Condamné à 40 reprises, l’homme en proie à « des problèmes d’impulsivité » a été jugé par le tribunal de Tarbes après avoir menacé une médecin urgentiste puis cassé une table des urgences de Lourdes, samedi soir, en plein dispositif face à l’affluence liée à la visite du pape Léon XIV.
Alors que le pape Léon XIV arrivait dans la cité mariale pour répandre la paix, il n’a visiblement pas été écouté par l’individu qui comparaît ce jeudi devant le tribunal de Tarbes. Samedi soir, cet homme de 50 ans, souffrant de schizophrénie et placé sous curatelle, condamné à 40 reprises dont 18 fois pour des faits de violence, est amené par les pompiers depuis le foyer où il est hébergé aux urgences de l’hôpital de Lourdes, déjà sous pression en vue de l’affluence attendue ce week-end. « Je voulais me couper les veines, mais je n’avais pas de lame de rasoir » dira-t-il.
« Elle n’a pas la science infuse… »
Mais lorsque, suite à son examen, la médecin urgentiste lui refuse son placement en hôpital psychiatrique, elle reçoit des menaces avant que le patient ne passe sa colère sur une table, soulevée puis cassée. « Le docteur, habituée à vous voir, a jugé que votre état ne justifiait pas cette hospitalisation » lui explique l’assesseure. « Je regrette avoir fait peur au docteur. J’étais vraiment mal ce jour-là. Mais elle n’a pas la science infuse, répond-il. Je sais ce qui est bon pour moi. À Lannemezan on prend soin de moi. J’y vais toutes les deux ou trois semaines. Au foyer, on me met la drogue sous le nez et je suis tenté… » « Mais l’hospitalisation n’est pas un droit ou une situation de confort, rétorque le tribunal. D’autant qu’il n’y a pas de la place pour tout le monde. »
« Une médecin qui craint qu’il mette à exécution ses menaces… »
Au centre hospitalier Tarbes-Lourdes, on constate que ces « événements comme ce genre d’agressions verbales sont de plus en plus fréquents. On ne peut plus laisser passer pour défendre nos professionnels de santé. » Une multiplication des faits à l’encontre de professionnels dévoués aux autres, également relevée par la procureure. « Ils se retrouvent menacés et violentés pour faire leur travail. Aucun professionnel n’est épargné par cette violence et cette virulence, a-t-elle plaidé. C’est une professionnelle, avec des années de médecine, bien plus au clair que quelqu’un qui a consommé nombre de toxiques. Elle a juste refusé d’accéder à sa demande qui n’était pas justifiée et aujourd’hui, elle craint qu’il ne mette à jour ses menaces… Personne ne peut dire non à ce monsieur. J’entends cette fragilité. Mais c’est un danger pour lui et pour les autres ? Alors que fait-on ? Aujourd’hui, pour protéger la société, je requiers deux ans de prison avec maintien en détention. »
La défense rappelle que monsieur est polytoxicomane, avec un traitement de sevrage lourd. « Chacune de ses infractions a pour origine un appel au secours. Là, on pallie le manque de lit en psychiatrie dont il relève. On fait avec les moyens du bord. Il n’y a plus de place. Et je crains qu’une peine de prison ne serve à rien. » Il n’y échappera pourtant pas, condamné par le tribunal à quinze mois d’emprisonnement et maintien en détention.


