Au fond du Salut, dans la prairie, la 12e résidence photographique de territoire, initiée par l’association Traverse, s’expose en 23 panneaux photographiques.
Au terme de deux mois de résidence, Alice Delangue a installé ses images, sa vision de la fête dans le Haut-Adour, non pas le long des berges du ruisseau, comme les précédents photographes l’ont fait, mais dans le pré, tout en haut du vallon, en face du bâtiment des anciens thermes, désormais musée du marbre. Le souhait était pour Alice de « présenter son travail dans un espace plus resserré ».
C’est à partir du fonds Alix que l’idée de la fête a germé, et plus précisément, « la fête des fleurs qui fédère et qui élargit à d’autres domaines ». Une fête qui, comme dans d’autres stations thermales, a connu un vif succès avant de s’endormir pendant plusieurs dizaines d’années. En exhumant le cavalier prêté, c’est une forme de nostalgie qui a porté la réflexion de la jeune photographe dans sa démarche de création.
Les à-côtés de la fête l’ont aussi inspirée, allant d’une salle des fêtes à l’autre dans différents villages du Haut-Adour. Des espaces vides de public, mais empreints de la présence des habitants et de leurs pratiques culturelles et sportives, comme une évocation d’années de fêtes et de rencontres. C’est à une exploration d’un monde en milieu rural qu’elle nous convie, où ses rencontres avec les anciens et les jeunes ont nourri sa créativité et, désormais, l’imaginaire des visiteurs. Elle nous invite à regarder nos lieux de vie.
« Une fête monstre »
« Durant deux mois, j’ai traversé le territoire de la Haute-Bigorre et ses alentours, en cherchant à questionner notre rapport à la fête et aux rites festifs vernaculaires. J’ai voulu comprendre les raisons de la nostalgie qui les entourent et parfois de leur oubli. J’ai aussi cherché du côté d’autres formes festives costumées, traditionnelles, institutionnelles ou sauvages.
À l’image des pratiques occitanes du carnaval, certaines figures survivent au temps et continuent d’habiter nos fêtes. Elles y demeurent comme des présences doubles : à la fois expiatoires et sentinelles d’une société qui se regarde danser pour mieux se reconnaître. »
Un parcours dans l’histoire des fêtes de villages
De ces fêtes, il reste des souvenirs que les anciens ont bien voulu conter à Alice lors des rencontres en Ehpad, comme les thés dansants au Casino. Ce sont les jeunes qui l’ont conduite vers une autre approche de leur idée de la fête, entre les différentes générations : ceux de l’IME de Campan, de l’école de Pouzac ou de la Mission locale, qui ont présenté leur propre exposition.
Les images d’Alice sont comme un album de photos que l’on feuillette et elles sont belles de toutes les suggestions que notre imaginaire porte.
Certains reconnaîtront des lieux, d’autres s’y reconnaîtront, d’autres encore, visiteurs venus d’ailleurs, découvriront un territoire qu’ils pourront sans doute rapprocher du leur.


