Pyrénées – Dix communes sur la route de l’ours en 2025

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L’Office français de la biodiversité (OFB) a publié son rapport annuel sur le suivi de l’ours brun dans les Pyrénées. Si la population continue de progresser à l’échelle du massif, les Hautes-Pyrénées restent relativement peu touchées par les attaques, malgré une présence confirmée de l’animal sur plusieurs communes.

Le suivi transfrontalier mené entre la France, l’Espagne et l’Andorre permet d’établir un état des lieux précis de la population d’ours brun. En 2025, 3 287 indices indirects ont été collectés à l’échelle du massif pyrénéen.

Ces données permettent d’estimer : une aire de répartition de 7 000 km², en légère baisse de 200 km² par rapport à 2024 ; un minimum de 108 individus identifiés, grâce notamment à l’analyse génétique de 801 échantillons ; une population estimée entre 109 et 143 ours selon la méthode capture-marquage-recapture, avec une moyenne de 130 individus.

Malgré les fluctuations annuelles, la tendance reste à la hausse depuis les premières réintroductions en 1996, avec un taux d’accroissement moyen de +11,53 % entre 2006 et 2024.

Des indices de présence en légère baisse en France

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En France, le réseau Ours Brun a collecté 1 979 indices, dont 1 825 validés, soit : une baisse de 11 % par rapport à 2024 ; mais une hausse de 5 % par rapport à 2023. Ces indices se répartissent principalement entre : les poils (33 %), les photos et vidéos automatiques (25 %), les crottes (17 %), les déprédations (16 %).

Où l’ours a été observé dans les Hautes-Pyrénées

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Dans les Hautes-Pyrénées, la présence de l’ours a été relevée dans plusieurs communes en 2025 : Aragnouet, Arrens-Marsous, Cauterets, Ens, Estaing, Gavarnie-Gèdre, Germ, Loudenvielle, Luz-Saint-Sauveur, Saint-Lary-Soulan. Ces observations confirment une fréquentation diffuse du territoire, sans installation massive ou permanente identifiée.

Des attaques limitées dans le département des Hautes-Pyrénées

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Le rapport met en évidence un niveau de prédation relativement faible dans les Hautes-Pyrénées comparé aux départements voisins.

Nombre d’attaques sur cheptel domestique en 2025 :

Hautes-Pyrénées : 5

Ariège : 213

Haute-Garonne : 64

Pyrénées-Atlantiques : 7

Nombre de dégâts constatés :

Hautes-Pyrénées : 11

Ariège : 389

Haute-Garonne : 92

Pyrénées-Atlantiques : 18

À l’échelle nationale, 289 attaques sur le bétail et 2 sur des ruchers ont été recensées en 2025, en baisse par rapport à 2024.

Une reproduction active mais surveillée

En 2025, au moins 6 portées totalisant 8 oursons ont été détectées dans les Pyrénées centrales. Parmi les faits marquants : la première reproduction de l’ourse Claverina depuis son introduction en 2018 ; la participation de 5 mâles différents à la reproduction. Le taux de survie des oursons nés en 2024 atteint 91,7 %, un niveau élevé. En parallèle, entre 29 et 31 femelles pourraient donner naissance à des petits en 2026.

Une population en expansion mais fragile génétiquement

Si la population d’ours continue de croître et de s’étendre géographiquement, notamment vers l’est et le sud du massif, les scientifiques pointent une faible diversité génétique et une augmentation de la consanguinité.

Les premières analyses montrent que cette consanguinité pourrait : réduire la taille des portées, diminuer la survie des oursons, limiter le succès reproducteur. Une étude approfondie, menée notamment avec le Muséum national d’Histoire naturelle et des partenaires internationaux, doit livrer ses conclusions d’ici fin 2026.

Un équilibre toujours délicat

Le rapport 2025 confirme ainsi une double réalité : une espèce en reconquête démographique, mais une cohabitation toujours sensible avec les activités pastorales. Dans les Hautes-Pyrénées, la pression reste modérée, mais la présence régulière de l’ours continue d’alimenter le débat local entre protection de la biodiversité et maintien des pratiques d’élevage.

