Dans le cadre de son enquête économique menée auprès de ses adhérents, la CPME des Hautes-Pyrénées dresse un état des lieux des petites et moyennes entreprises du territoire. Trois grandes thématiques se dégagent : la trésorerie, le marché et l’emploi. Michel Puyet, son représentant, nous livre son analyse.
La Semaine des Pyrénées : Que révèle l’enquête sur la situation financière des entreprises des Hautes-Pyrénées ?
Michel Puyet : On observe un phénomène assez marquant : les trésoreries se tendent. Et cela, même pour des entreprises qui parviennent à maintenir leur chiffre d’affaires. Cela signifie que les marges sont sous pression, notamment en raison de l’augmentation des coûts, qu’il s’agisse des matières premières, de l’énergie ou encore des charges de fonctionnement. À cela s’ajoute un contexte international instable, qui pèse directement ou indirectement sur nos entreprises. Les tensions géopolitiques, les fluctuations des prix à l’import comme à l’export, ou encore les perturbations des chaînes d’approvisionnement continuent d’alimenter cette incertitude. Même des entreprises peu tournées vers l’international en subissent les effets, à travers leurs fournisseurs ou leurs clients. Dans ce contexte, les dirigeants restent très prudents. La moindre variation, qu’elle soit liée aux coûts ou à l’activité, peut fragiliser rapidement l’équilibre financier.
Qu’en est-il du marché et des perspectives de développement ?
Le constat est clair : le marché est de plus en plus imprévisible. Cette instabilité renforce le sentiment de manque de visibilité chez les chefs d’entreprise. Il devient difficile de se projeter, d’investir ou même d’anticiper l’activité à moyen terme. Cette notion de visibilité renvoie aussi, très concrètement, à la difficulté d’être visible sur son marché. Dans un environnement concurrentiel plus dense et en constante évolution, certaines entreprises peinent à se démarquer, à capter l’attention de leurs clients ou à maintenir leur position. Cela pèse sur les décisions stratégiques et freine parfois les projets de développement.
Et concernant l’emploi et le recrutement ?
Les entreprises ne restent pas immobiles, bien au contraire. Elles innovent dans l’organisation du travail et cherchent à rendre les conditions plus attractives. Malgré cela, de nombreuses offres d’emploi restent non pourvues. Les difficultés de recrutement persistent et constituent un véritable frein à l’activité.
Quel message souhaitez-vous faire passer ?
Les entreprises tiennent bon, mais elles évoluent dans un environnement incertain et contraint. Elles font preuve d’adaptation, mais ont besoin de visibilité et de stabilité pour continuer à avancer. Au-delà de cette capacité de résistance, il est essentiel de leur redonner des perspectives claires, notamment en matière économique et réglementaire. La confiance est un élément clé pour relancer l’investissement et soutenir la dynamique entrepreneuriale sur le territoire. Sans cela, le risque est de voir certains projets ralentir ou être reportés.


