Jeudi 24 septembre dernier, un incendie criminel ravageait la toiture d’une résidence avenue Hoche, à Tarbes. Onze foyers s’apprêtent désormais à être relogés pendant la durée des travaux qui vont s’engager. Les riverains s’inquiètent de savoir où ils vont trouver refuge et dans quelles conditions. Le début du chantier est soumis à l’autorisation du parquet qui a diligenté une enquête. Explications.
Une semaine après, les couloirs et les appartements sentent encore le brûlé. L’incendie qui s’est déclaré dans un immeuble au 31 avenue Hoche, à Tarbes, le jeudi 24 septembre, a laissé des traces. L’un des résidents porte même encore sur la peau plusieurs brûlures. « Je regardais la télé sur mon canapé quand une passante a toqué à ma fenêtre. Affolée, elle m’a fait remarquer que le toit brûlait. Je n’ai pas hésité, j’ai mis un masque à gaz et j’ai foncé dans l’escalier, en toquant aux portes sur les différents paliers pour faire évacuer les logements », raconte l’un des résidents, un ancien militaire.
Au 5e et dernier étage, au bout de la colonne numéro 13, l’air est irrespirable. « Il y avait de la fumée partout et des flammes, même en restant à distance, je me suis brûlé. Je suis courageux mais pas téméraire ! J’ai eu le temps de m’assurer que personne n’était présent, ni dans le couloir, ni dans les deux appartements en train de brûler », confie-t-il. Il écopera ensuite de quatre jours d’ITT. « On a gagné quelques minutes avant l’arrivée des pompiers », souffle-t-il encore.
Pas de bâche en haut du bâtiment
Depuis, la suie n’a pas quitté le sol et les murs. Plus on se rapproche du 5e étage, plus les couloirs noircissent. « Je viens d’être opérée d’un cancer des poumons, respirer cette odeur toute la journée, ça m’inquiète beaucoup », déplore une locataire du rez-de-chaussée. Mais ce n’est pas la seule chose qui lui fait peur. L’entrée principale a été condamnée et les autres accès sont ouverts jour et nuit. « Je me sens en insécurité et enfermée comme un lion en cage. La nuit, on entend des bruits d’explosion comme des pétards, on redoute les squatteurs », livre cette habitante pêle-mêle.
Elle craint également des infiltrations. Car cette colonne du bâtiment n’a plus de toiture. Et qu’aucune bâche n’a été disposée. Les équipes du bailleur social la Semi travaillent également au relogement de 11 foyers dont celui de cette résidente. Des sites seraient en cours d’identification par la Semi, les services de la mairie et le CCAS pour un hébergement provisoire, le temps du chantier. Les experts se sont succédé pour constater les dégâts, cette semaine.
Un gros chantier à prévoir
« Je ne dors plus la nuit, je suis dans l’indécision. On paie nos loyers, on paie nos charges et ça nous tombe sur la tête alors qu’on n’a rien demandé », résume-t-elle. Un membre de son entourage se questionne : « Qui va payer le relogement ? Où sera-t-il proposé ? Quand ? Pour combien de temps ? Faut-il prendre les meubles ? Couper les abonnements à l’eau et à l’électricité ? » « Avant d’engager les travaux, nous devons attendre l’autorisation du parquet dans le cadre de l’enquête judiciaire. En attendant, nous avons sécurisé le quartier et interdit les accès aux balcons. Les dégâts sont énormes. On déplore aussi de graves problèmes structurels au niveau du béton et de la charpente et une impossibilité de mettre une bâche de protection. En tout cas, les devis sont prêts pour démolir la toiture et imperméabiliser la dalle. Nous attendons l’autorisation judiciaire, je pense que ce n’est plus qu’une question de jours », explique de son côté Pascal Claverie, le président de la Semi. Dur d’établir un calendrier.
« On a fixé un délai de deux mois pour réaliser les travaux de démolition et de rénovation. Les assurances des locataires et de la Semi sont engagées pour couvrir le coût du chantier. « Nous comprenons la difficulté de ces onze foyers qui n’ont rien demandé et qui n’ont d’autre choix que de devoir déménager temporairement », glisse encore le maire de Tarbes.
L’homme de 43 ans, soupçonné d’avoir déclenché l’incendie, a été placé en détention provisoire par le parquet de Tarbes. Il est déjà connu de la justice pour des faits de conduite sous l’empire d’un état alcoolique et conduite sous l’usage de produits stupéfiants. Il encourt jusqu’à 15 ans de réclusion criminelle.


