Créé cardinal en 2023, François Bustillo a retrouvé Lourdes, ville où il a exercé trois ans, pour une séance de dédicaces de son livre « Réparation ».
L’évêque d’Ajaccio, créé cardinal en septembre 2023, François Bustillo est populaire, comme en témoigne la longue file d’attente qui s’était constituée devant le chapiteau où celui qui a officié trois ans à Lourdes dédicaçait son dernier ouvrage sobrement intitulé « Réparation », qui pose la question d’une société fracturée et de la manière de la faire survivre. Un livre déjà en rupture de stock, y compris à la librairie de la Grotte ; ceux qui avaient eu la bonne idée de se le procurer avant ont été bien inspirés, les autres pouvaient néanmoins se consoler avec son précédent titre. L’objectif était bien sûr d’obtenir la précieuse signature de cet homme d’Église qui a invité et reçu le pape François en Corse en 2024.
Le principal intéressé s’est montré ravi de revenir à Lourdes qu’il connaît parfaitement bien : « Je suis resté trois ans ici, c’est un peu un retour aux sources à chaque fois car je viens à Lourdes depuis que j’ai 18 ans. Et aujourd’hui, nous avons en plus un magnifique soleil, c’est encore mieux ».
« Un lieu où Dieu a laissé une trace »
Un lieu qui résonne avec son dernier ouvrage, comme il l’a souligné : « À Lourdes, on se ressource, on se répare. La grotte est un lieu magnifique d’un point de vue symbolique, on rentre à l’intérieur, c’est un mouvement spirituel à contre-courant du côté artificiel que montre souvent notre époque. Les gens cherchent des points de repère et Lourdes en est un, c’est un lieu où Dieu a laissé sa trace ».
Le Cardinal garde aussi en mémoire ce qui fait les processions impressionnantes qui ont lieu au sanctuaire, tout ce qui fait l’âme de la ville tout entière : « C’est magnifique ces processions aux flambeaux, tous ces pèlerins qui y participent, c’est cela aussi qui fait Lourdes ».
François Bustillo n’en oublie pas pour autant l’extérieur du sanctuaire, aussi important pour lui qui a toujours veillé à garder de bonnes relations avec tout ce qui ne fait pas partie de l’espace sacré : « Bien sûr, j’ai toujours tissé des liens avec les commerçants, la mairie et les autorités civiles car un homme d’Église ne doit pas être que dans son écosystème et c’est ce que je continue à faire en Corse, c’est important d’avoir aussi des relations avec le milieu économique et politique car l’Église doit cheminer avec le monde. Comme dans mon livre, dans toute chose, il ne faut pas voir que le négatif mais aussi le positif et inversement ».
Un homme de sens qui s’est prêté de bonne grâce et avec le sourire aux sollicitations de ses lecteurs et lectrices parmi lesquels des pèlerins corses pas peu fiers de leur évêque et cardinal. « Vous avez vu, il est bien notre évêque, dans quelques années il fera un très bon pape » a d’ailleurs lancé avec malice l’une d’elles, ce à quoi une autre, visiblement de Lourdes, lui a répondu : « Oui, il est très bien, mais on l’a eu avant, à Lourdes ». Une ambiance qui a enchanté le charismatique cardinal, occupé à enchaîner les signatures pendant plus d’une heure sur les lieux où il a œuvré notamment comme délégué épiscopal à la protection des mineurs et des personnes vulnérables avant d’être nommé évêque de Corse en 2021.


