de vives inquiétudes autour de l’avenir du TGB

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Le TGB va-t-il pouvoir repartir en régionale cette saison ? La question est posée et les élus de Tarbes s’interrogent, ils sont très inquiets.

Le conseil municipal de Tarbes devait se prononcer sur l’attribution d’une subvention de 50 000 € au club de basket du TGB ce lundi 22 septembre. Ce fut l’occasion pour les élus de débattre de l’avenir de ce club. Il a été proposé de conditionner le versement de cette subvention à l’inscription officielle de l’équipe première du TGB à un niveau régional ou supérieur.

Pierre Lagonelle, pour Tarbes pour tous, a demandé la parole : « La seule différence qu’il y a entre la délibération qui figure dans la convocation pour le conseil municipal et celle qui est sur table, c’est le caractère conditionnel que vous introduisez pour verser la subvention au TGB. Or cette subvention est due depuis longtemps, elle aurait donc déjà dû être versée il y a plusieurs mois. »

Gérard Trémège, maire de Tarbes, a rétorqué : « Non, monsieur, parce que la délibération n’a pas été prise. La preuve, on la prend aujourd’hui. »

Pierre Lagonelle a insisté : « Vous avez écrit au club il n’y a pas longtemps pour dire qu’il y aurait une régularisation au cours de ce conseil municipal. Donc il est malvenu de créer une condition alors qu’il n’y en a jamais eu. Vous créez une condition qui n’a pas lieu d’être, puisque cette subvention de 50 000 € aurait dû être versée depuis longtemps et que vous vous êtes engagé auprès du TGB à la verser à titre de régularisation. »

Gérard Trémège a répondu : « À condition que le TGB continue d’exister. Vous êtes d’accord ? C’est la condition que je viens d’ajouter. »

Pierre Lagonelle a repris la main : « Donc vous modifiez les règles au fur et à mesure. Vous ne tenez pas votre engagement. »

Gérard Trémège a poursuivi : « Je ne modifie aucune règle. C’est le conseil municipal qui décide. C’est aujourd’hui. La règle a été édictée aujourd’hui. Ce qui est malvenu, voyez-vous, c’est qu’aujourd’hui on ne sait même pas si le club va exister dans quelques semaines. Moi, je défends les deniers publics. Je ne vois pas l’intérêt. Il y a quelques semaines, j’ai dit que cette subvention serait payée quand la Fédération française a demandé des engagements des collectivités en général sur l’ensemble des soutiens, bien évidemment dans la perspective que le club soit engagé sur une des compétitions possibles dans la Fédération. On était en Ligue 1, on espérait être en 2, ensuite en 3, et maintenant on est en régionale… et maintenant qu’on est en régionale, on ne sait même pas si le club va exister. Alors donc, je réponds : si le club existe dans les semaines qui viennent, bien sûr que la subvention sera versée. Et si le club n’existe plus, je ne vois pas l’intérêt de verser des deniers publics à une association qui va être en liquidation de biens. Et si elle est en liquidation de biens, ce ne sera pas notre faute, parce que je peux vous dire que le passif excède largement les éléments d’actif, et de bien au-delà de 50 000 €. »

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« Vous avez tout à fait raison de conditionner ce versement à la participation à une compétition »

Pascal Claverie, ancien premier adjoint au maire, s’est également exprimé : « Je suis d’accord avec vous, monsieur le maire. Et vous avez tout à fait raison de conditionner ce versement à la participation à une compétition, parce que sinon vous allez verser cette somme dans les mains d’un mandataire judiciaire, c’est-à-dire que ça va tomber dans un trou béant. La question que l’on doit se poser collectivement, et tout en ménageant une certaine discrétion, c’est : qu’est-ce qu’on peut faire pour aider ce club collectivement, les entreprises, la collectivité publique, et quelles sont les visibilités que nous avons sur ces comptes ? Tous les jours, on nous demande ce qu’il y a dans ces comptes. Il y a une opacité qui est reprochée. Peut-être que si on pouvait avoir ces comptes détaillés, si tout est comptabilisé, si toutes les factures sont saisies… là peut-être on pourrait avoir une visibilité et savoir si on peut aider et sauver ce club. Il y a des entreprises – pas moi seul – qui, au cours de cet été, ont fait des virements. On sait très bien que c’est tombé dans un trou. Vous avez raison de conditionner, à mon avis. Parce que s’ils sont liquidés, c’est de l’argent qui est brûlé. »

