Présenté par les Maynats dans le cadre de la programmation départementale, le spectacle « Tes Mains » a fait une Escale d’Automne au Lycée Victor Duruy.
En ce milieu de novembre, une attention particulière a été portée par nombre d’artistes sur le sujet sensible des violences faites aux femmes. Inviter la Cie Vendaval rejoint le souci de l’association Maynats de présenter des spectacles en tant que tels, mais aussi aptes à délivrer des messages auprès de tous les publics.
« Tes mains » qui aiment, qui caressent et qui prennent
Dans un lieu neutre, des textes et des musiques porteuses, sans débauche de lumières, juste des souliers rouges identifiaient des femmes qui, depuis l’au-delà, contaient leur vie sacrifiée. Les escarpins de la mariée ou ceux de la bourgeoise, les baskets de la joggeuse, les souliers d’enfant, pour signifier autant de personnages, femmes riches ou pauvres, cultivées ou analphabètes qui ont en commun d’avoir été blessées à mort, dans leur corps, mais pas dans leur âme, encore capables de parler d’amour, d’avoir de l’humour, parce qu’elles resteront belles et jeunes dans le souvenir de tous. Mots de cette jeune fille qui ne deviendra jamais une femme parce qu’elle ne reviendra pas de son séjour à Bamako, ou encore de ce bébé fille qui ne verra pas le jour, justement parce qu’elle est une fille.
Nathalie Pagnac lit les textes de Serena Dandini, d’une voix profonde qui vous envelopperait presque de douceur. Carmela Acuyo danse les mots, incarnant les personnages de toute la souplesse évanescente de son corps, fluide et sans brusquerie.
Victimes silencieuses ou rebelles, comme s’il n’y avait pas de regret, juste la peur qui débarque avec les coups, mais le souvenir aussi d’amours inconditionnelles, d’espoir souvent plus fort que la dénonciation.
Le spectacle met en scène une réalité
Il ne s’agit pas de fiction. Parfois la beauté d’un geste, la poésie des mots peuvent revêtir toute la puissance du drame, sans condamner, juste en mettant le doigt, orientant le regard, là où ça fait mal, pour informer, pour alerter.
Si le spectacle du samedi soir s’est déroulé à Montgaillard, faisant l’unanimité tant il était bouleversant, sensible et artistiquement magnifique, les deux séances qui se sont déroulées la veille au Lycée Victor Duruy pour des classes de secondes et aussi des Bac Pro ASSP (Accompagnement, soins et services à la personne) ont touché de jeunes adultes les confrontant à certaines réalités dont ils pensaient être éloignés, recevant ce spectacle « comme un coup de poing en plein cœur ».
Pour toux ceux qui considèrent que le spectacle est un divertissement, cette Escale d’Automne a prouvé combien les arts vivants et ses différentes déclinaisons (danse, théâtre, musique) tout comme les arts visuels, arts plastiques et cinéma sont une médiation indispensable dans nos sociétés bousculées par une actualité anxiogène et un moyen de communication qui remet l’humain au cœur des relations.
Le Lycée est un espace d’ouverture à la réflexion, surtout lorsque le théâtre de la scène rejoint celui de la violence.


