Mercredi 2 octobre, un nouveau lâcher de cinq bouquetins a eu lieu dans la vallée de Couplan, à proximité de la Réserve naturelle nationale du Néouvielle en vallée d’Aure. Ils s’appellent Chouquette, Comète, Moka, Arbizon et TotoJO.
Le retour du bouquetin ibérique au Parc national des Pyrénées marque l’une des plus grandes réussites en matière de réintroduction d’espèces sauvages en France. Tout commence le 10 juillet 2014, sur les hauteurs de Cauterets, l’émotion est palpable. Disparu depuis plus d’un siècle des Pyrénées françaises, le bouquetin fait son grand retour grâce à un premier lâcher. Le 2 octobre 2024, l’histoire se poursuit avec un vingt-deuxième lâcher dans un nouveau secteur, la vallée d’Aure, marquant ainsi le début de la célébration des dix ans de ce programme ambitieux.

Un projet de réintroduction d’envergure : Une aventure humaine et scientifique transfrontalière
Le programme de réintroduction du bouquetin ibérique, élaboré dans le cadre de la Stratégie nationale pour la biodiversité, n’a pas vu le jour sans obstacles. Après trente années d’études approfondies et de dialogue avec les partenaires, les premiers bouquetins, venus du Parc national de Sierra de Guadarrama en Espagne, sont relâchés en 2014. Ce sont 162 individus qui ont foulé les terres du Parc national des Pyrénées, répartis sur trois secteurs : Cauterets-Estaing, Gavarnie-Gèdre, et Accous dans la vallée d’Aspe. L’objectif à long terme est de reconnecter ces trois populations.
Les débuts de ce programme furent marqués par des défis importants. Les craintes du monde de la chasse en Espagne furent apaisées par le statut de protection accordé au bouquetin en France. De plus, des exigences sanitaires strictes ont été mises en place pour éviter l’introduction de maladies. Mais malgré ces difficultés, la persévérance et l’expertise des équipes ont permis d’assurer la réussite du programme.
Une population en croissance et en bonne santé
Dix ans après le premier lâcher, la population de bouquetins au sein du Parc national est estimée à plus de 400 individus répartis en trois zones principales : Cauterets avec 270 animaux, Gavarnie-Gèdre avec 80 individus, et Accous avec 60 bouquetins. Bien que des migrations de mâles aient été observées entre certaines vallées, il n’existe pas encore de connexions significatives entre les trois noyaux.
Sur le plan démographique, plus de 330 cabris sont nés entre 2015 et 2023, avec un taux de survie exceptionnel proche de 100 %. De plus, la santé générale des bouquetins est excellente. Les mesures de quarantaine et les contrôles vétérinaires rigoureux ont permis d’éviter toute introduction de pathologies. Les suivis réguliers, réalisés grâce à des colliers GPS et à des examens vétérinaires, confirment que la population est exempte de maladies graves.
Le 2 octobre 2024 : Un nouveau lâcher dans la Vallée d’Aure

Il y avait du monde afin d’assister au lâcher des bouquetins (Crédit photo E. Goutenegre – Parc national des Pyrénées).
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Afin de favoriser la colonisation du territoire, un nouveau lâcher de cinq bouquetins a eu lieu le 2 octobre 2024 dans la vallée de Couplan, à proximité de la Réserve naturelle nationale du Néouvielle. Cette étape pourrait à moyen terme permettre la fusion avec le noyau de Gavarnie-Gèdre. À plus long terme, une jonction avec les populations aranaise et ariégeoise est également envisagée.
Ce lâcher est le fruit de concertations menées avec les acteurs locaux, notamment les élus, les agriculteurs et les chasseurs. Les habitants de la vallée d’Aure, impatients, se sont préparés à accueillir ces bouquetins dont les noms, choisis par des écoles et des partenaires locaux, sont Chouquette, Comète, Moka, Arbizon et TotoJO.

Crédit photo Caroline Bapt – Parc national des Pyrénées.
