Benoît Mournet, député sortant de Renaissance, a voulu transmettre un message clair aux électeurs. Il a sévèrement critiqué Denis Fégné et Olivier Monteil.
Benoît Mournet, le député sortant Renaissance de la deuxième circonscription, est apparu très combatif ce jeudi 20 juin lors de sa deuxième conférence de presse organisée dans le cadre des élections législatives des 30 juin et 7 juillet. « Je suis d’accord avec Michel Pélieu, le président du Département. Il a fait un appel au front républicain. Voter Fégné, c’est voter Mélenchon. Voter Monteil, c’est voter Le Pen – Bardella. Voter Mournet, c’est voter Attal. À un moment donné, comme il s’agit d’une élection nationale, il faut parler clair aux gens. Je suis pour une majorité élargie qui n’est pas seulement sur le socle de l’adhésion au président de la République. On tend la main aux gaullistes, à gauche aux socio-démocrates anti-LFI. Je rappelle que le Parti Radical est dans la majorité. J’ai le soutien du Parti Radical. Le PRG est silencieux. C’est ça la vérité. Le PRG, on les connaît. Jamais, ils n’auraient fait alliance avec LFI. »
Il veut un débat de premier tour
Benoît Mournet appelle vraiment de ses vœux à un débat de premier tour avec tous les candidats. « Je l’ai dit ce matin à Denis Fégné. Mais il se défile. Il semble avoir peur. Puisque tout le monde a l’air de dire que le RN a déjà son ticket pour le deuxième tour, ce qui reste à voir, et que donc la deuxième place se jouera entre Denis Fégné et moi, j’appelle à un débat de premier tour. Je souhaite vraiment qu’il ait lieu afin que les gens puissent voter en toute clarté sur les conséquences de leur choix au plan local et national. On n’est pas là pour dire si untel est plus sympathique que l’autre, et si l’un chante mieux que l’autre ! On doit discuter des conséquences locales. »
Pour lui, s’il est battu c’est la fin de l’hôpital Tarbes-Lourdes à Lanne
Et pour Benoît Mournet, ces conséquences locales sont très claires. « L’hôpital Tarbes-Lourdes à Lanne. Lorsque je demande à Denis Fégné ce matin sur le marché s’il est pour, il me dit : ‘je suis pour un hôpital’. Il y a un projet. Il y a un arrêté préfectoral. Grâce au président Pélieu, au président de l’agglomération et à moi aussi, ce projet est classé ZAN dans le quota national. On a une maîtrise foncière. On a eu un concours d’architectes. On a un projet. On a un financement. On a un calendrier. Cet hôpital doit être livré pour 2028. L’objectif est d’avoir un hôpital de pointe et de recours. Ce n’est pas un hôpital unique. Arrêtons l’intox. C’est un hôpital commun Tarbes – Lourdes en conservant les hôpitaux de proximité de Tarbes Ayguerote, Lourdes Labastide, Bagnères-de-Bigorre, Vic-en-Bigorre, Lannemezan, Astugue. Tous ces hôpitaux sont maintenus. Si ce sont mes concurrents qui passent : Monteil a dit que l’hôpital de Lanne était néfaste et ridicule ; pour la coalition de Denis Fégné, c’est non aussi. LFI, les communistes et même certains socialistes sont au mieux ambigus et d’autres sont contre, comme Yannick Boubée ou Philippe Baubay… C’est une belle occasion de voter démocratiquement sur ce projet. Voter Mournet, c’est voter pour cet hôpital à Lanne, voter Fégné ou Monteil, c’est voter contre. C’est simple. C’est basique. »
Mais aussi la fin du plan Avenir Lourdes
