisque son tracé va désormais jusqu’à l’aéroport, mais il est dorénavant porté par une association tout spécialement créée et ce, « pour lui donner davantage de visibilité et de crédibilité ».

Cette ligne de tramway qui reliait Lourdes à Artigues entre 1914 et 1934

« Nous sommes une quinzaine mais plus que le nombre des adhérents, ce qui compte c’est ce que chacun peut apporter pour faire avancer ce projet », souligne celui qui est bien déterminé à le porter devant les décideurs et surtout à les convaincre de la pertinence de cette liaison ferroviaire pas si inédite, comme le rappelle ce passionné du rail.

« Pour savoir où on va, il faut savoir d’où on vient. On parle souvent de la ligne Tarbes-Bagnères mais les gens connaissent moins bien la ligne de tramway qui reliait Lourdes à Artigues entre 1914 et 1934. Certes, il y a eu pas mal de problèmes, dont cet accident mortel sur la route de La Mongie, au pont dit du boulanger qui rappelle tristement la mort de plusieurs boulangers de la vallée dans l’accident, mais c’était lié à des erreurs de relevé du relief lors de sa conception », précise-t-il.

Un potentiel de 500 000 voyageurs par an et une activité économique boostée

Des erreurs à ne pas refaire si on veut profiter des avantages d’une telle liaison et pour Alain Ducourret, il y en a plusieurs, à commencer par « la réduction du trafic routier, aujourd’hui important avec ces plus de 3 millions de véhicules par an à Tarbes et 10 000 par jour entre Tarbes et Bagnères. Sans compter les 500 000 voyageurs par an à l’aéroport et le problème structurel de La Mongie en termes de stationnement. Soit un potentiel de 500 000 voyageurs par an pour le tram-train, dont deux-tiers sur Tarbes », chiffre-t-il.

« Mais ce projet concerne tout le monde. Depuis que le rail existe, la création de ligne a créé de l’emploi et boosté l’activité économique. Les industriels se sont toujours mis sur la voie et c’est vrai encore aujourd’hui. Et comme le disait si justement Pierre Médebielle, « les voyages se développent avec les moyens de transport » », argumente-t-il, non faire référence à la Suisse et au succès du train de Zermatt. « Chez nous, cela permettrait de transformer La Mongie en station verte exemplaire ».

Dans la ville préfecture des Hautes-Pyrénées, son tram-train, idéalement « une monocaisse de 80 places », passerait par le pont de la Marne, la rue Maréchal Foch ou encore la gare. « Bien sûr, il faut une fréquence adaptée, soit toutes les dix minutes en ville et une heure ailleurs », souligne-t-il.

De 99 M€ à 186 M€

Reste la question du coût d’un tel projet. « Il faut compter 15 M€/km en ville et 5 M€/km en extérieur. Le total dépend de l’option aéroport. Si on reste sur le tracé existant, avec un accès direct, c’est 99 M€. Si on passe par l’université, il faut créer une ligne, soit un total de 186 M€. Pour le prolongement jusqu’à Artigues, il faut ajouter 80 M€ et 54 M€ de plus pour aller jusqu’à La Mongie avec un train à crémaillère. Mais les gros montants ne doivent pas effrayer car il y a toujours une participation de l’Etat, de la Région, voire de l’Europe, des départements », nuance-t-il.

À l’approche des municipales, Alain Ducourret espère susciter l’intérêt chez les candidats mais aussi auprès de la population des communes concernées, et en particulier à Tarbes où, contrairement à Bagnères, il peine encore à convaincre. D’où cette conférence qui se tiendra sur ce sujet le vendredi 24 octobre, à 18 h, à la Bourse du Travail, à Tarbes.



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