Gérard Trémège a réagi de nouveau : « Je vous remercie de votre intervention. J’ai les comptes qui m’ont été donnés. S’ils vous intéressent, je suis prêt à vous les communiquer. Je les ai dans mon bureau en bas, il n’y a aucun problème. Et vous verrez, puisque vous êtes un homme d’entreprise, que ces comptes sont d’une sincérité discutable, c’est le moins qu’on puisse dire. Il y a à l’actif des valeurs réalisables et disponibles de plus d’un million d’euros dont on se demande à quoi elles correspondent, et que, si c’étaient des éléments réalisables, encore moins disponibles bien évidemment, il y a belle lurette qu’ils auraient été en tout ou partie encaissés et auraient permis de payer un passif. Dans le passif, qui est de plus d’un million également, il y a, sur les seules dépenses sociales, 628 000 € (Urssaf, retraite…). Voilà pourquoi je m’interroge sur la viabilité de cette structure telle qu’elle existe. Je vous remercie de partager mon point de vue, de même que je vous remercie du soutien que vous avez accordé il y a quelques semaines à ce club avec tambour et trompette, en disant que grâce à votre don important, vous alliez sauver le club. Désolé, malgré tous les efforts que vous avez faits et les nôtres, on ne le sauve pas. J’en profite pour rappeler que ce que fait la ville de Tarbes pour ce club, c’est près de 500 000 € par an, avec les personnels mis à disposition, avec les installations sportives. J’ai discuté avec le maire de Mont-de-Marsan quand nous étions en finale : il m’a dit qu’il donnait 45 000 € par an et qu’il leur faisait payer un loyer pour les installations. Ils ont 400 partenaires, 2 000 abonnés sur 2 500 places. C’est un mode de gestion avec des équipes de bénévoles qui font un boulot remarquable. Je veux dire : la situation que nous vivons en ce moment ne nous est pas tombée dessus du jour au lendemain. Je suis désolé, j’ai été le premier à défendre l’équipe dirigeante du TGB lors de l’assemblée générale de l’année précédente, alors que déjà ça commençait à tousser dans les rangs. Mais je constate que ceux qui toussaient dans les rangs et s’interrogeaient avaient raison. Aujourd’hui, si le club est inscrit, même en régional, on donnera les 50 000 €, mais si le club est liquidé, non, je ne les donnerai pas, parce qu’il y a une condition que nous allons voter ce soir. Et ceux qui ne veulent pas la voter, eh bien, ils ne la voteront pas. »

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« Pourquoi remettez-vous en cause la sincérité de ces comptes ? »

Pierre Lagonelle a redemandé la parole. « Vous dites que vous avez les comptes du club. Je suppose que ce sont des comptes certifiés par le commissaire aux comptes. Donc pourquoi remettez-vous en cause la sincérité de ces comptes s’ils ont été certifiés par le commissaire aux comptes ? »

Gérard Trémège a répondu : « C’est vous qui dites qu’ils ont été certifiés par le commissaire aux comptes. Moi, je dis que je n’ai pas vu de certification du commissaire aux comptes. À mon avis, ce ne sont pas des comptes définitifs, ce sont les comptes qui ont été remis à la Fédération française de basket. »

Pierre Lagonelle a poursuivi : « Si tous les partenaires agissent comme vous, monsieur Trémège, comment voulez-vous que ce club s’en sorte si les engagements fermes ne sont pas tenus ? Si tout le monde fait comme vous, c’est évident que le club va tout droit à la disparition. »

Gérard Trémège a rétorqué : « Monsieur Lagonelle, vous êtes sourd ou quoi ? Nous avons donné à ce club près de 500 000 €. »

Pierre Lagonelle a poursuivi : « Non, ça n’a rien à voir. Ça, ça n’a rien à voir. Le palais des sports est la propriété de la ville. Vous savez très bien les reproches qui vous sont faits par les clubs qui l’utilisent : comme quoi il est vétuste, et vous le reconnaissez vous-même. Il est usé jusqu’à la corde. Ça fait 15 ans que vous promettez tous les ans des travaux qui ne se font pas. Vous savez très bien que pour avoir du sport de haut niveau, il faut des partenaires privés. Ils viennent s’ils ont des prestations, notamment des loges, et c’est très difficile pour les clubs de trouver des partenaires. Donc ne jouez pas ce soir le rôle de dire que toute la responsabilité est due au club. C’est vrai qu’il y a une responsabilité qui est due au club. C’est vrai que le club n’a certainement pas été bien géré tout le temps. Mais ça fait 10 ans que le TGB est en difficulté. Je rappelle qu’il y a 10 ans, le club avait déjà été rétrogradé de Ligue 1 à Ligue 2. Donc ce ne sont pas des problèmes nouveaux. La difficulté, c’est que le club ne dispose pas d’un palais des sports performant, moderne, et que c’est difficile pour lui de trouver des partenaires. Vous verrez que demain, peut-être, l’Union aura les mêmes difficultés si le club veut progresser. Et nous avons aussi un gros problème dans notre ville : le manque de dynamisme économique. Vous vous comparez à Mont-de-Marsan ? Eh bien oui, c’est vrai, Mont-de-Marsan est beaucoup plus dynamique économiquement que Tarbes. Il n’y a pas photo. »