Une diversité génétique limitée et des perspectives pour l’avenir
Cependant, un défi persiste : la faible diversité génétique des bouquetins, tous originaires de la Sierra de Guadarrama. Cette situation pourrait entraîner un affaiblissement de leur immunité naturelle. Pour contrer cela, des réintroductions de bouquetins issus d’autres régions espagnoles sont envisagées afin d’enrichir leur patrimoine génétique.
Dès le début du programme, le bouquetin ibérique a suscité l’intérêt du public. Son comportement placide et peu craintif en fait une espèce facilement observable, favorisant le développement d’un écotourisme axé sur son observation. De nombreuses animations et actions de sensibilisation sont organisées pour impliquer les populations locales et les visiteurs dans cette aventure de réintroduction.
Le grand public est régulièrement invité à participer activement à la réintroduction par des dons ou en proposant des noms pour les bouquetins. Grâce à l’application « Bouquetin Pyrénées », les randonneurs peuvent même transmettre leurs observations, contribuant ainsi au suivi des animaux dans le massif pyrénéen.
Pour fêter les dix ans de ce programme, le Parc national des Pyrénées organise de nombreux événements accessibles à tous. Des ciné-débats, des documentaires, et une grande opération de recherche, « Où est Lucky ? », rythmeront les prochains mois. Ces événements offriront au grand public l’occasion de découvrir les secrets du retour du bouquetin et d’aider les équipes du parc à localiser deux animaux disparus.
Le retour du bouquetin ibérique est une victoire pour la biodiversité, et cette décennie marque le début d’une nouvelle ère pour cette espèce dans les Pyrénées.
L’histoire du retour du Bouquetin ibérique dans le Parc national des Pyrénées est riche et complexe. Depuis le premier lâcher en 2014 jusqu’aux récents événements de 2024, ce programme est un modèle de réintroduction d’espèce dans un cadre transfrontalier. Voici quelques affirmations sur cette histoire. Saurez-vous deviner si elles sont vraies ou fausses ?
1. Le Bouquetin ibérique avait disparu du Parc national des Pyrénées il y a plus de 100 ans.
Vrai.
Le Bouquetin ibérique (Capra pyrenaica) avait complètement disparu des Pyrénées à cause de la chasse et de la pression humaine. Il a fallu attendre plus d’un siècle pour assister à son retour, en 2014, dans le cadre d’un programme de réintroduction.
2. Le premier lâcher de Bouquetins ibériques a eu lieu dans la vallée d’Aure en 2014.
Faux.
Le premier lâcher a eu lieu le 10 juillet 2014 sur les hauteurs de Cauterets, un site emblématique du Parc national des Pyrénées. La vallée d’Aure n’a accueilli de bouquetins que plus tard, en 2024, avec le 22e lâcher.
3. En 2023, plus de 330 cabris (petits des bouquetins) étaient nés, avec un taux de survie proche de 100 %.
Vrai.
Le programme de réintroduction a connu un grand succès avec la naissance de plus de 330 cabris entre 2015 et 2023, dont plusieurs gémellaires. Le taux de survie des cabris est effectivement proche de 100 %, un indicateur très positif pour la pérennité de la population.
4. Le programme de réintroduction du bouquetin a rencontré des réticences, principalement liées à la santé des animaux et aux inquiétudes des chasseurs.
Vrai.
Dès les débuts, des inquiétudes ont émergé, notamment du côté des chasseurs espagnols, mais aussi concernant les exigences sanitaires strictes pour éviter toute maladie. Le travail de concertation et d’expertise scientifique a été essentiel pour apaiser ces craintes et garantir le succès du programme.
5. Les animaux relâchés proviennent exclusivement du Parc national de Sierra Nevada en Espagne.
Faux.
Les Bouquetins ibériques relâchés dans le Parc national des Pyrénées proviennent du Parc national de la Sierra de Guadarrama, situé près de Madrid, et non de la Sierra Nevada.
