Le conseil municipal de Tarbes a voté un dispositif insolite à quelques semaines de la Toussaint. La mairie propose des cuves et des monuments funéraires de réemploi, issus des concessions échues et non renouvelées, qui sont rénovés et proposés à la vente à un tarif social pour les familles modestes. Voici tout ce qu’il faut savoir sur cette mesure originale et symptomatique.
Quand même la mort devient hors de prix… Sujet encore tabou, le dernier sommeil a ravivé la curiosité des conseillers municipaux ce lundi soir à Tarbes, à la faveur d’une délibération aussi insolite que vertueuse et symptomatique de notre époque, adoptée à l’unanimité. Celle-ci prévoit la création d’un tarif social pour la vente de caveaux et de monuments funéraires de réemploi, issus des concessions funéraires échues et non renouvelées. « Pour les concessions à l’abandon, nous essayons toujours de retrouver des descendants des défunts, mais parfois, malgré nos recherches, nous n’y parvenons pas. En dernier ressort, un message est déposé sur la tombe pour que quelqu’un qui viendrait s’y recueillir en prenne conscience », explique Pierre Lagonelle, adjoint à l’administration générale. À l’issue des procédures réglementaires, la commune devient propriétaire des monuments funéraires, caveaux et autres biens installés sur les concessions concernées. »
120 caveaux récupérés par an
Sur ses cimetières, la mairie récupère ainsi en moyenne 120 caveaux à l’abandon chaque année. Une fois les restes pris en charge et incinérés par des entreprises de pompes funèbres dans un carré dédié, les éléments matériels deviennent propriété de la ville qui peut « les détruire, les utiliser puis les vendre, sous réserve du respect dû aux morts et aux sépultures ».
Aussi, la ville de Tarbes a souhaité, dans le cadre de sa politique sociale et de gestion domaniale, faciliter l’accès à des sépultures décentes pour les familles aux revenus modestes en mettant à disposition des monuments funéraires et des cuves de réemploi rénovés à des tarifs adaptés à leur capacité contributive. Ainsi, une tarification modulée en fonction du quotient familial a été instaurée, avec un encadrement strict pour éviter tout détournement ou revente abusive. « Ces biens vendus à tarif social sont exclusivement destinés à l’établissement de concessions familiales. Un coût qui est, de plus en plus souvent, très difficilement supportable pour les perdants. » Il n’est d’ailleurs pas rare de voir des cagnottes solidaires pour financer les obsèques d’un défunt.
De 1 000 à 2 000 € le caveau de réemploi
Avec cette mesure, pour un caveau de quatre places (le seul format proposé jusqu’ici), le tarif va de 1 000 € à 2 000 € en fonction de la tranche du quotient familial, et entre 800 et 1 500 € pour les monuments de réemploi (hors pose et gravure). « On sélectionne les cuves qui peuvent être remises en état et sont alors prises en charge, nettoyées, poncées, anonymisées par nos équipes », précise Pierre Lagonelle. « Nous avons une douzaine de caveaux ainsi réhabilités et disponibles pour cette destination sociale. » Une mesure qui a fait consensus au cours d’un conseil municipal pourtant agité.


