Pour réduire la vulnérabilité de Lourdes face au risque d’inondations, le PLVG propose désormais de financer, aux côtés de l’État, les travaux permettant de protéger les bâtiments à vocation commerciale.
Quiconque l’a vécu garde forcément en tête ces images marquantes… En juin 2013, quelques mois seulement après la crue d’octobre 2012, le gave de Pau sortait à nouveau de son lit pour atteindre une hauteur exceptionnelle, jamais vue depuis des décennies. Une crue historique qui causa deux victimes et des dommages considérables (chiffrés à 250 M€) dans la vallée des Gaves ou encore à Lourdes, où tout le Sanctuaire et de nombreux hôtels de la zone touristique ont été inondés.

Un évènement traumatisant que personne ne souhaite revivre. Mais, malheureusement, le risque existe et il n’y a donc pas d’autre choix que de s’adapter… « On ne peut pas délocaliser le Sanctuaire et l’activité économique du bas de la ville donc il faut vivre avec, livre Valérie Pallut, directrice du Pays de Lourdes et des Vallées des Gaves (PLVG), le syndicat mixte en charge notamment de la prévention des inondations sur le territoire. Lourdes est particulièrement exposée au risque d’inondations puisque 150 bâtiments, dont 87 % sont à usage commercial (hôtels, restaurants, commerces, etc.), se situent en zone inondable. »
Quelles solutions ?
Une forte vulnérabilité que le PLVG s’attelle à réduire. Depuis 2013, de nombreuses études ont été menées pour limiter le risque d’inondation. Créer une digue au niveau de la cité mariale ? Peu efficace et très coûteux. Réaliser un grand barrage en amont de Lourdes ? Cela représenterait un investissement colossal de 25 M€ et, surtout, cela ne ferait que déplacer le risque puisque 400 maisons situées dans les villages en amont (Lugagnan, Ger, Geu, etc.) se trouveraient alors inondées si la crue de 2013 se reproduisait…
« Au vu des études, la meilleure solution pour Lourdes est de développer les mesures de protection individuelles, livre la directrice. Il peut s’agir soit de dispositifs pour empêcher l’eau d’entrer dans les bâtiments (batardeau par exemple) soit d’accepter le risque et de s’adapter en conséquence : en surélevant le matériel électrique, en privilégiant du carrelage plutôt que de la moquette, etc. »
Un financement renforcé contre les inondations
Problème : ces mesures individuelles, coûteuses pour les propriétaires, manquent d’attrait. C’est pourquoi le PLVG, avec l’accord des deux collectivités qui le financent (intercommunalité Pyrénées Vallées des Gaves et l’Agglo Tarbes Lourdes Pyrénées), a souhaité avoir un rôle d’incitateur. D’abord, sur demande des particuliers comme des professionnels, le syndicat propose de financer à 100 % la réalisation d’un diagnostic de vulnérabilité par une entreprise spécialisée. Ce diagnostic permet de lister un certain nombre de préconisations et de travaux à réaliser pour réduire l’impact d’une inondation sur un bâtiment.
Pour les mettre en œuvre, l’État accorde une subvention de 80 % du montant des travaux pour les particuliers et de 40 % pour les professionnels. Or, à Lourdes, le risque d’inondation concerne essentiellement des hôteliers et commerçants… Le PLVG a donc décidé, depuis cet été, d’abonder cette subvention de 40 % supplémentaires ! « La collectivité se veut incitative pour protéger les personnes et limiter les dommages, appuie Valérie Pallut. Se protéger aujourd’hui, c’est investir pour limiter demain les dégâts et les coûts d’une crue. Que chacun soit mois impacté pour permettre un retour à la normale plus rapide. »
Si certains hôtels n’ont pas attendu ces aides pour se protéger, il serait dommage, pour les autres, de ne pas s’en saisir rapidement, pendant qu’elles existent. Le message a été passé dernièrement auprès des socioprofessionnels de Lourdes, dont certains n’ont pas tardé à s’emparer du sujet… Pour ne pas revivre le même traumatisme qu’en 2013.