6. En 2024, cinq bouquetins supplémentaires ont été relâchés dans la vallée d’Aure.
Vrai.
Le 2 octobre 2024, cinq bouquetins en provenance de la Sierra de Guadarrama ont été relâchés dans la vallée de Couplan, dans le cadre du 22e lâcher. Cela vise à étendre leur territoire et encourager une connexion avec les autres noyaux de population.
7. La diversité génétique des bouquetins présents dans le Parc national est suffisante pour garantir leur adaptation aux changements environnementaux.
Faux.
Malgré les efforts de réintroduction, les bouquetins relâchés proviennent tous d’une même région (la Sierra de Guadarrama), ce qui limite la diversité génétique. Cela pourrait les rendre vulnérables aux maladies ou aux changements climatiques. Des réintroductions en provenance d’autres régions d’Espagne sont envisagées pour améliorer cette diversité.
8. Le grand public a immédiatement adopté le Bouquetin ibérique et participe activement à son suivi.
Vrai.
Le Bouquetin ibérique, peu craintif, est devenu une attraction pour les visiteurs. Le public peut même participer au programme via des parrainages ou en utilisant l’application « Bouquetin Pyrénées » pour signaler leurs observations sur le terrain.
9. La population actuelle de bouquetins dans le Parc national des Pyrénées est estimée à environ 600 individus.
Faux.
Dix ans après le début du programme, la population est estimée à plus de 400 individus répartis en trois zones principales : Cauterets, Gavarnie-Gèdre, et Accous.
10. Un programme éducatif autour du Bouquetin ibérique a permis de sensibiliser plus de 1 300 enfants des Pyrénées.
Vrai.
Le Parc national des Pyrénées, en collaboration avec les écoles locales, a mis en place un vaste programme pédagogique. Plus de 1 300 enfants ont été sensibilisés à la biodiversité et à la réintroduction du bouquetin à travers des ateliers et des projets éducatifs.
Opération de recherche : « Où est Lucky ? » samedi 1 9 octobre 2024
Où sont passés Lucky et Chipie, deux bouquetins dont on a perdu la trace ? A l’occasion du dixième anniversaire du programme de réintroduction du Bouquetin ibérique au Parc natioanl des Pyrénées, samedi 19 octobre 2024, le temps d’une journée, aidez les agents du Parc national à les localiser.
Si vous êtes randonneur : mettez-vous dans la peau d’un agent du Parc national et accompagnez les lors d’une sortie de suivi des bouquetins sur le terrain. A cette époque, ils sont haut en altitude mais si la chance est avec vous, vous pourrez peut-être les apercevoir et tenter de retrouver Lucky (en Bigorre) ou Chipie (en Béarn).
Attention, une bonne condition physique est exigée. L’inscription obligatoire se fait auprès des maisons de Parc national.
Un pique-nique, des chaussures et une tenue adaptées à la marche sont à prévoir ainsi que des jumelles si vous en avez.
Une fois équipé et fin prêt, différents circuits s’offrent à vous :

Selon les conditions météo, les sorties sont susceptibles d’être annulées. Les participants seront prévenus quelques jours avant.
Pour les familles et non-marcheurs : vivez l’opération de suivi des bouquetins en participant aux le même jour à des ateliers ludiques, gratuits, animés par les agents du Parc national :
14h00-17h00 : Maison du Parc national d’Etsaut
14h00 et 16h00 : Maison du Parc national de Laruns
16h00-18h00 : Maison du Val d’Azun et du Parc national d’Arrens-Marsous
9h00-12h30 et 14h00-17h00 : Maison du Parc national et de la vallée de Cauterets
14h00-17h00 : Maison du Parc national et de la vallée de Luz Saint-Sauveur
14h00-17h00 : Maison du Parc national de Saint-Lary
La fin de journée permettra à tous de se retrouver dans les Maisons du Parc national et de partager la présentation des observations réalisées sur le terrain et un verre de l’amitié.