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L’ASPAP réagit à la parution du rapport ours annuel de l’OFB et à la fausse alerte « consanguinité » des associations pro-ours

« L’OFB publie son rapport “ours” annuel : une population en plein essor de 130 ours estimée, dont 80% environ en Ariège, qui concentre 90% des dégâts du programme de réintroduction. La France acculée de dettes a donc les moyens de financer des comptables d’ours. Passons. Les associations pro-ours réclament 30 lâchers d’ours de plus. Motif : la consanguinité. Rafraîchissons-leur la mémoire : ce risque était connu dès le départ. Une population d’ours viable génétiquement, c’est 2 000 individus. Dans les Pyrénées d’aujourd’hui, c’est une impossibilité géographique, économique et sociale absolue. Des scientifiques l’avaient dit — ils ont été écartés. Les associations pro-ours le savaient. L’État aussi. Réclamer 30 ours de plus au nom de la génétique, c’est instrumentaliser un problème que les promoteurs du programme ont délibérément ignoré. Nous vous recommandons la lecture de notre synthèse ci-jointe, qui montre pourquoi ces scientifiques n’ont pas été écoutés. Le week-end dernier, un ours a été filmé à quelques dizaines de mètres de randonneurs sur le sentier de la cascade d’Ars, l’un des plus fréquentés d’Ariège. L’ASPAP a donné l’alerte. L’OFB est intervenu trois heures plus tard, refoulant les marcheurs présents sur ce sentier. Le maire d’Aulus-les-Bains, titulaire du pouvoir de police sur sa commune, n’a été informé de rien. L’OFB sait compter les ours. Très bien. Qu’il publie les chiffres dont ont besoin les éleveurs, les maires et les vacanciers — pas les statistiques que brandissent depuis leur canapé les commentateurs Facebook pro-ours.

Nous sommes en droit d’exiger de l’OFB une transparence totale :

– Sur les génotypes des ours relevés à proximité de lieux fréquentés par les humains (habitations, sentiers fréquentés, cabanes pastorales …)

– Sur les génotypes des ours ayant commis des prédations sur les troupeaux et les ruches

Et la communication de ces informations dès leur détermination aux éleveurs, maires et offices de tourisme des secteurs concernés. Elle est essentielle pour prévenir les drames comme l’attaque d’ours qui a tué le jeune Andréa Papi en Italie il y aura exactement 3 ans ce 3 avril.

Les génotypes d’ours collectés dans le cadre de missions de service public sont des données publiques. L’OFB ne devrait avoir aucun droit légal de les soustraire aux élus et aux citoyens. »

L’Association pour la Sauvegarde du Patrimoine d’Ariège-Pyrénées (ASPAP)

Pays de l’Ours – Adet : Ours des Pyrénées : Il est urgent de désamorcer la bombe génétique !

« À rebours du discours indiquant que « tout va bien » pour l’ours brun dans les Pyrénées, l’évolution de la population soulève des questions fondamentales sur la viabilité de l’espèce. Afin de disposer d’éléments objectivés concernant la menace liée à la consanguinité, Pays de l’Ours – Adet a confié au bureau d’études privé LDgenX une expertise démogénétique de la population d’ours des Pyrénées. Le dossier “Ours des Pyrénées : l’urgence de désamorcer la bombe génétique” revient sur les résultats tirés de l’étude, dresse le constat de l’inaction publique malgré les alertes, rappelle l’État à ses obligations et adresse des demandes précises au Ministère de la Transition écologique. Après modélisation et simulations des évolutions possibles, le constat dressé par le bureau d’études est sans appel : “Malgré une apparente croissance en nombre, l’érosion génétique reste sévère et constitue une alerte pour la viabilité future de l’espèce.”  90 % des ours présents dans les Pyrénées descendent de seulement deux femelles et un mâle. Cette base fondatrice extrêmement étroite a conduit à un triplement de la consanguinité en 20 ans. Sans intervention rapide, ce taux devrait encore doubler d’ici deux décennies.  Or, la consanguinité a déjà des effets perceptibles sur la reproduction et la survie des ours. La cause de cette situation est claire : depuis plus de 20 ans, les gouvernements successifs ont systématiquement négligé (et parfois occulté) les alertes des scientifiques préconisant de lâcher des ours afin de viabiliser la population. Or, la France a l’obligation de restaurer une population viable d’ours dans les Pyrénées. Alain Reynes, directeur de Pays de l’Ours – Adet, interpelle : « Nous ne pouvons plus fermer les yeux, il y a urgence à enrayer la consanguinité, au risque qu’elle devienne incontrôlable et durablement préjudiciable à la population d’ours brun. Il en est encore temps, mais l’inaction n’est plus une option. » S’appuyant sur les préconisations des experts du bureau d’études LDgenX, Pays de l’Ours – Adet et les associations en soutien demandent notamment à la ministre de la Transition écologique : le remplacement immédiat des 4 ours morts de cause humaine dans les Pyrénées en 2020-2021, conformément à l’engagement pris dans l’actuel plan d’action ; la création d’un “Comité Scientifique Ours” indépendant ; la mise à l’étude dès maintenant d’un nouveau Plan National d’Action en faveur de l’ours, incluant le lâcher de 30 ours dans les Pyrénées d’ici à 2040. Pour la conservation de l’ours brun des Pyrénées, l’heure n’est plus à la contemplation des courbes d’effectifs, mais à la relance de la restauration démogénétique de la population. »



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