Le jeudi 4 septembre, l’église de Mauléon-Barousse a résonné d’un second concert classique aussi inattendu qu’exceptionnel. Devant une soixantaine de spectateurs conquis, un quatuor de musiciens virtuoses a offert une performance remarquable, entre émotion pure, maîtrise technique, et surprise vocale.
À 17 heures précises, les cloches de l’église de Mauléon-Barousse ont sonné comme pour ouvrir les portes d’un moment suspendu. Ce jeudi 4 septembre, un second concert classique réunissait des musiciens d’exception, venus partager bien plus qu’un simple programme : une expérience musicale, presque spirituelle.
La surprise fut de taille dès les premières minutes. Charles Gaugué, jeune violoncelliste de renom, s’avance. Il a été sélectionné par le prestigieux Gustav Mahler Jugend Orchester, il s’est déjà illustré au sein de formations telles que l’Orchestre Philharmonique de Radio France ou l’Orchestre de Chambre de Paris. Mais ici, pour la première fois devant un public, il ose une nouvelle facette : le chant. Sa voix s’élève, pure et inattendue, comme un trait de lumière dans la nef. Elle perce l’atmosphère, douce et vibrante, ouvrant une voie inédite dans ce lieu chargé d’histoire.
Le concert se poursuit avec un trio composé de Mathilde Lauridon (violon), Charles Gaugué (violoncelle) et Christophe Gaugué (violon). Ensemble, ils interprètent avec finesse et complicité les Variations Goldberg de J.S. Bach et le Trio D.471 de Franz Schubert. Leurs gestes sont précis, les regards se croisent, les sourires échangés témoignent d’une joie sincère de jouer ensemble. L’archet glisse, les notes s’élèvent, douces ou graves, portées par la résonance chaleureuse de l’église.
En seconde partie, le quatuor se forme avec l’arrivée de Béatrice Gaugué-Natorp, ajoutant une richesse nouvelle aux harmonies. Ensemble, ils offrent une interprétation magistrale du Quatuor op. 10 de Claude Debussy, œuvre exigeante à la modernité subtile. Le public, une soixantaine de personnes, écoute religieusement, absorbé par ce langage universel des émotions que seul le classique peut exprimer avec une telle intensité.
Pour clore cette soirée d’exception, Charles Gaugué revient sur scène, entouré de Mathilde et Christophe, et offre une ultime surprise : il chante Bellini. Une fin émouvante, saluée par de longs applaudissements.
Une soirée rare, dans un lieu simple mais magnifié par la grâce de la musique. Les artistes ont livré bien plus qu’un concert : un moment d’éternité.


