Insultes et menaces envers des agents pénitentiaires : un détenu jugé pour son comportement perturbateur

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Un détenu a été condamné pour avoir attaqué physiquement et verbalement plus d’une dizaine d’agents pénitentiaires à Ensisheim (Haut-Rhin) et Lannemezan (Hautes-Pyrénées). Des propos et gestes extrêmement violents…

La liste des insultes est tellement grossière qu’elle peine à être écrite. Des insultes tout le temps accolées à des menaces directes proférées à des agents pénitentiaires : « Je vais te faire la peau », « tu vas tomber de haut, tu vas pas te relever », « je vais te retourner et je vais te manger », « poucave », « Il se cache derrière son uniforme, mais quand je sortirai je m’occuperai de lui », « j’ai écrit à M. Dupond-Moretti (ancien ministre de la Justice NDLR), t’es mort ! »…

L’individu jugé devant le tribunal de Tarbes, déjà emprisonné et qui a refusé d’être extrait, semble extrêmement perturbateur. D’abord à la maison centrale d’Ensisheim, dans le Haut-Rhin, en 2024. Puis au centre pénitentiaire de Lannemezan en 2025. Des violences verbales et des violences physiques, avec des crachats, mais aussi une scène où un agent pénitentiaire est bousculé alors que le prévenu tentait d’attraper une lame de rasoir. Il ira même déclarer vouloir commettre un attentat dans l’établissement, ou s’attaquer à eux : « Il va y avoir du sang sur le mur, ne vous inquiétez pas, pas le mien mais celui des surveillants. » Un infirmier psychiatre en sera aussi victime : le prévenu « dépose une pochette avec ses documents médicaux » il menace l’infirmier qui aurait touché la pochette lui assénant : « Je vais te casser la bouche. »

Pas de remise en question

Des faits pas niés par le prévenu lors de ses auditions, se souvenant même d’autres violences sur un agent pénitentiaire : « J’avais sa gorge dans ma main gauche, il avait de la chance que je ne lui ai pas arraché la carotide. » Mais pour lui « l’affaire est classée, je n’ai rien à me reprocher, c’est un dérapage des agents. »

Une version qui n’a pas convaincu l’avocate de douze des victimes : « On a un sentiment en lisant ce dossier, c’est qu’ils sont la cible idéale, puisqu’ils rencontrent régulièrement ce type de personnalités criminelles, et ils doivent subir. » Elle a également rappelé qu’il n’y avait « aucune réaction agressive des agents, c’est ce qui est admirable. »

Le procureur a exprimé la volonté du prévenu « d’être sans cesse dans une domination à l’égard des surveillants […] en allant dans des propos les plus extrêmes possibles »

Le tribunal a condamné le prévenu, qui n’était pas assisté d’un avocat, à quinze mois de prison et cinq ans d’inéligibilité. L’affaire a été renvoyée pour estimer les intérêts civils des agents.



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