L’entreprise Méca Forêt, installée à Gavarnie Gèdre, a subi suite aux crues torrentielles du dernier trimestre 2024, un sinistre. Yannick Soulere, chef d’entreprise et victime de la dégradation de ses outils de travail a fait appel au Fonds de Calamités et des Catastrophes Naturelles du réseau des Chambres de Métiers et de l’Artisanat. La Chambre de Métiers et de l’Artisanat Occitanie Hautes-Pyrénées a remis un chèque de 1500 € à Yannick Soulere.
Les montagnes majestueuses de Gavarnie-Gèdre, d’habitude synonymes de calme et de splendeur, se souviennent encore des torrents de pluie qui se sont abattus sur la vallée d’Héas le 6 septembre 2024. Ces crues torrentielles ont laissé des traces indélébiles en particulier pour Yannick Soulere, chef de l’entreprise artisanale Méca Forêt.
Des pertes matérielles considérables
Installé sous le village de Gèdre, l’entreprise de Yannick Soulère a été submergé par une vague d’eau d’une hauteur allant jusqu’à 1,50 mètre. Avec un débit impressionnant de 530 mètres cubes par seconde, l’eau a emporté deux bennes polybennes, une berce grue polybenne, et a gravement endommagé un camion, un tracteur et divers équipements forestiers tels qu’un combiné à bois de chauffage et un grappin. Les pertes totales sont estimées à 270 000 euros.
« Il y a eu 350 mm de pluie en seulement six heures sur les crêtes de la vallée. L’eau a brisé les enrochements et les pare-pierres, emportant tout sur son passage », raconte Yannick Soulere avec émotion. « Des bûches, des troncs, du matériel… tout a été ébranlé, noyé ou ensablé. »
Une aide insuffisante pour repartir
Malgré l’ampleur des dommages, l’indemnisation reçue jusqu’à présent reste minime. La Chambre de Métiers et de l’Artisanat (CMA) Occitanie Hautes-Pyrénées a remis à Yannick Soulere un chèque de 1 500 euros via le Fonds de Calamités et des Catastrophes Naturelles. Ce fonds, géré par CMA France, vise à soutenir les entreprises artisanales sinistrées, mais l’aide maximale accordée reste limitée à ce montant.
À cela s’ajoute une aide de 2 000 euros de l’URSSAF. Cependant, ces 3 500 euros cumulés ne sont qu’une goutte d’eau face aux 270 000 euros de pertes subies. Yannick Soulere, toujours dans l’attente d’une indemnisation de son assurance, exprime ses attentes : « Les experts sont passés, mais on bataille toujours pour être indemnisé à juste titre. Pour l’instant, je vis avec mes économies. »
Une reprise d’activité sous contrainte
Malgré ces difficultés, Yannick a réussi à maintenir 80 % de son activité. « La réparation mécanique n’a pas été interrompue, mais toute la partie forestière, notamment la vente de bois de chauffage, a été gravement impactée. J’ai dû louer du matériel pour répondre aux demandes urgentes. »
Pour 2025, Yannick espère reprendre pleinement son activité, mais cela dépend largement des indemnisations qui lui permettraient d’acquérir du nouveau matériel. « Je suis locataire de la mairie sur le terrain actuel. J’espère recevoir une indemnisation partielle rapidement pour au moins racheter l’essentiel. »
Une solidarité à double tranchant
Face à cette situation, des proches se sont mobilisés pour l’aider à nettoyer le site. « Mon père et mon beau-père ont été précieux. Mais à tort, j’ai accepté leur aide avant le passage des experts. Cela a compliqué les choses, car j’ai dû prouver les dégâts avec des photos. On croit se relever, mais on nous plante encore le clou. »
Un message d’espoir pour l’avenir
Bertrand Gayri, directeur de la CMA Occitanie Hautes-Pyrénées, souligne l’importance de ces indemnisations : « Il est crucial de faire savoir que, lorsqu’il y a un arrêté de catastrophe naturelle, les artisans peuvent bénéficier d’aides. J’ai vu l’ampleur des dégâts chez Yannick, et son courage est admirable. »
Malgré les épreuves, Yannick Soulere reste déterminé à se relever. « On va voir comment s’en sortir et sous quelles conditions. Mais il est clair que ce chemin sera long et semé d’embûches. »
Cet épisode rappelle combien les aléas climatiques peuvent bouleverser la vie des artisans locaux. En attendant que les assurances fassent leur part, Yannick Soulere incarne la résilience et la volonté de surmonter les obstacles, même les plus imposants.


