Le monde du metal français perd l’un de ses piliers. Originaire des Hautes-Pyrénées, Bruno Ramos, guitariste passionné et figure incontournable de la scène rock et metal hexagonale, est décédé après un long combat contre la maladie.
Né le 15 décembre 1964 à Bagnères-de-Bigorre, Bruno Ramos commence la guitare à l’âge de 13 ans. Très tôt, il s’impose comme un instrumentiste talentueux et déterminé. Dans les années 1980, il fonde son premier groupe, Kerozen, avant de rejoindre la formation hard-rock Mistreated, avec laquelle il enregistrera deux disques devenus cultes : le 45 tours Liberté (1984) et l’album Intervention (1988). Le groupe assurera alors des premières parties prestigieuses, notamment pour Vengeance, Manowar, Vulcain et ADX.
Un musicien studieux et passionné
Durant les années 1990, Bruno explore d’autres horizons musicaux avec Dally Dalton, groupe aux sonorités rock US, avant de se consacrer durant trois années à l’étude approfondie de la guitare auprès drEdith Gomez à Tarbes. Un perfectionnisme et une rigueur qui marqueront toute sa carrière.
C’est en 1998 qu’il rejoint le groupe Manigance, devenant l’un des piliers de cette formation de metal mélodique francophone, saluée pour son exigence technique et ses compositions puissantes. Pendant plus de vingt ans, il y laissera une empreinte indélébile, en studio comme sur scène, multipliant les tournées et les concerts marquants.
L’ultime envol avec Sortilège
En 2021, Bruno intègre Sortilège, groupe mythique du metal français, à l’occasion de son grand retour sur disque et sur scène. Il y enregistre deux albums : Phoenix (2021) et Apocalypso (2023). Son jeu de guitare, à la fois fluide, précis et chargé d’émotion, y contribue largement à la nouvelle dynamique du groupe.
Sortilège a réagi avec émotion à l’annonce de son décès : « Il y a des moments que l’on ne voudrait jamais vivre, des mots que l’on ne voudrait jamais prononcer, mais la vie nous rappelle que tout est éphémère et que nous sommes juste « de passage » sur ce gros caillou. Aujourd’hui j’ai un sentiment de vide abyssale. Mon petit Nono (Bruno Ramos), après un combat acharné s’est fait dévorer par le méchant dragon. Nous avions l’espoir d’une victoire méritée, mais le plan divin en a décidé autrement. Comme ton sourire, ton petit accent, ta gentillesse, ton talent, ta loyauté, ta sensibilité, ta joie de vivre, les « binchs caouettes » (bières cacahuètes), les « toijveudire » (tu vois ce que je veux dire), ta présence à ma droite sur scène, sentir ton crâne sous ma main pendant tes solos, ta présence dans le van, même si tu dormais tout le trajet vont me manquer, et nous manquer à tous. Cela a été un honneur et un énorme plaisir de partager ces moments avec toi. MERCI pour ce que tu m’as (nous as) apporté. « Mes larmes s’envolent avec mes prières ». La vie continue, mais elle ne sera plus la même à présent. Nous pensons fortement à ses proches et à sa famille. Je t’aime, nous t’aimons, mon ami, mon frère », écrit le chanteur Zouille, rendant hommage à un frère de scène et de cœur.
Une figure humaine avant tout
Au-delà du musicien, c’est l’homme qui laisse un vide immense. Les membres de Manigance, bouleversés, rappellent : « C’est le coeur lourd et avec une profonde tristesse que nous apprenons ce matin le départ de Bruno. Tout le monde connait son immense talent et sa carrière longue longue longue. Il a été un des piliers de MANIGANCE pendant 22 ans. Son empreinte est indélébile et nous continuerons à faire vivre ses chansons avec passion et respect. Moins nombreux sont ceux qui connaissaient l’homme. Nous avons eu la chance et l’honneur de partager son chemin de nombreuses années, de vivre des moments intenses et créatifs, des tournées épiques, des concerts pendant lesquels nous pouvions apprécier ses larges sourires et ses soli endiablés. La musique était son centre : nous nous rappellerons de sa gentillesse, sa joie de vivre et de son enthousiasme qu’il aimait tant nous communiquer. Il s’est battu comme un lion, n’a jamais rien lâché. Sa force et sa détermination inébranlable resteront un exemple pour nous tous. Il va manquer à la musique. Il va nous manquer fort aussi. Nos pensées vont vers sa fille, sa compagne et sa famille qui l’ont entouré d’amour et l’ont accompagné à tous les instants ces derniers mois. Nous n’oublions pas non plus ses amis dans la musique, mais pas que, qui comptaient beaucoup pour lui. Pensées amicales pour les membres de Sortilège, toujours présents ; une source inépuisable de joie pour lui. Bruno, nos prières t’accompagnent vers la lumière. Que ton envol soit doux et apaisé. Tu restes et resteras dans nos coeurs, éternel et brillant ! Bon voyage l’ami… », Carine, François et les membres de MANIGANCE.
Tous saluent son courage face à la maladie, sa loyauté, sa bonne humeur constante, et la fraternité qu’il savait créer au sein de ses groupes.
Une perte immense pour la scène musicale
Avec la disparition de Bruno Ramos, c’est une page du metal français qui se tourne. Il laisse derrière lui une œuvre musicale riche, une influence notable sur plusieurs générations de guitaristes, et de nombreux souvenirs pour les fans, ses compagnons de route et sa famille.
À sa compagne, sa fille, ses proches et tous ceux qui l’ont aimé, la rédaction de La Semaine des Pyrénées adresse ses plus sincères condoléances.
Bruno Ramos ne jouera plus de solo sur scène, mais sa musique continuera de résonner, éternelle.


