Le conseil municipal a ravivé les tensions autour du règlement intérieur. L’article limitant les prises de parole a cristallisé l’opposition, tandis que la capacité d’autofinancement a poussé Philippe Subercazes à quitter la salle.
La séance du conseil municipal s’est déroulée à l’Espace Robert-Hossein en raison de la canicule, mais elle n’en a pas été moins chaude pour autant.
C’est d’abord l’article 24 du règlement intérieur du conseil, adopté en séance, qui a lancé les débats entre le maire et l’opposition, ou plutôt avec Philippe Subercazes, seul élu à prendre la parole pour s’opposer au vote de cette délibération.
« Cette disposition peut paraître anodine, mais l’article 24 prévoit que nul ne parle plus de deux fois, à moins que le président de séance ne l’y autorise. Ainsi, un conseiller municipal pourrait poser une question, réagir à la réponse, puis ne plus pouvoir reprendre la parole si un élément nouveau apparaissait dans le débat. Entre organiser les débats et limiter l’expression, il existe une différence importante », a martelé le conseiller municipal.
Dominique Arramond, rapporteur de la délibération, lui a répondu : « Ce que j’aimerais signaler, c’est qu’avant les conseils municipaux, il y a des commissions qui traitent de toutes les questions, où il y a également un débat, et il serait bien d’y participer. »
Thierry Lavit, le maire, a ensuite repris la parole et s’est adressé à son opposant : « Lors des moments les plus importants du conseil municipal que sont le DOB et le budget, on ne peut pas dire que vous soyez de bons élèves. Vous n’êtes pas là lors de ces grands rendez-vous et, aujourd’hui, vous demandez un temps de parole supplémentaire. »
Retour sur la campagne électorale
C’est ensuite sur le sujet du compte administratif que le mercure est encore monté d’un cran. Le maire avait alors laissé la présidence de séance à Stéphane Peyras, son premier adjoint, comme le prévoit la loi.
La capacité d’autofinancement (CAF), qui avait été un enjeu majeur de la dernière campagne municipale, a de nouveau refait surface.
« Lors de la campagne municipale, des données gravées noir sur blanc figuraient dans votre profession de foi officielle. À ce moment-là, les comptes administratifs n’étaient pas encore validés. La vérité comptable se valide ce soir, ce 23 juin 2026. Quelle est cette pratique qui a conduit à utiliser des chiffres non validés auxquels vous aviez seuls accès ? », a interrogé Philippe Subercazes.
Il a également fustigé la séparation physique des élus de l’opposition au sein de la salle.
Une opposition fissurée ?
Patrick Lefort, adjoint au maire chargé des finances, a souhaité préciser les chiffres : « Je peux apporter un mot sur toute cette logorrhée. Nous avons un document estampillé de la DGFIP sur lequel figurent plusieurs commentaires : le montant de la CAF pour l’ensemble de la période 2022-2025 reflète une progression régulière et favorable. Cependant, le taux de CAF brute 2025, au regard du montant des produits, reste encore assez faible et insuffisant, à 8 %. Vous parliez des seuils d’alerte situés à 6 ou 7 %. La CAF nette, après remboursement annuel de la dette, est en baisse avant retraitement et redevient négative à hauteur de 91 486 euros. Un retraitement de cette valeur, purement comptable, consiste à exclure du capital remboursé les emprunts gérés pour le compte de la CATLP. On obtient alors une CAF nette retraitée de 229 934 euros, positive pour la deuxième année consécutive. »
Une réponse qui n’a pas satisfait le conseiller municipal, lequel souhaitait poursuivre son argumentation mais a été freiné dans son élan par Stéphane Peyras.
Promettant de saisir le tribunal administratif pour contester cette restriction de parole, Philippe Subercazes a quitté la salle. Les autres élus de l’opposition, Marie-Aimée Buffet et Bertrand Bilger, ont pour leur part choisi de rester siéger jusqu’à la fin de la séance.


