Dans cette entreprise de travaux publics de Tarbes, un mouvement de grève spontané et très suivi sur le terrain a été initié ce mardi, au lendemain du licenciement d’un ouvrier de 53 ans. Les salariés dénoncent une sanction jugée disproportionnée et réclament sa réintégration, dans un marché tendu en ce moment pour le secteur des travaux publics.
Ce mardi, aucune équipe n’a quitté le dépôt rue Kleber à Tarbes. Les salariés de terrain de l’entreprise de travaux publics Colas ont en effet déclenché un mouvement de grève spontané, collectif et reconductible, à la suite de la procédure de licenciement pour faute engagée envers un de leurs collègues, un règleur de finisseur de 53 ans dont vingt années au sein de l’entreprise tarbaise.

Les faits remontent à quelques semaines. Sur un chantier d’enrobé, l’agent en question n’aurait pas porté les appareils de protection auditive, en l’occurrence des bouchons d’oreilles, comme stipulé dans le règlement intérieur de l’entreprise. C’est l’un de ses supérieurs qui a relevé cette infraction. Là, les versions divergent et, pour les salariés présents, leur collègue incriminé aurait retiré son dispositif de protection afin de discuter avec le responsable sur le chantier. Toujours est-il que le salarié en question a reçu ce lundi sa lettre de licenciement pour faute grave avec effet immédiat et ne fait plus partie de l’entreprise.
« Une situation qui aurait pu être évitée »
Une décision qui ne passe pas dans les rangs des salariés qui ont débrayé ce mardi matin, spontanément et sans étiquette. « Ce licenciement intervient dans un contexte difficile sur un marché des travaux publics qui se tend, pointe Anthony Dulouard, délégué CGT Colas France et administrateur à l’OPP BTP. Les salariés se sont montrés solidaires de leur collègue qui tient un poste clé depuis des années. Cette situation aurait pu être évitée avec des moyens de protection peut-être plus adaptés, comme des casques Bluetooth, qui permettent d’échanger sur le chantier, avec le chef ou le chauffeur tout en réduisant les nuisances sonores. »
Jusqu’à sa réintégration
Et le délégué d’expliquer que « la CGT ne peut accepter cette casse sociale avec des risques psychosociaux et une souffrance. Le salarié le vit très mal. Ce mouvement illustre la solidarité des salariés envers leur collègue, mais aussi leurs attentes envers la direction pour travailler en sécurité, dans de bonnes conditions et dans un climat plus sain. C’est vraiment exceptionnel une telle solidarité, un tel mouvement, suivi à 100 % sur le terrain, du chef de chantier aux ouvriers. » Une grève que les manifestants entendaient poursuivre ce mercredi, jusqu’à ce qu’ils soient entendus et leur collègue réintégré.
Nous avons sollicité, à l’issue de notre visite sur site en fin d’après-midi, la direction de la Colas pour obtenir sa position sur ce dossier, qui ne nous est pas parvenue jusqu’ici.


