Dans la nuit de samedi à dimanche, à Tarbes, un père de famille de 41 ans a été violemment passé à tabac en portant secours à une jeune femme en détresse sur un parking près d’une discothèque de l’Arsenal. Pris à partie par un groupe de jeunes, il a subi de graves blessures, dont une triple fracture du nez. La police a interpellé deux suspects, l’enquête continue, mais la victime souhaite que les pouvoirs publics agissent pour la sécurité des jeunes.
Samedi, sur la zone de l’Arsenal à Tarbes, ce devait être une soirée de plaisir et de fête pour ce père de famille de 41 ans. Un moment de partage avec sa femme, leur fils de 17 ans et sa copine, qu’ils prolongent en discothèque. Mais à la sortie de la boîte de nuit, vers 5 heures du matin, sur le parking qui fait face et qu’ils doivent traverser pour rejoindre leur véhicule garé sur celui du cinéma, au niveau d’une enseigne de burger, une jeune femme git au sol. « Comme je suis secouriste, je me devais d’intervenir et de lui porter assistance, explique Thomas (*). La jeune femme faisait un malaise, avec les yeux révulsés et le sang qui coulait du nez. Je l’ai mise en PLS. Mais pendant que j’intervenais des jeunes lui jetaient des trucs dessus, alors même qu’elle était au sol. Je les ai repoussés une première fois, leur demandant de se calmer. Puis rapidement, ils ont commencé à me mettre des coups à plusieurs. »
Voyant que la situation devient explosive, le père de famille invite son fils et sa compagne à gagner la voiture et à mettre le contact. Sa femme reste à ses côtés. Une présence qui ne va pas tempérer les ardeurs de la bande. De 5-6, leur nombre explose alors que le couple essaie de gagner son véhicule, sous une pluie de coups. D’autres jeunes, qui attendaient dans des voitures, surgissent alors et tombent sur Thomas. « J’ai pris des coups de poing, de pied. Ils m’ont jeté du liquide dans les yeux, ce qui m’a déséquilibré. Dès que je tombais il en venait plus encore. Ces jeunes n’attendaient que ça. Heureusement, mon fils a pu joindre la police une fois dans la voiture. Dès qu’ils ont vu le gyrophare, j’ai pu me relever et monter dans le véhicule. »
Des traumatismes physiques et psychologiques pour la famille
Pour le père de famille, le traumatisme et les 15 jours d’ITT diagnostiqués témoignent du déferlement de violences : triple fracture du nez, plancher orbital très entamé, entorse aux cervicales, traumatisme crânien et cinq points aux lèvres… Pour ses proches aussi, la fin de soirée a été marquante. « Mon fils a été très choqué et ma femme souffre psychologiquement depuis. Heureusement, ils ont eu tous les bons réflexes pour qu’on s’échappe de là sans que ce soit plus dramatique. Vraiment, ils ne s’arrêtaient jamais. Sans l’arrivée très rapide des policiers, j’aurais pu perdre la vie là, pour seulement avoir voulu sauver quelqu’un. »
« Il faut agir, c’est grave ! »
Quatre jours après, le visage de Thomas porte encore les stigmates de cet acharnement gratuit. « Je ne suis pas le premier à être victime de tels agissements, et malheureusement sans doute pas le dernier. J’attends une prise de conscience sur les risques qui courent pour nos jeunes dans ce quartier de l’Arsenal. C’est grave. On ne peut plus laisser sortir nos jeunes seuls. Il faut que les pouvoirs publics agissent. »
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La famille a déposé plainte. Au moins deux individus ont été interpellés au moment de l’intervention des forces de police. Mais l’enquête se poursuit.
(*) Le prénom a été modifié.


