Une dispute dans un appartement de l’association Albert Peyriguère à Lourdes a failli dégénérer en drame. Laurent, en état d’ivresse, a agressé ses colocataires et une passante. Il écope de 9 mois de prison, dont 7 avec sursis.
Ce 1er septembre 2025 dans un appartement de l’association Albert Peyriguère à Lourdes, une violente dispute aurait pu tourner au drame. Laurent (le prénom a été changé par souci d’anonymat) qui comparaît sous écrou devant le tribunal correctionnel, n’a pas supporté qu’un représentant de l’association le menace d’expulsion, ainsi qu’aux deux colocataires avec lesquels il partageait le logement.
En état d’ivresse, leur reprochant leur hygiène douteuse, il a inondé l’appartement.
Selon l’une des deux victimes avec lesquelles il partageait l’appartement, il l’aurait mordu au bras gauche, aurait essayé de l’attraper au cou et aurait fini par faire fuir son colocataire, en le menaçant d’un couteau.
Le même jour, il aurait même donné une gifle à une dame dans la rue qu’il suspectait à tort d’avoir blessé un chat !
Une longue descente aux enfers
En l’absence de ses colocataires, il aurait « tout cassé ». Et il les aurait empêchés de rentrer dans l’appartement. Celui qui déclare avoir subi « des faits de maltraitance durant l’enfance » a vécu une longue descente aux enfers.
« Sans emploi et sans activité depuis 2012 », il a consommé avec excès du cannabis et de l’alcool de 16 à 25 ans avant de commettre des violences sur sa mère suite à une dispute, puis de se retrouver dans la rue et de faire plusieurs tentatives de suicide.
Sa première peine de prison qu’il purge depuis deux mois, « a été un électrochoc » pour lui. « Pourtant, quand je me suis retrouvé à la rue, je me suis dit que je ne pouvais pas tomber plus bas » déclare Laurent, avec un Français parfait et des mots très choisis qui contraste avec le langage peu soutenu de certains prévenus.
L’expertise psychiatrique fait état « d’une dangerosité criminologique, mais pas psychiatrique » et le psychologue « dit que le prévenu se sent très vite persécuté ».
« J’étais en colère par rapport à ma situation et j’avais de mauvaises fréquentations. Il y a beaucoup de déception et de honte par rapport à moi » se justifie le jeune homme qui exprime « ses regrets » aux victimes.
« Nous avons affaire à quelqu’un d’éternellement violent » déplore l’avocat des victimes qui demande une sanction lourde et une expertise médicale pour ses clients.
Pour la défense, Sonia Bernes-Cabanne qui plaide « l’incompatibilité culturelle, de modes de vie et de personnalités » entre son client et ses deux jeunes Soudanais, fait un vœu au tribunal.
« Ces deux mois de prison déjà accomplis par mon client peuvent être mis à profit pour vous demander de ne pas aller au-delà des réquisitions du procureur » qui correspondent exactement à la décision du tribunal : 9 mois d’emprisonnement dont 7 mois avec sursis probatoire de 18 mois, obligations de soins et de travailler et 400 € de préjudice moral pour chacune des victimes. Laurent est libérable après son jugement.


