Les élus de la commune d’Argelès-Gazost dénoncent la fermeture à venir de la dernière pharmacie de centre-ville. Ils ont décidé de lancer une pétition.
La municipalité d’Argelès-Gazost se mobilise face à une nouvelle qui bouleverse la vie du centre-ville : la fermeture programmée de sa dernière pharmacie. Cette décision fait suite au feu vert donné récemment par l’Agence Régionale de Santé (ARS) pour un regroupement de pharmacies sur la commune, conduisant à la disparition de la pharmacie du centre-ville.
Une situation alarmante pour les habitants
Avec cette fermeture prévue en février 2025, la seule pharmacie restante sur la commune se trouvera à la périphérie, dans une zone mal desservie, compliquant l’accès, notamment pour les personnes âgées ou les familles sans véhicule. La municipalité alerte sur les conditions de desserte largement insuffisantes et les conséquences directes pour les habitants.
Un modèle de regroupement inadapté aux communes touristiques
La maire et son équipe dénoncent fermement le modèle réglementaire utilisé par l’ARS pour évaluer les demandes de regroupement de pharmacies. Ce modèle repose uniquement sur les données démographiques des résidents permanents et ne prend pas en compte les spécificités des communes touristiques. Or, Argelès-Gazost voit sa population augmenter de façon exponentielle pendant la haute saison, avec jusqu’à 10 000 personnes supplémentaires chaque jour. Ni cette affluence touristique, ni la population des villages voisins et de la zone de chalandise ne sont pris en considération dans les calculs de l’ARS.
La dérive vers la financiarisation au détriment du service de proximité
La municipalité s’inquiète également d’une tendance inquiétante à la « financiarisation » des officines de pharmacie, où l’argument économique prime sur les besoins sociaux et de santé. La seule justification avancée par la SELAS PHARMACIE DES PYRÉNÉES, promotrice du regroupement, est une recherche accrue de rentabilité. « On parle de pharmacie, de santé de proximité, de lien social et de solidarité, mais on nous répond par une fermeture brutale, sans concertation préalable ni recherche de solutions partagées, » déplore les élus.
La pharmacie concernée est située à proximité immédiate de la Maison de Santé construite par la ville, un projet représentant plus de 2,5 millions d’euros d’investissement public. Sa fermeture viendrait compromettre la cohérence de ce dispositif de soins de proximité. Pour la municipalité, il est essentiel de préserver ce maillage territorial des pharmacies, indispensable au maintien d’un accès aux soins égalitaire sur tout le territoire.
Un appel à la mobilisation citoyenne
Face à cette situation, Mme le Maire et son équipe municipale appellent à une mobilisation générale pour dire « NON » à cette fermeture. Une pétition a été lancée et est disponible dans les commerces du centre-ville ainsi qu’à la mairie. Les résidents, commerçants et même les touristes sont invités à signer cette pétition pour dénoncer cette décision. Une adresse mail dédiée (contact@mairie-argeles-gazost.com) a également été mise en place pour recueillir les avis et témoignages des citoyens.
Des chiffres préoccupants au niveau national
Le cas d’Argelès-Gazost s’inscrit dans une tendance nationale alarmante. En 2023, 276 pharmacies ont définitivement fermé leurs portes en France, soit une moyenne de 25 fermetures chaque mois. La municipalité d’Argelès-Gazost tient à rappeler que la fermeture de sa dernière pharmacie de centre-ville serait un coup dur pour la santé publique locale et pour la vitalité même du centre-ville. « Nous devons trouver d’autres alternatives, » insiste la municipalité.
En attendant, la mobilisation est en marche. L’équipe municipale espère que cette pétition saura réveiller les consciences et infléchir la décision des autorités sanitaires.




