FDSEA 65 et Jeunes Agriculteurs 65 ont été reçus par le préfet des Hautes-Pyrénées, dans le cadre de la mobilisation nationale ce vendredi 26 septembre. Les agriculteurs vont bientôt manifester en Bigorre.
Dans le sillage de la journée nationale de mobilisation de la FNSEA et des Jeunes Agriculteurs, la FDSEA 65 et les JA 65 ont rencontré ce vendredi 26 septembre le préfet des Hautes-Pyrénées. Un échange qui s’inscrit dans la dynamique nationale, mais qui a permis de mettre en avant les spécificités et urgences locales.
Les syndicats agricoles FDSEA et JA des Hautes-Pyrénées préviennent : « nous n’avons pas mobilisé massivement aujourd’hui, les agriculteurs étant occupés à sauver leurs maigres récoltes. Une action d’envergure sera organisée prochainement. »
Des revendications du local à l’Europe
Parmi les points centraux, les syndicats rappellent leur opposition ferme à l’accord de libre-échange avec le MERCOSUR, jugé « inacceptable » pour la souveraineté alimentaire française. « On importe ce qu’on interdit ici : l’agriculture ne doit pas être une variable d’ajustement », soulignent-ils.
À l’échelle européenne, la question de la future PAC 2028-2034 cristallise les inquiétudes. Les organisations demandent le maintien d’un budget dédié et refusent toute baisse ou dégressivité des aides. Elles insistent également sur la prise en compte des zones intermédiaires et défavorisées, particulièrement nombreuses dans les Hautes-Pyrénées, du piémont à la montagne.
Des pertes économiques massives
La situation climatique de l’année aggrave encore les tensions. Après un printemps humide suivi d’une sécheresse estivale, les rendements chutent dans les grandes cultures, la viticulture et la production de haricots tarbais. Les chiffres sont alarmants : une perte estimée à 50 millions d’euros de chiffre d’affaires sur 46 000 hectares, soit une baisse de 45 %.
Les syndicats dénoncent une équation intenable : « Nous produisons avec les rendements de 2022, mais avec les prix de 2025, soit 30 % de moins, alors que les charges ne cessent d’augmenter. »
Des mesures d’urgence réclamées
Face à cette crise, plusieurs demandes concrètes ont été réitérées au préfet :
– exonération totale de la taxe foncière non bâtie,
– dérogation à l’obligation de couverts végétaux pour l’hiver 2025,
– instauration d’une « année blanche » sociale,
– création d’un fonds spécial d’indemnisation et d’un fonds de garantie pour consolider les prêts,
– autorisation des tirs de nuit pour réguler les sangliers.
La question brûlante de la prédation et du gibier
Les éleveurs alertent également sur l’ampleur des attaques de prédateurs. Aux ours et aux loups s’ajoutent désormais les vautours, accusés d’attaquer des animaux vivants. Les syndicats demandent des mesures de régulation rapides et efficaces, rappelant que la longévité (30 ans) et le rythme de reproduction du vautour (15 ans) doivent être pris en compte pour évaluer sa population réelle. « Faut-il changer le statut de cet oiseau ? » interrogent-ils.
À cela s’ajoutent les dégâts causés par les sangliers et les cervidés. Les agriculteurs réclament des indemnisations rapides et justes, ainsi qu’un renforcement des moyens de protection des cultures.
L’eau, une ressource sous tension
Enfin, l’irrigation reste au cœur des préoccupations. Les agriculteurs dénoncent l’arrêté interpréfectoral sur les volumes d’eau, jugé « intenable et inadmissible ». Ils rappellent que le département ne manque pas d’eau mais que « trop souvent, elle est envoyée à la mer ». Avec des coûts d’irrigation en hausse et des réserves insuffisamment mobilisées, le constat est clair : « Sans eau, pas de valeur ajoutée, pas de produits locaux, pas de filières ni de territoires. »
Une mobilisation en suspens
Si les tracteurs n’ont pas encore pris la route des préfectures, la FDSEA et les JA 65 promettent de maintenir la pression. Dès que la descente des estives et les récoltes seront achevées, une action de terrain pourrait marquer le paysage départemental.


