Dans la nuit des festivités du 14 juillet, un père de famille a été surpris au volant d’une Audi A3 en situation d’excès de vitesse considérable en centre-ville. Avec déjà plus de trente mentions à son casier judiciaire à son actif, le quadragénaire se dit « dégoûté », lui qui suivait un parcours de réinsertion depuis plusieurs mois.
Grand, fin et musclé, il scrute la salle avant de replonger son regard dans le vide. Il se tient droit, debout, dans le box des accusés. Jugé en comparution immédiate ce lundi, l’homme était maintenu en détention provisoire depuis le 17 juillet pour excès de vitesse, conduite sans permis et refus d’obtempérer. À quarante ans, le père de famille de trois enfants fait déjà état de nombreuses condamnations.
Dans la nuit du 14 au 15 juillet 2026, au volant d’une Audi A3 appartenant à une de ses amies, le chauffard rentre de soirée en traversant le centre-ville de Tarbes et d’autres communes de l’agglomération. Repéré sur la place Marcadieu par la brigade anticriminalité qui tente de l’interpeller, celui-ci prend la fuite. S’ensuit une course-poursuite dangereuse : non-respect des feux tricolores, non-respect des priorités, l’homme est allé jusqu’à couper la route de plusieurs véhicules, les obligeant à se déporter. Une conduite allant de 110 à 190 km/h.
Le suspect s’est rendu lui-même à la police, le surlendemain à 7 h du matin, après le placement de la propriétaire du véhicule en garde à vue. L’affaire jugée aurait pu s’arrêter là si le prévenu ne disposait pas déjà de 32 mentions à son casier judiciaire.
Un brillant élève en sport-études
Sur celles-ci, six sont de l’ordre de l’infraction routière : plusieurs excès de vitesse et conduite sous stupéfiants. D’autres sont plus graves : il y a beaucoup de vols, mais aussi des violences, en particulier sur son ex-compagne, mère de ses deux derniers enfants. Les condamnations s’étalent de 2006 à 2024, presque vingt ans.
Dans sa jeunesse, c’est pourtant une autre histoire qui se dessine. Celle d’un brillant élève, passionné de foot, recruté au pôle excellence d’un club d’Albi. Un parcours tout tracé, jusqu’à ce que survienne la mort de son père puis son placement en foyer. À tout juste 14 ans. C’est là que M. C. s’enfonce dans la petite délinquance, avec un trait de caractère qui revient toujours : l’impulsivité.
« C’est du gâchis, je suis dégoûté »
À la barre, l’accusé prend la parole. Il reconnaît l’intégralité des faits. Il n’avait pas connu de démêlés judiciaires depuis presque deux ans. « J’ai déconné, j’ai paniqué et j’ai pris la fuite parce que je n’avais pas le permis. Je rentrais juste de soirée parce que j’étais crevé. Je me suis dénoncé de mon propre chef pour assumer. Je faisais beaucoup d’efforts ces derniers mois. J’ai fait le con, c’est du gâchis, je suis dégoûté », explique-t-il.
Depuis le début de l’année, le multirécidiviste avait repris un travail en maçonnerie. Son patron est dithyrambique sur ses qualités. Ses enfants le décrivent comme un père présent et aimant. Il dit avoir arrêté de consommer des stupéfiants et faire le nécessaire pour soigner ses comportements à risque.
Il n’empêche qu’en raison de toutes ces mentions passées et de la mise en danger d’autrui, le quadragénaire sera condamné à six mois de prison ferme, ainsi qu’à la révocation de quatre mois sur son sursis probatoire de neuf mois. Soit dix mois au total derrière les barreaux.


