Après avoir volé plusieurs bombes de peinture dans un magasin de Vic-en-Bigorre, un homme de 31 ans a menacé au couteau un employé qui tentait de l’intercepter avant de revenir sur les lieux quelques heures plus tard pour « régler ses comptes ». Jugé le 11 juin devant le tribunal correctionnel de Tarbes pour violences avec arme, vol et dégradations, il a reconnu les faits et expliqué qu’il était dans « une mauvaise passe ».
Un Tarbais de 31 ans a comparu devant le tribunal correctionnel de Tarbes pour des faits de violences avec arme, vol et dégradations, commis à Vic-en-Bigorre en février 2025. Un dossier marqué par l’alcool, des troubles psychiatriques et un parcours de vie chaotique.
Originaire de Vic-en-Bigorre, cet ancien chasseur alpin dans la trentaine a dû mettre un terme à sa carrière militaire après une grave blessure à la jambe. S’il a entrepris des études de lettres et d’arts antiques à la Sorbonne, sans les mener à leur terme, il a ensuite créé une entreprise de conception de figurines.
À la barre, son parcours personnel a longuement été évoqué. Diagnostiqué récemment comme souffrant d’un trouble du déficit de l’attention avec hyperactivité (TDAH) et d’un trouble borderline, il a également été confronté à plusieurs drames successifs. Notamment le décès de son meilleur ami dans un accident de la route et plusieurs disparitions dans son entourage familial. Des événements qui ont provoqué des crises de panique et une dégradation de son état psychologique selon le corps médical.
Un employé menacé de mort
Le jour des faits, la gendarmerie est alertée pour un vol au magasin Centrakor de Vic-en-Bigorre. Un employé surprend un client en train de dérober des bombes de peinture et tente de le retenir. La réaction est immédiate. L’homme sort un couteau et menace l’employé de lui « couper la gorge ». Les gendarmes sont avisés et repèrent peu après un individu correspondant au signalement.
Lors du contrôle, ils découvrent sur lui une bombe lacrymogène ainsi qu’un couteau pliant. L’homme dégage une forte odeur d’alcool et tient des propos incohérents. À son domicile, plusieurs bombes de peinture sont retrouvées. Les militaires lui indiquent qu’il sera convoqué ultérieurement à la brigade.
Mais les gendarmes craignent un retour de l’intéressé sur les lieux. Postés en surveillance aux abords du magasin peu avant la fermeture, ils voient effectivement revenir le suspect. Lors de la fouille, un nouveau couteau est découvert sur lui.
Il explique alors avoir rendez-vous avec l’employé pour « régler ses comptes ». Cette fois, il est placé en garde à vue.
« J’aurais dû lui mettre un coup de couteau »
Face aux enquêteurs, et au tribunal, le prévenu a reconnu avoir énormément bu ce jour-là. Selon ses déclarations, il aurait consommé près de deux litres de vodka. La présidente a rappelé qu’en garde à vue, l’homme avait tenu des propos particulièrement inquiétants : « J’aurais dû lui mettre un coup de couteau, j’aurais dû le crever ». Les vidéos de surveillance du magasin ont confirmé qu’il a bien sorti un couteau face à l’employé qui l’avait surpris en train de voler.
« L’enquête a révélé également que, le même jour, vous avez tagué plusieurs inscriptions sur la porte d’une habitation ainsi que sur les murs de l’Ehpad de Vic-en-Bigorre avec les peintures dérobées », a ajouté la juge. « Des voisins, témoins de la scène, avaient alors alerté les gendarmes. »
Une mauvaise passe
À l’audience, le prévenu a assuré avoir entrepris des démarches de soins et réduit sa consommation d’alcool. « C’était une mauvaise passe, j’étais pas bien du tout », a-t-il déclaré à la barre.
« On sait bien qu’il n’y a pas besoin de toucher la personne pour que les violences soient établies. Le simple fait de lui faire peur avec une arme constitue ces violences », a argumenté le procureur, qui a requis huit mois d’emprisonnement ferme aménagés sous bracelet électronique.
L’avocate du prévenu, Me Sonia Bernès-Cabanne, a décrit un homme en grande souffrance psychologique. « Dans une sorte de frénésie, il a commis tous ces faits qu’il reconnaît aujourd’hui », a-t-elle soutenu.
Après en avoir délibéré, le tribunal a condamné le prévenu à six mois d’emprisonnement assortis d’un sursis probatoire de deux ans, avec obligation de soins et de travail. Il a interdiction de s’approcher de l’employé qu’il a agressé.


