Lors du dernier conseil municipal de Bagnères-de-Bigorre, l’adhésion des Grands Thermes à l’association des stations thermales des Hautes-Pyrénées a fait débat. Ce n’était pas le cas du rapport du délégataire du casino, incontesté.
Deux acteurs économiques de la ville de Bagnères-de-Bigorre, avec une gestion confiée à des prestataires via une délégation de service public (DSP), les Grands Thermes et le casino se sont invités au dernier conseil municipal. Si les deux structures affichent une bonne santé, l’adhésion des thermes à l’association des stations thermales des Hautes-Pyrénées n’a pas fait l’unanimité des élus.
Ensemble mais autonomes
« L’association a été poussée par le député de la vallée des Gaves. Le but est de mettre en commun les sept stations thermales sous une marque ombrelle. L’association est déjà en place et nous en sommes locomotives. C’est important d’y être pour observer ce qui se passe », a résumé la maire de Bagnères, Nicole Darrieutort. Une initiative qui, rappelons-le, intervient dans un contexte de fragilité nationale marqué par la menace de déremboursement des cures thermales brandie en début d’année (et finalement abandonnée) et une baisse de fréquentation qui en découle, conjuguée à d’autres facteurs dont l’envolée du prix des carburants. Sans oublier la concurrence.
« Les directeurs d’établissement se sont déjà mis ensemble pendant le Covid, ils ont travaillé ensemble et pourquoi ne pas le reproduire pour être unis, notamment face à Luchon et à Salies-de-Béarn. Pour lutter contre la concurrence, il vaut mieux être unis mais il n’y aura aucune mutualisation des fonctions supports », a précisé la première magistrate.
Pas de quoi rassurer l’élu d’opposition Sébastien Lacrampe. « Il vaut mieux se tenir loin de tout ça. Nous avons les meilleurs résultats et si c’est pour aller chercher un plus, oui, mais là, c’est aller chercher moins. Les autres ont des problèmes sanitaires et viennent chercher la sécurité chez nous. Si le ciel venait s’assombrir à nouveau, en plus de nos problèmes, il faudra aussi gérer ceux des autres », s’est inquiété l’élu.
« Chaque station reste autonome dans sa gestion, il s’agit surtout de communiquer ensemble sur l’eau thermale et le thermalisme médical. Le but n’est pas de combler le déficit des autres « , a argumenté Nicole Darrieutort. En vain. « C’est comme en amour, il faut des preuves. Quand on a eu des problèmes avec l’abattoir, on a trouvé porte close dans la vallée voisine », a pointé Sébastien Lacrampe. « On n’est pas dupes », a clos le débat la maire. L’adhésion a été votée avec cinq abstentions venues des rangs de l’opposition.
La belle contribution du casino à la ville et aux associations locales
Pas de vote pour le rapport du délégataire du casino mais une simple présentation, faite par Aurélien Cartade et il en ressort que le casino, comme les Grands Thermes d’ailleurs, est sur une dynamique supérieure à la tendance nationale, et ce malgré un déficit de 57 000 €, contre un excédent de 115 000 € l’année précédente. Ce qui n’empêche pas le casino de verser une contribution de plus de 317 000 € à la commune, à laquelle s’ajoute la part de l’État pour un total de 438 000 € dans les caisses municipales.
« Le casino contribue également à l’animation de la ville à hauteur de 119 000 €, sans compter les partenariats avec les associations locales pour 52 000 € », a ajouté l’adjoint au maire. Alors que la DSP actuelle arrive à son terme en fin d’année, il conviendra de décider de la suite mais fort de ses résultats (+5 % de produit brut, hausse de la fréquentation avec 61 000 entrées sur l’année et un personnel fidèle fort de 28 salariés recrutés majoritairement localement), le groupe Tranchant s’est d’ores et déjà engagé à poursuivre la modernisation de la structure, son exigence en matière de qualité et les animations.
Un rapport incontesté dont le conseil municipal a pris acte.


