C’est vers la place au Bois où sont rassemblés les trois organismes de la sécurité sociale du département (CAF, CPAM et URSSAF à quelques encablures rue Latil) qu’a convergé la centaine de manifestants répondant à l’invitation de la CGT pour célébrer les 80 ans de la sécurité sociale ce jeudi matin. Les participants ont ainsi salué la mémoire d’Ambroise Croizat, le père de la « sécu » moderne. « Il rassemble en une seule caisse toutes les formes antérieures d’assurance sociale et organise le financement de l’ensemble par une cotisation interprofessionnelle à taux unique. Ainsi, les allocations familiales, l’assurance-maladie, les retraites et la couverture des accidents du travail ne dépendent ni de l’État ni du patronat, mais d’une caisse gérée par des représentants syndicaux. » Et de poursuivre sur le site rebaptisé symboliquement square Ambroise Croizat : « Aujourd’hui, même les responsables du gouvernement et les directeurs des caisses de Sécurité Sociale se félicitent de ce filet de protection qui nous a aidés à amortir le choc de la crise sanitaire entre autres. »

« Ce sont pourtant les mêmes qui travaillent à son affaiblissement et sa destruction, en donnant le pouvoir des conseils d’administration au patronat » ont embrayé les manifestants, ciblant le projet de Loi de Financement de la Sécurité Sociale 2025 comme « une atteinte à l’héritage d’Ambroise Croizat ». « Que veulent les gouvernements libéraux qui se succèdent ? Confier la politique publique et la protection sociale au secteur privé et aux financiers. » Et les militants de pousser pour le projet 100 % Sécu, prôné par la CGT. « Un 100 % Sécu, avec une solidarité de classe et un financement exclusif par le salaire socialisé, à travers la cotisation sociale, qui rééquilibre le rapport capital/travail et remet la gestion de la Sécurité sociale, aux mains des travailleurs et travailleuses, en rétablissant la démocratie sociale. »



