Altela va investir 4,5 millions d’euros pour quadrupler sa surface de production et fabriquer des filets tricotés pour le marché européen
A Séméac, au coeur des Hautes-Pyrénées, une entreprise se distingue par sa ténacité et son innovation : l’usine Altela. Unique en France à produire des filets de protection, Altela, dirigée par l’enthousiaste Pascal Claverie, s’apprête à faire un investissement colossal de 4,5 millions d’euros pour quadrupler sa surface de production.
Une initiative ambitieuse destinée à conquérir le marché européen des filets tricotés, actuellement dominé par un seul concurrent allemand.

La renaissance du filet de protection français
Retour en arrière : il y a trente ans, la France ne comptait plus aucune usine de tressage et de laçage. Toutes avaient été délocalisées. Mais Pascal Claverie, avec un sourire empreint de détermination, raconte : « Je voulais relocaliser cette production ». Ce jeudi 11 juillet 2024, lors de la visite de l’entreprise par le préfet des Hautes-Pyrénées, Jean Salomon, le PDG d’Altela partage fièrement son parcours.
Créée en 1970, Altela posait initialement des filets de protection sur les chantiers. En 2010, constatant l’absence de fabricants français, Pascal Claverie a décidé de prendre les choses en main. Il commence par importer des nappes de filets du sud de l’Europe avant de racheter son concurrent Agrispor à Caen, doublant ainsi sa capacité de production. Le véritable tournant survient en 2013 avec la fabrication intégrale des nappes de filet. Aujourd’hui, Altela est la seule entreprise française à réaliser le tressage, le laçage, la stabilisation et à posséder la certification européenne.

Une équipe passionnée et engagée
Avec cinq sites de production et 134 employés, dont 32 à Séméac, Altela est une véritable famille. « Il n’existe pas de formation pour ce métier, donc, on les forme sur place », explique Pascal Claverie. De la recrue de 20 ans à la salariée de 67 ans, chacun contribue avec passion à l’aventure Altela. Le turnover ? Inexistant. « Ceux qui partent, c’est pour partir à la retraite », sourit le PDG.

Un investissement pour l’avenir
L’investissement de 4,5 millions d’euros marque une nouvelle étape pour Altela. La superficie des ateliers de Séméac passera de 1 600 m² à 6 000 m², avec 10 embauches prévues pour débuter. « Aujourd’hui, l’entreprise n’est que faiblement exportatrice », admet Pascal Claverie. Cependant, l’avenir est prometteur. Les filets noués, plus résistants, ont leur place, mais le marché européen préfère les filets tricotés. Altela répondra à cette demande avec des filets tricotés résistants à l’abrasion, fabriqués à partir de leur matière première innovante.
La livraison de cette extension est programmée pour mars 2025. Le projet prévoit 3 millions d’euros pour les bâtiments et 1,5 million d’euros pour les machines. Un défi de taille que l’entreprise est prête à relever avec brio.
Altela, avec sa vision audacieuse et son ancrage local fort, continue de tisser sa réussite. Séméac peut être fière de compter une entreprise qui allie tradition et innovation, tout en s’ouvrant aux marchés européens. Ce n’est pas seulement une expansion d’usine, c’est un coup de filet gagnant pour toute une région et pour l’industrie française du filet de protection.



