De l’hydrogène naturel, « nouveau pétrole » près de Toulouse ? Une société demande l’autorisation de forer

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Une consultation publique s’est ouverte le 28 août, et s’achèvera le 29 septembre 2025 autour du « Permis de Comminges », un vaste projet de recherche d’hydrogène et d’hélium. Pas moins de 110 communes sont concernées, en Haute-Garonne et dans les Hautes-Pyrénées.

Et si l’avenir énergétique de la France se jouait dans les sous-sols du Comminges, près de Toulouse, et des Hautes-Pyrénées ? Depuis quelques jours, une consultation publique est lancée, sur le site du ministère de l’Economie.

L’enjeu est de sonder, sur une période de cinq ans, les profondeurs d’une bande de 758 km² à cheval sur la Haute-Garonne et les Hautes-Pyrénées, à la recherche d’hydrogène blanc et d’hélium. Deux gaz aux propriétés stratégiques, capables, selon leurs partisans, d’accélérer la transition énergétique et de réduire la dépendance aux énergies fossiles.

Premières études sismiques et éventuels forages de prospection

Le périmètre couvre 110 communes des départements de la Haute-Garonne et des Hautes-Pyrénées. Parmi elles, côté Haute-Garonne : Saint-Gaudens, Montmaurin, Cuguron, Clarac, Villeneuve-de-Rivière ou encore Montespan. Dans les Hautes-Pyrénées, Lannemezan, Capvern, Galan, Tournay ou Saint-Laurent-de-Neste.

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« Nous sollicitons ce permis exclusif de recherche pour cinq ans, au cours desquels nous souhaitons déployer un programme technique ambitieux et réaliste », explique Emmanuel Masini, géologue et président de G & OL. L’exploration devrait avant tout consister à la réalisation d’études sismiques pour sonder le sous-sol. Des forages de prospection devraient ensuite intervenir au bout de deux à trois ans

Une ressource stratégique pour le climat

L’hydrogène naturel, encore appelé hydrogène blanc, se distingue de l’hydrogène industriel actuellement consommé dans le monde. Il est produit naturellement par la Terre, son usage est zéro carbone, et il pourrait être abondant.

« C’est en se basant sur une dynamique industrielle existante et en utilisant les acquis de l’industrie pétrolière que nous souhaitons participer à l’avenir de ce territoire », précise Emmanuel Masini, qui promet une stratégie « concertée et ancrée dans le territoire du Comminges et de Bigorre ».

Un dossier sous surveillance

Le dossier remis aux services de l’État compte trois tomes : une partie administrative, un mémoire technique et une notice d’impact environnemental. La consultation publique, prévue par l’article 7 de la Charte de l’environnement, constitue une étape obligatoire avant toute autorisation.

En cas d’accord, G & OL disposerait de cinq années pour mener ses recherches.

Une énergie qui suscite l’intérêt mondial

Dans le monde, l’exploitation de l’hydrogène naturel est encore balbutiante. En France, un premier permis d’exploration a été accordé fin 2023 dans les Pyrénées-Atlantiques, et cinq autres demandes sont en cours, en Lorraine, dans le Jura, l’Ain, le Puy-de-Dôme et à nouveau dans les Pyrénées-Atlantiques.

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Pour la France, disposer d’une ressource d’énergie primaire locale, décarbonée et bon marché (autour d’1 €/kg, contre 2 € pour l’hydrogène gris et 3 à 4 € pour le vert) serait une révolution. Mais prudence : seule l’expérimentation, via des forages et des études précises, permettra de confirmer le potentiel réel.

Consultation publique : comment donner son avis ?

La demande de permis exclusif de recherches de mines d’hydrogène natif, d’hélium et de substances connexes, dit « Permis de Comminges », est soumise à consultation publique jusqu’au 29 septembre 2025. Chaque citoyen peut déposer observations et propositions sur le site officiel : www.economie.gouv.fr/consultations-publiques
Le projet couvre une zone de 758 km², répartie entre la Haute-Garonne et les Hautes-Pyrénées, soit 110 communes concernées. Parmi elles, côté Haute-Garonne : Saint-Gaudens, Montgaillard-sur-Save, Villeneuve-de-Rivière, Saint-Loup-en-Comminges ou encore Cazeneuve-Montaut. Dans les Hautes-Pyrénées : Lannemezan, Capvern, Galan, Tournay, Arné ou Monléon-Magnoac figurent dans le périmètre.

Cette étape réglementaire, prévue par la Charte de l’environnement, est obligatoire avant tout octroi du permis. Elle vise à recueillir l’avis du public sur les incidences environnementales potentielles de ces recherches.



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