L’exposition de cartes postales anciennes met en lumière l’évolution de Bagnères-de-Bigorre. Entre clichés de 1900 et photos récentes, Octavia Anderson relie passé et présent avec tendresse et regard d’artiste.
Octavia Anderson est sans doute la plus Bagnéraise des Australiennes. Depuis aujourd’hui, elle expose, dans la vitrine de la bouquinerie associative, une sélection de cartes postales anciennes qu’elle chine régulièrement. Chacune est mise en parallèle avec une photographie réalisée au même endroit, près d’un siècle plus tard.
Une artiste tombée amoureuse de la cité thermale qu’elle a adoptée à l’occasion d’une année sabbatique… qui s’est finalement prolongée malgré elle : « C’était en 2019. Puis le Covid est arrivé et je ne pouvais plus quitter la France. Les vols étaient annulés, c’était difficile de rentrer. Entre-temps, j’ai rencontré celui qui allait devenir mon mari, Cédric. Alors, quand j’ai enfin pu repartir, j’ai dit non : je reste ici. »
Passionnée de livres et de photographie, cette touche-à-tout n’a pas tardé à pousser la porte de cette bouquinerie pas comme les autres.
« En Australie, je travaillais dans une bibliothèque, alors je ne suis pas trop dépaysée. J’aime ce travail et je suis heureuse d’être bénévole ici depuis un an. »
Une passion pour les cartes postales anciennes
Octavia s’est également prise de passion pour les cartes postales représentant Bagnères-de-Bigorre et ses environs entre les années 1900 et 1920.
« Mon exposition, c’est ma collection personnelle. Je fais les vide-greniers, les marchés, les antiquaires, tous les endroits où je peux trouver ces vieilles cartes. Je me suis intéressée aux histoires qu’il y a derrière ces cartes postales. J’aime beaucoup ça et j’ai eu l’idée de les utiliser comme source d’inspiration en retrouvant les mêmes endroits aujourd’hui, une sorte d’avant/après. C’est aussi une excuse pour découvrir de nouvelles randonnées que je fais avec mon mari. On retrouve les lieux que j’ai vus sur les cartes, les cabanes, lorsqu’elles sont toujours là. Quand elles n’y sont plus, c’est plus difficile, mais on arrive tout de même à retrouver les lieux. Il y a aussi les cascades, les ruisseaux et la montagne. J’adore regarder le passé et le comparer avec ce que sont devenus les mêmes espaces aujourd’hui. »
Intitulée « Bagnères Postcards », ou « Cartes postales de Bagnères » en français, l’exposition a naturellement trouvé sa place dans la vitrine de la bouquinerie.
« C’est sympa parce que, même si la bouquinerie est fermée, les gens peuvent quand même visiter l’exposition. Les cartes postales datent d’une période allant de 1900 aux années 1920, tandis que les photographies contemporaines ont été prises entre 2021 et 2026. C’est une porte d’entrée vers le passé. L’histoire n’est pas figée, elle s’écrit chaque jour. »
Une démarche qui permet également à la jeune Australienne de mesurer l’évolution du territoire.
« Je veux témoigner de l’aspect actuel des lieux. Certains éléments perdurent, d’autres évoluent : on compte moins d’arbres en ville, mais davantage sur les versants montagneux. »
Une Bagnéraise d’adoption
Aujourd’hui, Octavia savoure pleinement sa vie de famille à Bagnères-de-Bigorre, aux côtés de son mari, Cédric, et de leur fille, Flora. Même ses parents ont succombé au charme de la ville.
« On est très contents ici. D’ailleurs, mon père et ma mère, qui sont retraités, étaient venus pour une année et ils ont finalement décidé de rester. »
Généreuse et investie, la jeune Australienne a rapidement trouvé sa place au sein de la bouquinerie. Son accent chantant et sa simplicité séduisent tous ceux qui la rencontrent.
« Récemment, je suis devenue secrétaire de la bouquinerie. J’aime le but de cette association, qui est de permettre au plus grand nombre d’avoir accès à la lecture. Je suis très impliquée ici et je dois dire passionnée aussi. Je réfléchis notamment à proposer des lectures bilingues. »
L’exposition « Bagnères Postcards » est visible jusqu’au 12 septembre. Une belle invitation à voyager entre passé et présent, au fil des cartes postales et des paysages bagnérais.
Des recherches qu’elle expose aussi sur sa page Instagram @bagneres_postcards, où elle raconte aussi l’histoire de ces endroits retrouvés et changés, ou pas.


