PORTRAIT. « J’ai bouclé la boucle » : 40 ans après ses débuts, Valérie est revenue comme saisonnière à Lourdes avant la retraite

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l’essentiel
À 62 ans, Valérie Challier achève sa dernière saison à Lourdes, où elle est revenue travailler près de 40 ans après ses débuts. Une saisonnière au parcours original qui livre son regard sur la ville dans un documentaire diffusé ce jeudi soir.

Si son salaire n’est plus le même qu’autrefois, malgré des horaires décalés, Valérie Challier n’a peut-être jamais eu autant le sourire et l’envie de venir au travail que ces dernières années. À 62 ans, la réceptionniste du Grand Hôtel Moderne achève sa quatrième et dernière saison à Lourdes, puisqu’elle prend sa retraite à la fin du mois.

Un repos bien mérité pour cette Gersoise d’origine, qui a justement commencé sa carrière dans la cité mariale comme saisonnière… « Je suis venue à Tarbes pour faire des études dans le domaine du secrétariat, raconte Valérie. Et mon premier job a été de vendre des médailles dans une boutique de Lourdes, ce qui est très formateur pour la maîtrise des langues étrangères ! Au total, j’ai fait cinq saisons ici. Je me suis régalée étant jeune, l’ambiance était super. »

De retour à Lourdes

En 1987, elle part finalement vivre ailleurs après avoir rencontré l’amour. De la Touraine à Bordeaux, avant un retour sur Tarbes, Valérie occupe différents postes comme secrétaire de direction dans le milieu industriel. Pour des raisons professionnelles et personnelles, elle décide de quitter son dernier emploi, à l’usine Knauf de Lannemezan. Valérie est alors âgée de plus de 55 ans et il est très difficile pour elle de retrouver du travail. « J’ai essuyé beaucoup de refus, confie la sexagénaire. C’est là que j’ai l’idée de revenir faire la saison à Lourdes ! »

Lors d’un salon de recrutement, Valérie noue un contact avec différents employeurs lourdais. Mais, en raison de la crise Covid, elle est obligée de rester au chômage plus longtemps que prévu… Jusqu’en début d’année 2022 où elle rappelle le Grand Hôtel Moderne, établissement emblématique de la cité mariale, à deux pas du Sanctuaire, qu’elle avait repéré lors du salon. Bingo ! Le directeur Joseph Tedesco est justement à la recherche d’une réceptionniste pour la saison. Presque 40 ans plus tard, Valérie est de nouveau saisonnière à Lourdes : « J’ai bouclé la boucle », rigole-t-elle.

Témoin de l’évolution

Une histoire et un parcours assez unique qui ont convaincu la réalisatrice Isabelle Mandin de choisir Valérie Challier comme l’une des quatre protagonistes de son documentaire « Saisonnières ». Diffusé ce jeudi soir sur France 3 Occitanie (à 22 h 50), ce film offre une autre manière de regarder Lourdes, à travers ceux qui y habitent et y travaillent.

Forte de ses deux expériences espacées de 40 ans, la future retraitée a vu l’évolution de la cité mariale. « La première chose qui m’a marquée en revenant, c’est l’internationalisation de Lourdes, livre Valérie. Avant, il n’y avait que des Européens et, aujourd’hui, on voit beaucoup d’Américains, d’Asiatiques… Il y a aussi beaucoup moins de groupes. La plupart des pèlerins et touristes viennent désormais en tant qu’individuels, par leurs propres moyens. Et cette clientèle n’a pas les mêmes besoins, ni les mêmes attentes que celle des groupes. »

Malgré les exigences d’un emploi saisonnier, Valérie confie avoir pris beaucoup de plaisir à revenir travailler à Lourdes ces dernières années. « De nombreuses rencontres » et un « enrichissement personnel » qu’elle apprécie grandement à l’heure de la retraite.



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