La Mutualité Française des Hautes-Pyrénées vient de tenir son assemblée générale, ce vendredi 26 juin, à la CCI de Tarbes. La présidente, Dominique Grillon, évoque notamment les services de santé, le nombre d’adhérents, les projets d’Ehpad et les enjeux socio-économiques.
Comment se porte la Mutualité française dans les Hautes-Pyrénées ?
La Mutualité française se porte plutôt bien dans les Hautes-Pyrénées, même si on rencontre certaines faiblesses. Ces faiblesses sont surtout liées à l’environnement économique et social local. On fait face à des gels de budget et de financement, ce qui crée des difficultés, mais c’est valable pour l’ensemble de l’économie sociale et solidaire dans la région.
Combien d’adhérents comptez-vous actuellement ?
On recense à peu près 62 500 adhérents dans le département, répartis entre 53 mutuelles représentées. Cela montre l’importance de notre ancrage et de notre diversité d’action.
Quelles sont les principales actions menées par la Mutualité française ici ?
On développe toute une gamme de services de soins et d’accompagnement mutualistes. On accompagne nos adhérents, mais aussi l’ensemble des citoyens. Nos centres (six d’optique et quatre auditifs) et nos activités sont ouverts à tous. Nos domaines d’action principaux sont l’optique, le dentaire – qui peut sembler plus commercial mais reste très médical –, ainsi que des structures médico-sociales. Par exemple, on gère un Ehpad à la Pyrénéenne, à Aureilhan, et un service de soins infirmiers à domicile (SSIAD), qui va d’ailleurs évoluer vers un service autonomie à domicile pour intégrer l’aide ménagère et l’accompagnement à domicile.
Vous parliez de centres de santé. Où en êtes-vous de ce côté-là ?
On a ouvert notre centre de santé en 2023 et il fonctionne très bien. Il répond à des besoins très forts de la population locale. Il est situé, pour l’instant, sur le parking arrière de la clinique de l’Ormeau, mais il est totalement indépendant. En plus, on réfléchit constamment à ouvrir de nouveaux services ou à mieux structurer ces offres, comme la résidence ou le renforcement de notre Ehpad.
Quels sont vos projets ou points à améliorer pour l’avenir ?
Au centre de santé, il faut vraiment réussir à améliorer aussi bien l’accueil des patients que celui des professionnels qui voudraient nous rejoindre, parce qu’on commence à être à l’étroit dans nos locaux. Il faudra peut-être envisager plus d’espaces. La transformation du SSIAD en service autonomie à domicile est aussi un gros chantier. On voudrait également développer des solutions de résidence intermédiaire : ce serait pour les personnes qui ne sont plus vraiment autonomes chez elles, mais qui ne veulent pas entrer en Ehpad. Il s’agirait de maisons partagées.
Selon vous, le maintien à domicile reste-t-il préférable à l’Ehpad ?
Toujours, c’est évident ! Mais il faut réussir à recruter des professionnels motivés pour accompagner ces personnes. Le métier est difficile, pas reconnu à sa juste valeur malheureusement. C’est là toute la difficulté : réussir à attirer du monde pour garantir aux personnes âgées un accompagnement de qualité, qu’elles se sentent bien et en sécurité chez elles.
Souhaitez-vous ajouter autre chose sur la vision de la Mutualité française ?
Oui, c’est important de rappeler qu’on n’est pas qu’un acteur de l’accompagnement et du soin, on porte aussi un vrai mouvement politique mutualiste. Notre but, c’est une société plus juste, plus durable, plus humaine et plus solidaire. Mais il reste du travail ! Aujourd’hui, on observe des transferts de charges, surtout du régime obligatoire vers les complémentaires, qui deviennent de plus en plus lourds chaque année. Ce n’est clairement pas une bonne solution. Il faut revoir le système de protection sociale en profondeur pour qu’il soit vraiment pérenne, et arrêter de bricoler chaque année dans la loi de financement de la Sécurité sociale. Il faut mener une grande réforme, de fond.


