Depuis les violents orages de grêle qui ont touché le secteur du Val d’Adour dans les Hautes-Pyrénées, au début du mois de mai, les élagueurs sont toujours à pied d’œuvre. Beaucoup d’arbres ont chuté à la suite des rafales de vent, des arbustes ont été abîmés, des fruitiers hachés… En plus des dégâts à réparer, les propriétaires font appel à eux pour anticiper la chute des arbres affaiblis. Johnny Lagrenee, spécialisé dans l’élagage, a vu son agenda se remplir à la vitesse grand V. On vous explique.
Ils ne chôment pas. Depuis les dernières intempéries, les élagueurs des Hautes-Pyrénées sont sur tous les fronts. « À cette période de l’année, on est déjà beaucoup sollicités, mais surtout pour de la taille ou du débroussaillage. Actuellement, on nous appelle plutôt pour tailler des arbres qui ont fait les frais des dernières tempêtes », explique Johnny Lagrenee, élagueur à son compte. Le samedi 2 et le dimanche 3 mai, deux épisodes d’orages ont fait de nombreux dégâts sur le secteur d’Andrest, d’Artagnan, de Pujo, de Siarrouy, de Sarniguet, de Gayan et d’Orleix. « On a eu des grêlons de la taille de balles de ping-pong et presque 50 mm de pluie en à peine 15 minutes. Les arbres ont été hachés, des voitures ont été grêlées, les haies ont été abîmées, les cerisiers ont eu les fleurs arrachées », décrivait notamment Louis Dintrans, le maire d’Andrest. Pour réparer la végétation, riverains et collectivités ont fait appel aux élagueurs.
Un chêne de 10 tonnes traverse le plafond d’une maison
Sur la plateforme AlloVoisins, les demandes ont explosé. « Mon olivier s’est couché suite à la tempête de samedi, je cherche quelqu’un qui aurait une mini-pelle et des sangles pour le redresser sur Aurensan », appelait à l’aide une riveraine. Alors inutile de préciser que le lundi matin suivant les intempéries, le téléphone de Johnny Lagrenee a beaucoup sonné. « On a reçu des demandes autant dans les Hautes-Pyrénées que dans les Pyrénées-Atlantiques. On est intervenus avec des nacelles et une grue pour un énorme chêne qui est tombé à Gardères sur une ancienne grange, pour une branche imposante qui s’est effondrée sur le rebord d’une maison à Lannemezan en emportant des tuiles et en détachant les gouttières… », liste le grimpeur professionnel.
Une opération de tronçonnage et d’évacuation peut prendre plusieurs jours. « On a eu le cas d’un chêne qui est rentré dans la maison par le plafond et pas d’accès pour le lever. C’est un arbre de plus de 10 tonnes avec un débitage conséquent. Malgré la grue, on n’a pas trouvé de solution pour accéder en sécurité à l’arbre et pouvoir le couper. Le chantier est resté en l’état. On reviendra cet été quand l’arbre aura séché et qu’il sera moins dangereux d’intervenir », glisse encore l’élagueur.
« Un arbre tombé est plus dangereux qu’un arbre resté debout »
Depuis, son emploi du temps est rempli. Il est missionné quasiment tous les jours. Car il faut aussi se pencher sur les arbres qui sont toujours debout. Ceux qui ont résisté menacent également de tomber à leur tour. « Un arbre tombé est plus dangereux que celui qui reste debout, car les branches sont en tension et on peut se retrouver avec des débris, on ne sait jamais comment les branches peuvent réagir », explique encore le spécialiste qui a l’habitude de chausser ses grimpettes sur les chantiers. « Maintenant que le pire est passé, les propriétaires nous contactent, car ils redoutent de voir leurs arbres chuter. Ils anticipent les futurs orages de grêle de l’été », ajoute Johnny Lagrenee, tronçonneuse en main, encordé au palmier d’une maison de Tarbes qui tangue dangereusement pendant les coups de vent.