Gérard Trémège a répondu : « Vous n’avez pas honte de critiquer votre ville ? Est-ce qu’il n’y a pas des choses qui vont bien à Tarbes ? Tout ce que vous dites qui est mal, eh bien ça marche, c’est réussi, c’est formidable. Vous avez une telle vista que quand vous dites que quelque chose est mal, ça marche très bien. »

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« Nous n’avons pas mission à remplacer des partenaires privés »

Thomas Da Costa, adjoint aux sports, est intervenu dans ce débat : « Je suis ravi de voir, en tout cas, que vous appuyez notre projet pour le futur palais des sports. Nous sommes une municipalité qui subventionne des clubs sportifs. Nous ne remplaçons pas des partenaires. Nous n’avons pas mission à remplacer des partenaires privés. Vous parlez de dynamisme économique : là, effectivement, ce ne sont pas mes compétences, et apparemment ça n’a pas l’air d’être les vôtres non plus, monsieur Lagonelle. Nous avons soutenu ce club. Nous avons lancé des projets pour continuer de le soutenir à travers le temps et surtout dans l’avenir. Malheureusement, nous ne pouvons pas nous substituer à une certaine gérance du club, à une gestion financière du club. Donc nous ne pouvons pas remplacer tous les partenaires privés qui manquaient à l’appel. Malheureusement – et je ne jette la pierre à absolument personne – il aurait simplement fallu ramener plus de partenaires privés pour qu’ils participent davantage. Ce n’est pas le rôle de la municipalité de le faire. Nous les avons aidés. Nous avons passé tout l’été à travailler sur ce sujet. Et quand je vous dis tout l’été, c’est bien deux mois à 100 %, où tous les jours nous avions soit des nouvelles de la Fédération, soit nous essayions de contacter le club. Donc nous avons travaillé sur ce sujet et malheureusement les choses n’ont pas abouti. Aujourd’hui, nous proposons une subvention qui n’a pas été versée. Donc nous souhaitons régulariser si le club est engagé dans une compétition. On ne va pas verser de l’argent public dans un trou sans fond. Merci pour votre compréhension, monsieur Lagonelle. »

Gérard Trémège a poursuivi : « Monsieur Lagonelle, si vous aviez, quand vous étiez adjoint aux sports, eu l’idée de rénover le palais des sports, peut-être que ça aurait été fait depuis. Sauf qu’à l’époque, adjoint chargé des sports, vous n’avez même pas eu l’idée. »

Pascal Claverie a ajouté : « Je crois que tout a été dit. Effectivement, ce qui apparaît choquant, c’est qu’il y ait un actif d’un million ! Un actif d’un million, il faudra en connaître le détail. Je tombe des nues. C’est du vent ? Ou ce sont des apports de titres ? Ou c’est de l’immatériel ? Il faudrait savoir ce qu’il y a là-dessous. Verser 50 000 € à un club qui est en liquidation judiciaire, c’est mettre de l’argent dehors.

Mais par contre, tout le monde est bien d’accord pour soutenir le club. Il ne faut pas faire de procès d’intention ni au maire ni aux entreprises qui sont là pour les aider. »

Gérard Trémège a conclu : « Je vais dire combien je suis triste, bien évidemment, de cette situation. Et pourtant, tout a été mis en œuvre pour accompagner le club dans les meilleures conditions possibles. Après, critiquer sans arrêt, sans arrêt, la ville de Tarbes, dire que tout va mal à Tarbes… Je ne crois pas que ce soit de bonnes politiques. Ce n’est pas comme ça que vous allez rallier des suffrages, monsieur Lagonelle, en critiquant tout le temps. Il n’y a jamais rien de bien, jamais rien de bien. Je vous rappelle que depuis 2001, j’ai été réélu quatre fois malgré vous. Ce qui veut bien dire qu’une majorité de Tarbais ont considéré qu’il y avait des choses qui se faisaient et qui allaient bien. Voilà, c’est comme ça. Nous passons au vote sur cette délibération. Ceux qui sont contre le manifestent en levant la main. »

La délibération a été votée à l’unanimité.



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