Pyrénées – Face aux prédations de l’ours, du loup et du vautour : le président de la Chambre d’agriculture veut des réponses

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La Chambre d’agriculture s’est réunie jeudi 25 septembre 2025 dans ses locaux. Avant l’ouverture de la session, lors d’un point presse, son président, Christian Fourcade, a alerté sur une montée des problématiques de prédation — présence de deux loups dans les Hautes-Pyrénées, attaques d’ours en hausse cet été et, nouveauté signalée, des attaques de vautours — et a exposé les tensions entre les acteurs locaux et les services de l’État quant aux constats et aux mesures à prendre.

La session tenue ce jeudi 25 septembre à Tarbes (Hautes-Pyrénées) avait vocation à aborder plusieurs sujets d’actualité et d’importance stratégique pour l’avenir de l’agriculture sur le territoire. Lors d’une conférence de presse en amont de la réunion, le président Christian Fourcade a abordé la problématique de la prédation, qu’il a présentée comme un facteur de fragilisation supplémentaire pour les éleveurs, déjà confrontés à des problèmes sanitaires et économiques.

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La problématique de la prédation : loups, ours… et vautours

Christian Fourcade a dressé un tableau multi-espèces de la prédation dans le département : « une présence du loup dans nos Pyrénées, des attaques d’ours en augmentation cet été et (malheureusement) une nouveauté : des attaques de vautours ». Il a insisté sur le fait que, pour les éleveurs, toutes ces formes d’attaques sont perçues comme relevant d’un même problème de prédation, qu’il s’agisse d’attaques ponctuelles ou de comportements nouveaux chez des espèces qui s’approchent désormais des zones habitées et des exploitations.

Le président a fait part de son inquiétude sur l’évolution du comportement des vautours, qui, selon lui, descendent désormais en plaine et viennent chercher de l’alimentation près des bâtiments d’élevage. Il a décrit la situation comme préoccupante parce que ces animaux « prennent leurs habitudes en dehors de la montagne », ce qui, pour les éleveurs, accroît le risque et l’inquiétude au quotidien.

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Une attaque de vautours en présence d’un agent de l’OFB

Lors de son intervention, Christian Fourcade a relaté le témoignage d’un agent de l’Office français de la biodiversité (OFB) qui a assisté à une attaque de vautours ciblant un animal vivant et en bonne santé, près du futur hôpital de Lanne. Ce témoignage, soutenu par des agriculteurs concernés, a, d’après le président, été remonté jusqu’au ministère de l’Environnement. Il a toutefois regretté que certains représentants de l’État « refusent l’évidence » et aient été sceptiques malgré les films et témoignages produits.

Le président a également fait état de plusieurs autres témoignages d’éleveurs autour du cas survenu à « Hibarette », épisode qui, selon lui, a « ouvert les bouches » et incité d’autres éleveurs à signaler des attaques ou des dégâts qui, jusqu’alors, restaient peu médiatisés.

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Réponse de l’État : dialogue mais résultats encore limités

Christian Fourcade a souligné que, sur ce dossier, les services départementaux et le préfet « ont joué le jeu » et tenté de faire remonter les constats. Il a cependant déploré l’étonnante difficulté à obtenir une reconnaissance immédiate du changement de comportement des vautours au niveau national et à faire évoluer rapidement la réglementation permettant une réaction plus rapide face à des espèces protégées dont le comportement dévie, selon lui, de la norme.

L’ours et le loup

Il a aussi évoqué l’écho politique de la question en parlant de l’ours et du loup : selon lui, la parole présidentielle — « il ne peut pas y avoir deux prédateurs dans les montagnes » — n’est pas toujours perçue comme directement opératoire sur le terrain, et l’articulation entre les déclarations au plus haut niveau et les décisions concrètes reste, d’après Christian Fourcade, complexe et peu lisible pour les acteurs locaux.

Mesures souhaitées : effaroucher plutôt qu’éliminer, protocoles et formations

Le président de la Chambre a clairement énoncé la position qu’il défend pour les éleveurs : il ne s’agit pas, selon lui, d’éliminer les espèces protégées, mais de « leur apprendre des limites » et de pouvoir les « effaroucher » afin qu’elles n’adoptent pas des comportements prédateurs sur les animaux domestiques. Il a rappelé qu’un protocole d’effarouchement existe (« disponible pour les éleveurs sous certaines conditions avec une formation ») et que la Chambre souhaite travailler avec l’État pour le décliner au niveau départemental et permettre aux éleveurs, dès l’année prochaine selon ses propos, de se former et d’agir dans un cadre encadré.

Parmi les demandes figurent également la mise en place de protocoles de réaction plus rapides lorsque des comportements dits « nouveaux » sont constatés.

Enjeux pour l’élevage et le bien-être animal

Christian Fourcade a insisté sur l’impact de la prédation sur le bien-être animal et sur la qualité de vie des éleveurs : l’angoisse permanente quant aux attaques, la perte d’animaux, et les conséquences sanitaires et économiques qui s’ajoutent à d’autres contraintes (maladies, problématiques sanitaires). Il a estimé que la situation crée une pression psychologique et opérationnelle importante pour les exploitations, notamment lorsqu’un animal est attaqué « vivant et dépecé », ce qui, selon lui, témoignerait d’un déficit de bien-être animal et d’une nécessité d’intervention encadrée.

Un appel au cadre réglementaire et à la concertation

Christian Fourcade appelle à ce que l’État « se saisisse » du sujet et clarifie les modalités d’action là où l’équilibre entre protection des espèces et protection des élevages se tend. Il a plaidé pour un travail de fond avec les services de l’État afin d’aboutir à des réponses opérationnelles — protocoles d’effarouchement, formation, reconnaissance des constats — et pour une meilleure prise en compte des réalités de terrain par les autorités nationales.

Selon Christian Fourcade, président de la Chambre d’agriculture, l’Ariège concentre aujourd’hui une forte densité d’ours. Comme tout animal en surnombre, certains spécimens migrent vers d’autres zones, ce qui expliquerait l’augmentation des attaques signalées cet été dans les Hautes-Pyrénées. Certaines d’entre elles auraient été minimisées par les services de l’État, ce que regrettent les éleveurs locaux.

Le loup : une présence persistante

Toujours d’après Christian Fourcade, deux loups circulent encore dans les Hautes-Pyrénées. Les représentants agricoles rappellent que le président de la République avait déclaré qu’« il ne pouvait pas y avoir deux prédateurs dans les montagnes », ce qui leur faisait espérer une régulation. Mais, pour l’heure, la situation reste inchangée : les loups « tapent par-ci par-là », générant des inquiétudes et des pertes ponctuelles dans les troupeaux.

Une cohabitation difficile

Ours et loups sont protégés par la réglementation européenne et nationale. Pour les éleveurs, ces espèces s’ajoutent à d’autres sources de prédation (notamment les vautours), créant une pression constante. Ils demandent donc des mesures claires de régulation ou d’effarouchement afin de sécuriser leurs troupeaux et de préserver leurs conditions d’élevage.



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