Le don de plasma est mis à l’honneur à Tarbes avec des chefs cuisiniers qui préparent des collations pour les donneurs. Malgré l’importation de médicaments, la France fait face à une pénurie croissante. L’objectif est d’atteindre 11 000 donneurs en Occitanie d’ici la fin de l’année.
À la maison du don, près de l’hôpital de Tarbes, les chaises de la salle d’attente se remplissent petit à petit. Un peu plus que d’habitude, car cette semaine des chefs du département viennent préparer les collations pour les donneurs. Un moyen surtout de mettre en avant le don du sang, et surtout le don de plasma, parfois méconnu du public. Un plasma, essentiel notamment aux médicaments utilisés lors de maladies chroniques, nécessaires à des millions de personnes en France. « En ce moment, on importe deux-tiers des médicaments dérivés du plasma, notamment des États-Unis » regrette Dr. Marie-Christine Guehl, responsable des prélèvements à l’établissement français du sang de Tarbes. « Nous avons des besoins en croissance de 8 % par an, et en France la situation n’est pas satisfaisante, même en important, on fait face à une pénurie. » En Occitanie, l’objectif est d’arriver à 11 000 donneurs de plasma d’ici la fin de l’année, dont 2 400 à Tarbes. Il reste encore 500 personnes pour atteindre cet objectif. »
Alors pour attirer du monde, la maison du don du sang a surtout élargi ses horaires, avec une capacité d’accueil augmentée d’un tiers. 78 créneaux de rendez-vous sont désormais ouverts chaque semaine, les lundis et vendredis de 9h à 11h45 et de 13h à 17h45 et les mardis et jeudi de 10h à 13h15 et de 14h30 à 18h45. Un don un peu plus long que le don de sang classique, car l’opération pour ne récupérer que le plasma est un peu plus complexe, mais pas bien différente pour le donneur.
Des chefs pour chouchouter les donneurs
Et pour donner envie de donner, l’institut français du sang à une nouvelle fois mis les petits plats dans les grands. Dans la salle où les donneurs sont allongés, une odeur vient déjà effleurer les narines. À côté, le chef Alexis Saint-Martin, du Viscos à Saint-Savin prépare trois plats d’exception pour les invités du jour. Chaque année, une opération permet en effet de donner son sang, et d’avoir ensuite une collation, d’un chef pyrénéen. « À chaque fois les gens me disaient qu’ils ne voulaient pas manger du salé le matin », explique Alexis, alors il leur a changé un peu la carte du jour, avec humour… Sur sa table, il fait flamber une crêpe suzette aux crevettes, suivront ensuite une profiterole de volaille avec sa chantilly de poireaux, et pour terminer une soupe de chataîgne, « entrée, plat et dessert » sourit le chef. Et le pari est réussi, en cette matinée, les donneurs-convives sont ravis : « Une tuerie » confirme Marina, qui vient donner son sang pour la première fois motivée par ses cours d’infirmières. Pour le chef, venir était une évidence : « Je donnais mon sang avant, désormais je ne peux plus. Pour moi c’est important, il y a des gens de ma famille qui ont besoin de produits sanguins. » Toute la semaine, les chefs Lucile Dubosq et Lola Campagne vont aussi proposer leurs services pour cet évènement exceptionnel. Mais même sans chef cuisinier, la maison du don vous accueille aussi le reste de l’année, dans une ambiance toute aussi sympathique pour des dons de plasma, de plaquette, et de sang. Un geste qui peut sauver des vies.