Mais pour Benoît Mournet, il y a un autre dossier qui est en danger : le plan Avenir Lourdes. « Ce sont 100 millions d’euros de l’État qui sont en jeu. Pour les commerçants lourdais, pour les hôteliers lourdais, pour l’aménagement urbain, quid de la suite si on a une majorité au gouvernement RN ou Nupes ? C’est la fin. Quid pour le tourisme ? Nous nous sommes battus pour faire travailler ensemble les stations thermales du département. Là encore, ce sera la fin. Le plan montagne prendra aussi un sacré coup dans l’aile. Et je ne parle même pas des stations de ski, certains en effet dans la coalition Nupes considèrent que la neige, c’est terminé. Le pastoralisme ensuite et le plan loup. Je me suis battu pour la simplification des règles de tirs. Je ne dis pas que nous avons obtenu tout. Des cabanes ont été prises en charge par l’État. Le RN est pro-loup. La Nupes, je ne fais pas de dessin avec LFI et les écologistes. Là encore, il faut voter Mournet sinon il n’y a pas de plan loup. »
Il a ensuite parlé des retenues collinaires pour les agriculteurs notamment. « Il y a des arguments écologiques pour en avoir, pour tous les usages de l’eau et pas que l’agriculture. On va avoir plus d’eau l’hiver que l’été. On a besoin de retenir l’eau. On a donc besoin de retenues collinaires. La Nupes est contre. Ça sera même les premiers zadistes à porter les drapeaux. Je continue avec la liaison Tarbes-Lourdes-Paris avec une obligation de service public. La Nupes est contre l’aéroport. La présidente de la Région est pour un aéroport à deux pistes. Moi, je veux une ligne de service public pas chère afin que tout le monde puisse accéder à l’avion. Ma vision, ce n’est pas que les riches prennent l’avion et les autres le bus ! Cette ligne avec Paris est fondamentale. Cette ligne, elle est en jeu. Les Palois veulent nous fermer cette ligne. La présidente de Région est pour le moins ambiguë sur le sujet. On a donc besoin d’un député de la majorité pour défendre cette ligne Lourdes-Tarbes. Je suis sûr que le président de l’agglomération, le président du département et le maire de Lourdes se battent aussi pour cela. Je souhaite être très clair en disant tout cela. »
Benoît Mournet et les dossiers nationaux
Il a ensuite évoqué des dossiers nationaux qui vont avoir un impact sur le local. « Le PS a signé un programme de gouvernement avec LFI qui est une lettre au Père Noël : 280 milliards d’euros. Ce n’est pas sérieux. Ce n’est pas raisonnable. Il faut redresser les comptes publics après avoir beaucoup protégé les gens pendant le Covid et la crise de l’inflation. Ce que propose la Nupes, c’est soit la faillite, soit l’explosion des impôts. Ce sera un peu les deux. Ce sera beaucoup les impôts. Ce n’est pas l’ISF qui va résoudre les choses. Ça ne pèse que 4 milliards sur 280. L’addition du RN, c’est 140 milliards. Le RN fait deux fois moins cher. Mais que vont-ils faire s’ils sont élus ? Ils disent finalement que beaucoup de choses vont être remises à plus tard, comme les retraites, la baisse de la TVA… Ils ont peur. Là encore, c’est une escroquerie. Je souhaite que mon pays, que mon département ne soit pas livré à des menteurs et à des voleurs, car ils voleront l’argent des Français. Si la Nupes ou le RN arrivent au pouvoir, il y aura 1,2 million d’emplois détruits. Le SMIC à 1600 €, c’est très sympathique, mais ce n’est pas jouable pour les entreprises. Nous, nous prônons les heures supplémentaires défiscalisées ou la prime au pouvoir d’achat. On a supprimé la taxe d’habitation, la redevance télé. Nous avons obtenu la déconnexion du prix du gaz et de l’électricité, ce qui va nous permettre de tirer les bénéfices de notre souveraineté énergétique grâce au nucléaire français et cela va permettre de baisser de 15 % les factures d’électricité. Nous développons aussi les énergies renouvelables. Le RN est pro-nucléaire et anti-renouvelable. La Nupes, eux, sont tout renouvelable et anti-nucléaire. Fégné est anti-nucléaire. Il faudra nous expliquer en quoi ce sont de grands écologistes. Là encore, c’est l’heure de vérité. »
