TÉMOIGNAGE. « Je veux courir tant que je peux » : l’incroyable recette de Yves, 76 ans, qui vient de terrasser le record de France du marathon

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Après avoir été huit fois champion du monde de triathlon longue distance, le Lourdais Yves Tabarant court toujours. Et à haute intensité. Dernièrement, lors du marathon de Saint-Sébastien, il a battu le record de France, en 3 h 24. Il espère faire vite mieux et pourquoi pas le record du monde.

C’est un âge où pour beaucoup l’exercice physique confère au maintien en forme ou au divertissement. Mais, à 76 ans, le sport et la compétition régissent le quotidien d’Yves Tabarant. Ainsi ce mercredi, sa matinée a été consacrée au ski de randonnée sur Barèges avant d’enchaîner les longueurs à la piscine de Lourdes, dans son bassin ou presque, puisqu’il en a longtemps été le directeur avant de devenir responsable des sports à la ville. Son compteur à lui a de quoi affoler même les jeunes sportifs assidus. En 2025, Yves a ainsi avalé plus de 14 000 km à vélo, plus de 3 500 km à pied, auxquels s’ajoutent la natation, le ski de fond, le ski de rando… « Dans la famille, on fait tous du sport. Je me suis toujours beaucoup entraîné », euphémise celui qui fut l’un des premiers triathlètes du sud-ouest dans les années 80 et a encore couru un Iron man (3,8 km en natation, suivi de 180 km à vélo et un marathon pour finir) l’an dernier, à 75 ans.

Sportif aguerri, Yves Tabarant est avant tout un compétiteur hors pair. Son palmarès parle pour lui avec 8 titres de champion du monde triathlon longues distances dont 2 fois à Hawaï, 24 records départementaux de course à pied (du 10 km au marathon, de 40 à 79 ans), 7 records d’Occitanie et 4 records de France. Le dernier, Yves l’a réalisé fin novembre sur le marathon de Saint-Sébastien, après avoir signé 3 h 15 quelques mois plus tôt lors de celui de Toulouse, un record qui n’avait pas été homologué par les instances. « À Saint-Sébastien, il ne pensait même plus y aller avec la météo exécrable des jours précédents et les prévisions, glisse Alain Aubrion, le président de son club Athlé 65. Mais il a continué à s’entraîner, inlassablement. C’est vraiment impressionnant la préparation qu’il s’administre. La veille encore, il partait pour une sortie à vélo en montagne avant de se raviser et de prendre le départ du marathon le dimanche matin. »

« Ce qui me motive, c’est l’effort et la performance »

Arrivé une poignée de minutes avant le coup de feu, et finalement avec une météo complice, Yves Tabarant a tout juste eu le temps d’accrocher son dossard avant de s’élancer parmi les 10 000 partants. 3 h 24 mn et 36 secondes plus tard, il boucle la course en 1631e position et efface le précédent record de France Master 8 (75 ans et plus) de près de 4 minutes. « J’ai couru ça un peu à l’arrache, avoue celui qui vit pour le sport, même à 76 ans. Si j’en ai marre, mais marre de quoi ? Ce qui me motive, c’est l’effort physique et la performance. Je veux toujours voir où je peux aller. C’est pour ça que je me prépare autant. J’y vais quel que soit le temps, surtout depuis que je suis à la retraite. Quand on aime ça… »

Aussi, Yves n’est pas vraiment surpris de ses performances. « C’est ce que je veux et ce dont je me sais capable. Je ne me suis jamais arrêté sauf pour des blessures. Il y a un côté addictif bien sûr, mais avec du plaisir et le bien-être que ça procure. J’aime m’étalonner. Ça me fait toujours quelque chose de monter sur les podiums, si je me suis donné à fond. Je ne veux pas gagner faute de combattants. » Yves Tabarant est donc loin de raccrocher les baskets. « Je veux courir tant que je peux… » Avec en ligne de mire, le record du monde de sa catégorie sur marathon, sous les 3 h 10, dans un coin de la tête…



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