ENTRETIEN. « À Vic, j’ai vécu mes meilleures années », le Vicquois Baptiste Mouchous qui vient de prolonger jusqu’en 2029 à Montauban revient sur son parcours

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Arrivé à l’été 2024 à Montauban, Baptiste Mouchous vit sa deuxième saison à Sapiac et la première en Top 14. Cadre discret du groupe, le Vicquois revient sur son parcours, ses ambitions pour cette saison dans l’élite et sa prolongation, annoncée en exclusivité sur le site de La Dépêche, au sein du club tarn-et-garonnais.

Baptiste, on vous a vu sortir en boitant contre Perpignan, comment allez-vous ?

Ça va mieux, même si j’ai encore un peu mal. J’ai pris une béquille sur un ballon, un coup sur la cuisse à la 20e minute. J’ai serré les dents jusqu’à la mi-temps, mais à la 50e, c’était trop compliqué. J’ai toute la cuisse bleue, un bel hématome, mais ça va un peu mieux. Je pense pouvoir jouer à Bayonne ce week-end. J’ai encore un peu mal, mais le bleu est sorti, donc c’est en bonne voie. C’est douloureux, chiant, mais pas grave.

Revenons sur ce match contre Perpignan, c’était celui à ne pas perdre, vous l’avez gagné, vous devez être soulagés.

Clairement. C’était capital, on le savait. On savait que c’était un match charnière. On joue un championnat à deux avec eux pour le maintien. Gagner et les laisser à zéro point, c’est super. Ils sont maintenant à sept points derrière. Il n’y avait peut-être pas la manière, mais la victoire était indispensable. Dans notre situation, c’est le résultat qui compte.

Justement vous comptez sept points après huit journées, vous vous attendiez à un tel début de saison ?

Franchement, difficile à dire. On allait dans l’inconnu. Beaucoup d’entre nous découvrent le Top 14, on n’a pas une grosse expérience à ce niveau. On savait que ce serait dur, mais quand on regarde le contenu des matchs, notamment à domicile, on n’a pas grand-chose à se reprocher. Contre Montpellier, on mène tout le match et on se fait rejoindre à la dernière action. Castres, on prend un bonus défensif. Lyon, on fait un bon match mais on perd. Les points ne reflètent pas toujours nos performances.

On sent de l’optimisme dans vos paroles…

Oui, bien sûr. Gagner fait du bien après plusieurs défaites. Ça redonne le sourire à tout le monde. Le championnat est un marathon, et enchaîner neuf matchs d’affilée, c’est costaud, ça change de la Pro D2 où c’était maximum cinq matchs par bloc. Avec la victoire, c’est plus simple on arrive avec la banane à l’entraînement et les choses sont plus faciles.

Comme l’année dernière, vous enchaînez les feuilles de match en ce début de saison, on peut dire que vous êtes un cadre de l’effectif.

Je ne dirais pas ça. Il y a de la concurrence, tout se joue chaque week-end. Mais depuis la saison dernière, j’ai eu du temps de jeu, ça se passe bien. Moi, tant que je joue, je suis heureux. On veut tous être sur le terrain, c’est normal. Mais non, je ne me vois pas comme un cadre. Ça ne fait qu’un an et demi que je suis là. Il y a des joueurs plus anciens, des leaders naturels. Mais à mon poste, c’est vrai que j’ai des responsabilités, surtout quand je joue en 10. Il faut savoir être un leader dans le jeu. Oui j’ai des responsabilités mais je ne suis pas un cadre du vestiaire.

En 2026, ça fera dix ans que vous avez quitté Vic. Quel regard portez-vous sur votre parcours, vous qui avez percé sur le tard ?

Aujourd’hui, les jeunes sont prêts beaucoup plus tôt, à 18 ans déjà. Moi, à 18 ans, j’étais encore à Vic ! (rires) J’ai commencé pro à 22 ans. J’étais sans doute prêt plus tard, physiquement et mentalement. Mais je ne regrette pas : mes années à Vic font partie de mes meilleurs souvenirs. Chaque joueur a son parcours, passer par un centre de formation d’équipe professionnelle n’est pas gage de jouer à haut niveau. Certains ont suivi les voies classiques et ne sont pas devenus pros, d’autres comme moi ont percé autrement. Il n’y a pas de modèle idéal.

En regardant dans le rétroviseur, on peut dire que votre signature à Montauban, c’était le bon choix, finalement ?

Oui, totalement. Avant, j’ai connu deux descentes d’affilée, c’était dur mentalement. Et puis, l’an dernier, on est champion de France de Pro D2. Ce contraste, c’est fou. Mais ça m’a forgé. J’ai connu des moments galères, à Rouen notamment, loin de la famille. Ici, à Montauban, j’ai trouvé un équilibre. Sportivement et humainement, c’est une belle histoire.

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C’est notamment pour ça que vous avez prolongé au club.

Oui, j’ai prolongé pour trois ans, jusqu’en 2029. Je suis bien ici. J’ai du temps de jeu, je vis dans une ville où je me sens bien, et avec ma copine, on est proches de nos familles. Et puis, la ferveur autour du club, c’est exceptionnel. Les supporters sont incroyables, les ultras mettent une ambiance dingue. On a envie de leur rendre sur le terrain.

Quelles sont vos ambitions pour la fin de la saison à titre personnel et collectif ?

Le maintien, évidemment. Ce serait une belle récompense pour tout le club, les joueurs, le staff, les supporters. Et personnellement, continuer à jouer, à progresser et à prendre du plaisir.



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