La réforme des retraites : « C’est encore une grande escroquerie »
Il a ensuite évoqué le sujet des retraites. « Là encore, c’est encore une grande escroquerie. On a fait une réforme des retraites très impopulaire. J’ai regretté qu’il n’y ait pas eu de vote mais un 49-3. Mais cette réforme, je la défends car elle est indispensable pour payer nos retraites d’aujourd’hui et de demain. On a pu se payer l’indexation des retraites sur l’inflation grâce à cette réforme. La Nupes veut revenir à 60 ans. C’est la chute des pensions. Le RN voulait la même chose, sauf qu’aujourd’hui on ne sait pas vraiment ce que veut ce parti. »
Il a ensuite abordé le sujet de la sécurité. « Avec la Nupes, c’est open bordel. Il n’y a pas de problème d’immigration dans ce pays. C’est un aveuglement. J’ai voté la loi immigration car elle donne des règles claires pour simplifier les procédures administratives. Elle permet de raccompagner plus facilement les délinquants étrangers. Il y a aussi un volet intégration par le travail. Il faut traiter les problèmes. On le fait avec fermeté et humanisme. Le RN fait de cela son cheval de bataille. Le RN n’a pas soutenu le pacte asile immigration européen, levier efficace pour pouvoir raccompagner les gens. Le RN ne lutte pas contre les passeurs. Le RN n’a pas voté les budgets police et gendarmerie. Là encore, c’est une escroquerie. »
« Il faut voter pour nous dès le premier tour »
Il a conclu son propos. « On ne peut pas se contenter d’avoir à l’Assemblée des antisémites et des antimusulmans. Nous, nous nous battons pour la laïcité. C’est insupportable qu’il y ait quatre actes antisémites par jour. Stop à la propagation des discours de haine, antisémites, xénophobes et communautaristes. Je ne lâcherai jamais rien. Moi, je suis d’accord avec le président Pélieu, il faut un front républicain. La question n’est pas de savoir si on aime le président de la République. Nous sommes le seul vote utile. On nous dit que nous serons les candidats du second tour. Si les gens soutiennent ce que nous disons, même s’ils ne partagent pas tout, il faut voter pour nous dès le premier tour. Les conséquences sur le local et le national seront graves sinon. Si je suis éliminé, l’hôpital de Lanne, c’est fini ; le plan Lourdes, c’est fini ; le loup pourra s’installer ; il n’y aura pas de retenues collinaires. C’est mon message du jour. Je ne m’adresse pas aux partis politiques mais aux électeurs. Je crains enfin que s’il y a un second tour Fégné-Monteil, ce soit Monteil qui gagne. »
À savoir :
Les réunions publiques
- Mardi 25 juin à 18h à Argelès-Gazost, salle de la Terrasse.
- Mercredi 26 juin à 18h à Tarbes, au local 13, Place du Foirail.
- Jeudi 27 juin à 18h, à Lourdes, kiosque du square Charles de Gaulle.
Jean-Marc Delcasso soutient Benoît Mournet

« Durant les deux années écoulées, j’ai eu la chance de côtoyer le député Benoît Mournet et d’échanger avec lui sur de nombreux dossiers, notamment en matière de ruralité, de défense de celle-ci et de toutes les activités qui y sont rattachées. Aujourd’hui, à la veille d’un nouveau scrutin législatif, face aux propos et programmes de certains leaders politiques lors des dernières élections, je ne peux qu’apporter tout mon soutien et ma confiance au binôme Mournet – Marquez », explique le Dr Delcasso Jean-Marc, vétérinaire et président des chasseurs des Hautes-Pyrénées.
Pour aller plus loin :
Hautes-Pyrénées – Le Parti Radical de Gauche répond à Benoît Mournet
Le Parti Radical de Gauche des Hautes-Pyrénées répond au candidat sur la 2ème circonscription, Benoit Mournet, après les propos qu’il a tenu en conférence de presse ce jeudi 20 juin.


