Alors que les premiers immeubles de l’Ophite ont été démolis, les habitants et les institutions unissent leurs souvenirs pour créer un livre photo et préserver la mémoire de ce quartier historique de Lourdes.
C’est une réalité désormais bien visible. Depuis l’été dernier, trois premiers bâtiments de la cité de l’Ophite, à Lourdes, ont été démolis dans le cadre du Nouveau programme national de renouvellement urbain (NPNRU). Et d’ici 2030, c’est l’ensemble de ce quartier géré par l’Office public de l’habitat des Hautes-Pyrénées (OPH 65) qui aura disparu du paysage lourdais… Si tous les immeubles sont voués à être rasés, la grande histoire de cette cité ne sera, elle, pas oubliée.
C’est en tout cas la volonté de la ville de Lourdes, de l’Agglo et du GIP « Politique de la ville » Tarbes-Lourdes-Pyrénées. « En lien notamment avec le cabinet Cité Qua Non, un travail mémoriel autour de l’Ophite a été engagé ces dernières années. Cela a donné naissance à une exposition sur l’histoire du quartier, à un recueil de témoignages des habitants ou encore à une visite virtuelle au fil du temps, rappelle Estelle Goudenège, cheffe de projet NPNRU à l’Agglo TLP. L’idée est désormais de conclure tout ce travail en réalisant un livre photo sur l’histoire de l’Ophite, avec la contribution des habitants. »
Les habitants invités à participer
Les actuels ou anciens locataires de la cité – car beaucoup ont déjà déménagé dans les nouvelles résidences construites – sont ainsi conviés à des « pauses-café » afin de participer à la confection de cet ouvrage. En plus des archives de la ville, plusieurs habitants ont déjà fourni des photos qui donnent à voir des moments de vie, des personnes ou encore l’évolution du quartier… Reste désormais à faire le tri et à sélectionner celles qui figureront dans le livret mémoire.
Une mission que Sylvie, qui a vécu presque 40 ans à l’Ophite, a prise à cœur ce jeudi lors de la dernière pause-café participative. Si elle vient juste de déménager dans la nouvelle résidence construite au niveau de l’avenue Eugène-Duviau, elle ne manque pas une occasion de revenir dans le quartier : « J’en ai besoin. Je suis contente de revenir voir mes amis et aussi de participer à ce projet pour faire perdurer la mémoire du quartier. »
Ne jamais oublier l’Ophite
Comme beaucoup de locataires, quitter l’Ophite a été un crève-cœur pour Sylvie, car elle y a passé une grande partie de sa vie et s’y sentait bien… Mais la cité, construite dans les années 1960 sur une ancienne carrière et qui a accueilli notamment de nombreux réfugiés espagnols par le passé, affiche aujourd’hui une importante vétusté. D’où la décision de démolir ce quartier et de reloger les habitants dans de nouvelles constructions plus intégrées au reste de la ville.
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Alors que l’opération de relogement se poursuit, environ 140 appartements sur les 551 que comptait la cité sont aujourd’hui occupés. Les prochaines phases de déconstruction sont d’ailleurs prévues pour 2027 (bâtiments C, E et RL), 2028 (A et G) et au mieux fin 2029 (H, I et K). Une démolition qui ne doit pas signifier l’oubli du quartier, comme en témoigne la création du livre photo qui devrait être édité pour les prochaines Journées du patrimoine.
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« La mémoire de ce quartier est dans le cœur de tous ses habitants et de tous les Lourdais, appuie Marie-Henriette Cabanne, adjointe au maire de Lourdes en charge de la cohésion urbaine. Certains ont passé toute leur vie dans ce quartier, qui est le témoin de plein de petites histoires au sein même de la grande histoire, avec la Retirada notamment. Il faut que la mémoire de ses habitants puisse perdurer. » L’équipe municipale a d’ailleurs pour projet, une fois la cité démolie, de créer un mémorial au sein du parc naturel urbain qui doit voir le jour ici. Pour que jamais l’Ophite ne soit oublié…


