Si Eric Peyrègne arrive en tête de ce premier tour, l’issue est encore incertaine en vue de désigner le prochain maire de Tarbes, après un quart de siècle de mandature Trémège. Les différents protagonistes réagissent.
Au terme d’un scrutin inédit dans la préfecture des Hautes-Pyrénées, qui a vu cinq listes dépasser les 10 %, seuil pour se qualifier pour le second tour, les différents candidats à la mairie de Tarbes réagissent et se projettent déjà sur un second tour plus stratégique et incertain que jamais.
Eric Peyrègne (Tarbes le changement, UDR-RN) : « Je remercie les Tarbais qui nous ont fait confiance, et ils sont nombreux, quasiment un quart d’entre eux. Cela démontre la fin d’une ère, une envie de changement, ils ne veulent plus de ces candidats de l’ancienne majorité, qui ne font que de la communication. Cela se remarque aussi par les scores de M. Gracia, ou de Pierre Lagonelle. Maintenant, ces scores montrent aussi que 5 candidats peuvent se maintenir pour le 2e tour. De notre côté, une dynamique est enclenchée, on va aller chercher les voix une à une. Pendant notre campagne, beaucoup de gens nous ont dit qu’ils voteraient bien pour nous, mais ils ne croyaient pas que c’était possible. On vient de le prouver, ils voient que c’est possible. Et on va le faire. »
Michel Garnier pour Tarbes, naturellement : » En me plaçant deuxième, les électeurs ont fait le choix d’un candidat sérieux qui a fait une campagne propre. Je pense être le mieux placé pour faire barrage à l’extrême-droite et j’appelle au rassemblement et au bon sens des Tarbais et des Tarbaises. Il est encore trop tôt pour parler d’alliance. Nous verrons dès ce lundi matin comment nous envisageons la suite. En tout cas, je ne suis pas vraiment surpris par le score d’Eric Peyrègne, nous sommes dans un contexte difficile et préoccupant. Mais je souligne que le score du RN à l’issue de ce premier tour est de 10 points inférieur par rapport aux dernières municipales de 2020 « .
Pascal Claverie (Tarbes, la Force d’Agir) : « Pour ma première participation à une élection, c’est une percée incroyable. Il y a dans cette élection deux enseignements qui constituent un séisme politique : le système en place voit son score divisé par deux et est désavoué, et bien sûr une montée en puissance très inquiétante de l’extrême droite. Pour faire barrage au RN, je veux tendre la main aux autres candidats, comme Kévin Gracia qui est un charmant garçon et Pierre Lagonelle. Il faut que chaque candidat fasse preuve de responsabilité. Je propose une alliance pour unir les Tarbais. Il faut que des gens raisonnables s’unissent ensemble, pour ne pas donner les pleins pouvoirs au RN. M.Peyrègne me renvoie à mon étiquette politique mais que je sache, M.Peyrègne était lui-même macroniste il y a quelques années. Il n’a pas les capacités de diriger cette ville. Tarbes est une ville fraternelle. Je pense à nos pères Maurice Trélut et Gaston Manent. On ne peut pas fracturer la ville et opposer les populations entre elles ».
Pierre Lagonelle (Tarbes pour tous) : « On a un paysage politique tarbais totalement bouleversé. La Trémégie a ses voix divisées par deux. Il y a un désaveu très fort de l’équipe municipale actuelle. La parenthèse Trémège est certainement refermée. Mais la répartition des voix reste floue. Il y a un vote de colère exprimé par les Tarbais en faveur du RN, ce qui n’est pas étonnant compte tenu du développement de l’insécurité. Pour notre part, nous avons toujours tenu un discours de vérité aux Tarbais, cohérent. Nous considérons que nous avons le meilleur projet et la meilleure équipe. Mais le travail ne paie pas toujours en politique. Comme les Tarbais ont exprimé une forte volonté de changement, il faut trouver la solution qui nous permette d’offrir aux Tarbais ce changement. Il faut faire cet effort d’union, pour dépasser les clivages traditionnels, tout en se montrant constructif et responsable ».
Kevin Gracia (Collectif Unitaires) : « En premier lieu, je remercie nos électrices et électeurs. On est parti de loin. Notre groupe n’a pas d’élu. C’est déjà une fierté d’avoir reçu la confiance d’autant de Tarbais. Ensuit, il faut être inquiet du fait que l’extrême droite soit en tête. Il convient de prendre le temps d’analyser, de voir ce qui peut s’envisager pour le seond tour. Mais, dans tous les cas, l’extrême droite doit perdre. Comment ? Ce sera l’objet de beaucoup de discussions. Puis, le grand perdant de ce premier tour, c’est Michel Garnier. A travers ce premier tour, c’est un système qui est sanctionné. Les électrices et les électeurs ont voté pour que ça change, qu’il y ait une nouvelle équipe en place. Je retiens aussi que le total des voix de gauche arrive en deuxième position, proche de l’extrême droite. Dans le contexte national que l’on connaît, il faut être fier que la gauche soit toujours là au rendez-vous. On adoptera une position responsable pour battre et faire battre l’extrême droite ».
Hervé Charles (Tarbes Citoyenne, Ecologique et Solidaire) : « D’abord, ces résultats amènent à une réflexion sur le taux de participation relativement faible, à peine au-delà de 50 %, alors qu’on pensait que l’après-Trémège apporterait plus d’allant. Ensuite, nous ne sommes pas contents de notre score avec moins de 10 %. Par rapport au second tour de 2020, la Gauche ne progresse pas. Bien sûr, le RN en tête à Tarbes, ça nous attriste, nous met en colère et nous fout la trouille. Mais c’est aussi le constat que la ville de Tarbes vote massivement à droite. Maintenant, le second tour reste très flou. Qui va se maintenir ? Il y a beaucoup d’incertitudes. Nous allons tout faire pour que le RN ne soit pas à la mairie. On va regarder ce qui va se passer là. Mais l’union de la gauche, même à 25 % n’offrira que quelques élus. On va voir en fonction de la configuration. À l’heure actuelle, on ne s’interdit rien. »
François Meunier (Lutte Ouvrière) : « Nos résultats sont modestes. Mais, ces voix viennent des classes populaires et elles expriment le rejet des représentants des partis qui se disputent pour gérer un système capitaliste qui est de plus inégalitaire, réactionnaire, guerrier. Ces classes populaires ont affirmé leur appartenance à un camp et à une perspective. Il faut que le monde ouvrier refuse les divisions en son sein et se batte pour refonder la société sur des bases collectives… Les voix du Rassemblement National sont dues au fait que tous les partis qui se sont succédé nous ont tapé dessus. Les gens se disent, on va essayer celui-là. C’est une illusion. Ils se tirent une balle dans le pied en votant pour le Rassemblement National. Ils votent pour ceux qui veulent encore plus, d’attaques sur les libertés, de pouvoir pour les riches. Le Rassemblement National n’a jamais égratigné les bourgeois. S’agissant du second tour, il faut attendre mardi, mais a priori, on ne donnera pas de consigne de vote ».


