Retrouvez La Haute-Bigorre autrefois, la chronique hebdomadaire de Christophe Cathelain, où l’histoire locale renaît à travers les photos anciennes.
En 1926, le Belge Lucien Buysse réalisait une traversée des Pyrénées dantesque pour s’offrir son premier Tour de France. Avant l’étape reine entre Bayonne et Luchon, le coureur était pourtant relégué à 22 minutes du leader. Le départ fut donné à 2 heures du matin dans un brouillard épais et sous une pluie fine. Mais au pied du Tourmalet, les conditions virèrent à l’enfer : le déluge devint glacial. Comme l’illustre le cliché, les coureurs affrontaient des pistes transformées en bourbiers impraticables. Ce fut une journée épouvantable, une des plus dures de l’histoire du Tour. Tétanisés par le froid, certains coureurs devaient uriner sur leurs mains pour dégeler leurs doigts, tandis que la boue bloquait les roues libres. Après un effort surhumain de plus de 17 heures, Buysse bascula en tête, s’emparant du maillot jaune avec 36 minutes d’avance. Preuve de l’héroïsme de cette édition, le dernier de l’étape, Besnier, coupa la ligne après 22 heures et 47 minutes de calvaire.


