Une fermeture technique de l’abattoir de la Haute-Bigorre à Bagnères-de-Bigorre vient d’être décidée par la Communauté de communes de la Haute-Bigorre.
La fermeture technique de l’abattoir de la Haute-Bigorre prendra effet dès le lundi 30 septembre. Seules les activités de découpe seront effectuées dans les jours à venir.
Cette décision a été prise à une très large majorité hier soir en commission plénière du conseil communautaire. « Cette fermeture technique sera suivie d’une fermeture du service public », explique Jacques Brune, le président de la CCHB. « Ça n’est pas une surprise. Nous avions annoncé lors de la dernière réunion en préfecture début septembre que nous ne pourrions pas terminer l’année sans réabonder la trésorerie ». L’outil affiche en effet un déficit de 45 000 euros tous les mois. « Nous assumerons le financement du plan social mais nous ne pouvons pas continuer à injecter de l’argent public dans une activité qui continue à être déficitaire ».
« Quelles que soient les sommes engagées par la CCHB, des incidents techniques et le manque de personnel ont très souvent conduit à des difficultés de fonctionnement », poursuit Claude Cazabat, Vice-président en charge du développement économique et maire de Bagnères-de-Bigorre. « Que ce soit la Ville de Bagnères, qui a géré cet abattoir jusqu’en 2008, ou la CCHB ensuite, les deux collectivités ont tout fait pour le faire fonctionner. On est allé jusqu’à des opérations non règlementaires comme le rééquilibre du budget annexe de l’abattoir (recettes des usagers) par le budget principal (recettes des contribuables), ce qui nous a valu des remarques fondées de la Chambre Régionale des Comptes ».
La CCHB a été conduite à effectuer les premiers licenciements pour diminuer la masse salariale qui ne correspondait plus au tonnage réalisé. Malgré cette première mesure, et avec des tonnages en nette baisse, l’outil continuait à être déficitaire. Le déficit structurel est devenu insurmontable pour la collectivité.
« Nous ne pouvions pas poursuivre seuls », regrette Claude Cazabat. « On attendait le soutien des autres collectivités, des territoires où vivent les agriculteurs qui viennent faire abattre leurs animaux ici. Nous avons été accompagnés par l’Etat pour les investissements mais ça ne sert à rien si on ne peut pas assurer les coûts de fonctionnement ».
« Nos clients sont pour 27% de la Haute-Bigorre, pour 42% des communes de l’agglomération Tarbes-Lourdes, et le solde sur l’ensemble du département et au-delà », ajoute Jacques Brune. « Si l’on doit fonctionner sous la forme d’un montage public-privé, on ira au titre du collège public, mais pas si on est la seule collectivité. Nous croyons à cette activité d’abattage sur la filière ovine, tant cette filière est indispensable à notre économie locale et à l’entretien de nos paysages montagnards, mais on ne peut pas la soutenir à n’importe quel prix. L’aide allouée à l’abattoir de la Haute-Bigorre pour son équilibre s’élevait, en 2023, à 45 euros par habitant. C’est beaucoup trop ».
Un comité social territorial actera le 17 octobre la fin du service. 12 salariés et 3 fonctionnaires sont concernés. Le lendemain, une réunion en Préfecture étudiera les solutions de reprise envisageables. La Chambre d’Agriculture des Hautes-Pyrénées travaille actuellement, avec le cabinet qui l’accompagne, à une proposition de nouvelle gouvernance.


