« Cette visibilité est importante, pas pour se montrer mais pour faire accepter une réalité » : la Marche des fiertés veut mobiliser entre fête et revendications

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La Marche des fiertés de Tarbes revient pour sa quatrième édition samedi, soutenue par la mairie et Fiertés 65. Entre appel à la tolérance et lutte contre les trop nombreuses violences homophobes recensées, la visibilité devient un acte vital. Tout ce qu’il faut savoir.

C’est main dans la main que la municipalité de Tarbes et l’association Fiertés 65 ont présenté la Marche des fiertés, qui, pour sa quatrième édition, se tiendra le samedi 30 mai et s’élancera symboliquement à 16 heures de la place de l’hôtel de ville où se tiendra un village avec différents stands toute l’après-midi. « Autour du maire, toute l’équipe municipale a tenu à s’engager pour la lutte contre toutes les discriminations et notamment celles qui touchent à l’orientation affective ou sexuelle et à l’identité de genre, précise Laure Bertrand, adjointe, entre autres, à la culture et à la condition des femmes. Ces personnes vivent ces moqueries, ces insultes, ces mises à l’écart, cette invisibilisation, que ce soit au travail, au sport, dans les espaces publics… Or, chaque habitant de Tarbes doit pouvoir vivre en tranquillité dans le respect de sa dignité. Les valeurs républicaines en sont l’assurance. »

Pesant regard des autres

Quelques jours après la Journée internationale de lutte contre les discriminations des personnes LGBTQIA+, si la mairie de Tarbes s’engage dans cette démarche de sensibilisation au travers de cette marche festive et vindicative, se pose aussi la question des discriminations dans la ruralité « où le regard des autres pèse plus encore. Pour nous, cet appel à la tolérance est important », reprend l’adjointe.

Porte-voix de l’association Fiertés 65, Saïd Kouch a remercié la mairie pour son soutien, rappelant les 4 800 infractions ou violences homo ou transphobes enregistrées en 2025 en France. « Ces chiffres sont sous-estimés. Cette marche, ce n’est pas qu’une fête. Elle est née d’une révolte, d’un refus de la honte et du silence. Nos droits ne nous ont jamais été offerts et la lutte reste nécessaire. En milieu rural, la peur peut virer à l’isolement, sans lieu ressource. On a l’impression d’être la seule personne queer du coin. Alors qu’il y en a partout, que les queer aiment et grandissent ici, qu’ils font vivre ce territoire. »

« À chaque rendez-vous on a peur que ce soit un piège »

Et de poursuivre : « Cette visibilité sauve des vies. En ça, le message envoyé par la municipalité est fort : vous avez votre place ici. Il faut continuer à sensibiliser, à former, à écouter et à accompagner. On ne demande pas de privilège mais juste le droit de vivre sans peur, alors que le climat de haine est de plus en plus pesant. » « Dès qu’on a un rendez-vous, on a peur que ce soit un piège, avoue une jeune femme. Il y a des moqueries aussi dans les établissements scolaires. » « Et puis dans les familles, ce n’est pas toujours facile, l’acceptation, jusqu’à ce que ça devienne une réalité, poursuit un membre du collectif. C’est pour ça que cette visibilité est importante, pas pour se montrer mais pour faire accepter cette réalité. »

Les organisateurs ambitionnent jusqu’à 500 participants pour cette Marche des fiertés qui n’a cessé d’avancer au fur et à mesure des éditions. « Avec des gens qu’on ne connaissait pas. C’est le but, c’est un mouvement ouvert à tous, dans le respect et sans haine. » Rendez-vous samedi 30 mai, place de l’hôtel de ville à Tarbes.



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