À 12 ans, Thibault vient de décrocher son brevet mention très bien avec deux ans d’avance sur ses camarades. Pourtant, rien n’était gagné d’avance : diagnostiqué HPI avec des troubles du spectre autistique, le jeune Bigourdan suit l’école à la maison depuis plusieurs années, à Bagnères-de-Bigorre. Incollable en sciences, il tient un blog de vulgarisation scientifique. Nous sommes allés à la rencontre de ce petit surdoué.
Son péché mignon : la physique quantique. À 12 ans, Thibault ne joue ni au foot ni au judo comme les garçons de son âge. Son truc à lui, c’est la science. « Quand il est arrivé en toute petite section, il savait déjà compter et connaissait les couleurs », se souvient sa mère, Audrey, à Bagnères-de-Bigorre. Très vite, l’écolier s’ennuie. L’établissement lui fait sauter une classe. À son arrivée en grande section, à Saint-Vincent, la maîtresse remarque « un sacré décalage avec les autres élèves ».
Au CP, Thibault lit déjà si bien que l’institutrice lui demande souvent de faire la lecture devant la classe. « J’ai parfois eu l’impression d’être le vilain petit canard. L’impression d’être à l’écart, d’être celui qui ne fait pas comme les autres », se rappelle l’intéressé qui a particulièrement mal vécu sa scolarité. Diagnostiqué HPI (haut potentiel intellectuel), TSA (trouble du spectre de l’autisme) et TDAH (trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité), Thibault développe une phobie scolaire.
Métamorphosé avec l’école à la maison
Pendant le Covid, ses parents n’ont pas d’autre choix que de lui faire l’école à la maison. Thibault est métamorphosé. « Il n’avait plus d’eczéma, ne faisait plus de cauchemars, on l’a redécouvert. À partir de ce moment, il a été impossible pour nous de le remettre à l’école », poursuit sa mère.
L’enseignante propose à la famille de lui faire sauter une classe supplémentaire. Mais c’est déjà trop tard, Audrey et son compagnon Thomas ont pris leur décision. Grâce à une autorisation du rectorat, l’élève commence l’instruction à la maison, plus exactement, des cours en visio avec Baac to school, une école hors contrat, puis avec le CNED (le Centre national d’enseignement à distance).
À 9 ans, il réalise son premier stage dans un cabinet vétérinaire
À 9 ans, l’enfant qui s’intéresse déjà de très près à la biologie réalise son premier stage dans un cabinet vétérinaire, à Bagnères-de-Bigorre. Trois autres stages suivront. Ses années collège, Thibault les aura vécues depuis chez lui jusqu’à l’examen du brevet, en présentiel, au collège Massey à Tarbes, en juin dernier. « Il a passé les mêmes épreuves que les autres élèves avec le même contrôle continu », insiste son père.
Le collégien s’illustre à l’oral avec la présentation de sa propre station météo. « Je l’ai codée moi-même, j’ai vraiment le profil du scientifique associable », souligne Thibault. En tout cas, son exposé fait mouche : il obtient 20 à l’oral, 19 en maths et 17 en sciences et une moyenne finale de 16,92. Mention très bien, donc.
Des articles scientifiques sur son blog
« C’était un soulagement et une énorme fierté quand on voit tout ce qu’il a surpassé, il y a encore quelques mois, alors qu’il traversait une période très compliquée moralement, on n’était même pas certains qu’il atteigne la fin de l’année », mettent aujourd’hui en lumière ses parents. Thibault n’a pas baissé les bras : il vise même un double diplôme pour son bac, américain et français.
Et après ça ? Le petit Pyrénéen n’aspire plus à devenir vétérinaire. Il rêve des sciences au sens large, de la théorie des ensembles, des nombres complexes et des octonions. À ses heures perdues, il écrit d’ailleurs des articles de vulgarisation scientifique sur son blog, Curio Labo. Son père, informaticien, rêve avec malice de la médaille Fields pour son fils. Thibault, lui, rêve d’algèbre au sens propre.


