Industrie, énergie, montagne : des formations taillées pour les métiers qui recrutent au lycée pro de Bagnères-de-Bigorre

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Alors que les entreprises de l’industrie, de la montagne ou encore de l’énergie peinent à recruter malgré, des salaires attractifs, le lycée Victor-Duruy de Bagnères-de-Bigorre (Hautes-Pyrénées) multiplie les formations sur mesure pour répondre aux besoins du territoire.

« Nos élèves sont quasi certains de trouver un emploi dès la fin de leurs études. » Au lycée Victor-Duruy de Bagnères-de-Bigorre, on cultive une particularité rare : celle d’un établissement qui adapte ses formations aux besoins de son territoire. Métiers de l’industrie, du sanitaire et social, de la sécurité… Le lycée propose, en plus d’un parcours général et technologique, des formations professionnelles de niche. Certaines directement créées à la demande de professionnels qui peinent à trouver de la main-d’œuvre qualifiée.

Car depuis 40 ans, le secteur industriel fait partie de l’ADN de Victor-Duruy. Du bac pro jusqu’au BTS, les élèves scolarisés en filière professionnelle apprennent l’électrotechnique, la maintenance ou la mécatronique. Des profils recherchés par les entreprises pour la maintenance et la réparation de leurs outils ou infrastructures. « Les professionnels viennent aussi nous voir pour concevoir des machines qui n’existent pas dans le catalogue de leurs fournisseurs », explique Didier Mola, directeur délégué aux formations professionnelles et technologiques.

Nexter, qui produit des munitions et des pièces pyrotechniques à Tarbes, a ainsi commandé une machine de découpe sur mesure au lycée. « Et depuis l’année dernière, nous travaillons avec les élèves sur un projet proposé par EDF, qui a besoin d’une machine capable de nettoyer automatiquement les vis des turbines des centrales hydroélectriques. Ces pièces pèsent plusieurs dizaines de kilos. C’est une tâche fastidieuse qui se fait à la main. Là, on va automatiser le process. »

Une coloration montagne

Chaque année, ces projets d’envergure donnent aux jeunes une expérience unique, et les partenaires affluent. À la demande des Domaines skiables de France, un bac pro « Transport par câble et remontées mécaniques » a été co-conçu par les enseignants de Victor-Duruy, ceux d’un lycée des Alpes, et les professionnels de la montagne. « Les stations de ski ont du mal à recruter des techniciens qualifiés. Elles ont demandé un diplôme spécifique au ministère de l’Éducation nationale », raconte Didier Mola. Trois ans ont été nécessaires pour rédiger le référentiel de cette formation dispensée dans ces deux lycées en France. « À la fin de l’année, la première promotion va sortir sur le marché du travail », se réjouit-il.

En attendant, les élèves s’entraînent sur trois remontées mécaniques fonctionnelles dans la cour du lycée. Travail en hauteur, pilotage de télésiège, sécurité : la formation colle aux besoins des stations de ski, mais pas que. « Le transport par câble se développe de plus en plus en France, comme à Toulouse. Avec cette formation, ils sont capables de piloter une télécabine comme celle du Pic du Midi. »

Le lycée anticipe aussi le développement du tourisme quatre saisons dans les Hautes-Pyrénées. « Cette année, on a démarré une certification de qualification professionnelle en maintenance de vélos et vélos par assistance électrique. Il va y avoir de plus en plus de parcs à vélos électriques, mais il va bien falloir des techniciens pour entretenir et réparer les batteries de ces vélos. »

Des salaires qui grimpent

Si Victor-Duruy multiplie les initiatives, c’est aussi parce que les métiers de l’industrie peinent à attirer les jeunes. « L’industrie a fortement repris, mais depuis trois ans, c’est la pénurie de main-d’œuvre », constate Didier Mola. « Des entreprises de Montauban, d’Albi m’appellent pour avoir des listings d’anciens élèves. C’est la première fois que je vois ça. »

Si un rebond des inscriptions en filière pro a été constaté cette année, Didier Mola regrette que les élèves boudent ces filières qui promettent pourtant de belles perspectives d’avenir. « On a gardé une image obsolète des métiers de l’industrie. En 10 ans, j’ai vu une réelle amélioration des conditions de travail. On ne porte plus de lourdes charges, il y a beaucoup d’assistance par machine, et les métiers sont accessibles aux hommes comme aux femmes. Et surtout les entreprises jouent vraiment le jeu pour recruter. »

Selon Didier Mola, les salaires proposés en début de carrière sont devenus attractifs. « Nous avons d’anciens élèves de BTS qui sont entrés à 2 500 euros chez leur employeur. Et chez RTE (partenaire du bac pro Maintenance des systèmes de production connectés), avec les primes, cela peut monter bien au-delà. »

Sans compter les perspectives d’évolution de carrières dans des métiers en constante évolution.



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