Pyrénées – La Chambre d’agriculture alerte sur l’avenir de l’abattoir de Tarbes

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Réunie en session jeudi 25 septembre 2025, la Chambre d’agriculture des Hautes-Pyrénées a abordé plusieurs sujets stratégiques. Son président, Christian Fourcade, a tenu à attirer l’attention sur la situation économique et technique de l’abattoir de Tarbes, un outil jugé indispensable au territoire.

L’abattoir de Tarbes (Hautes-Pyrénées) est aujourd’hui géré par la SICA Pyrénéenne, la filière du Porc Noir de Bigorre, la Coopérative des Gaves et l’Association Départementale des Éleveurs (ELVEA). Malgré une gestion jugée « en bon père de famille », l’équilibre économique de la structure reste précaire.

Un outil départemental essentiel mais fragile

Son fonctionnement exige un volume annuel de 6 000 tonnes, seuil difficile à atteindre de manière stable. Après cinq années d’exploitation sous forme de SAS, une réflexion est engagée pour transformer la structure en SCIC (société coopérative d’intérêt collectif). Cette évolution permettrait d’élargir la gouvernance à d’autres acteurs du territoire, notamment les collectivités, et de renforcer la dimension territoriale de l’outil.

« Il est important que les pouvoirs publics soient conscients des difficultés et de l’enjeu que représente cet abattoir pour l’ensemble de nos filières départementales », insiste Christian Fourcade.

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Des coûts de fonctionnement sous pression

Parmi les principaux obstacles relevés figure le coût du traitement de l’eau. Selon le président de la Chambre d’agriculture, le contrat en vigueur avec le service de l’eau de l’agglomération tarbaise impose un tarif très élevé : 12 € le mètre cube rejeté, contre 4 € en moyenne ailleurs, notamment à l’abattoir de Saint-Gaudens.

Cette situation représente une charge de près de 300 000 € par an pour l’abattoir, alors même que les analyses montrent une bonne qualité des rejets. Une étude est en cours pour moderniser la station d’épuration interne et tenter de réduire ces coûts.

« Ce contrat, signé sans réelle possibilité de négociation à l’époque, est aujourd’hui un fardeau. Nous demandons qu’il puisse être réexaminé », explique Christian Fourcade, soulignant que ce surcoût fragilise la compétitivité de l’outil par rapport à d’autres structures voisines.

Investir pour l’avenir et éviter l’impasse

Malgré ces difficultés, la SAS gestionnaire a déjà investi régulièrement dans la modernisation de l’abattoir. Des équipements photovoltaïques ont permis de limiter certaines charges énergétiques, mais d’autres postes, comme le gaz ou l’eau, restent lourds.

Pour le président de la Chambre, la vigilance s’impose : « L’abattoir de Tarbes a démontré qu’il pouvait fonctionner sans aide directe des collectivités. Mais l’outil vieillit, et il serait dommage d’attendre que la situation se dégrade pour agir. C’est un maillon essentiel de nos filières de qualité. »

Un réseau d’abattoirs à consolider

La réflexion dépasse le seul site de Tarbes. L’abattoir de Bagnères-de-Bigorre fait actuellement l’objet d’un projet de relance, notamment pour une chaîne ovine. La Chambre d’agriculture y contribue, mais insiste : une filière ovine départementale doit impérativement disposer d’un outil d’abattage local, faute de quoi les éleveurs se retrouvent contraints de recourir à des sites extérieurs, comme Saint-Gaudens ou Boulogne.

« Nous avons besoin d’abattoirs performants, adaptés aux volumes, car nos filières de qualité en dépendent. C’est un sujet partout en France, et les Hautes-Pyrénées ne font pas exception. »

Un appel à la responsabilité collective

Pour Christian Fourcade, la clé réside dans une gouvernance plus ouverte, grâce au passage en SCIC, et dans un engagement plus marqué des collectivités. « L’abattoir de Tarbes est le tracteur de l’abattage départemental. Il ne faut pas laisser courir les risques trop longtemps. »

À l’heure où les pouvoirs publics investissent de moins en moins directement dans ce type d’outil, le modèle économique doit reposer sur des volumes suffisants et sur une gestion optimisée. Mais pour le président de la Chambre, il est urgent que tous les acteurs locaux se mobilisent afin d’assurer la pérennité d’un service jugé vital pour les éleveurs et les filières du département.



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