Emplois du temps, inscriptions des élèves… Une rentrée affectée par la cyberattaque de l’Éducation nationale dans les Hautes-Pyrénées : « On utilise des solutions de fortune »

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Dans les Hautes-Pyrénées comme dans l’ensemble de l’académie de Toulouse, la rentrée s’annonce mouvementée. Depuis plus d’un mois, un piratage informatique affecte le fonctionnement des services et donc, la préparation de la rentrée scolaire de ce mardi 1er septembre. Messageries privées, documents papiers… Voici comment les personnels s’adaptent. 

L’équation n’est toujours pas résolue. En raison de la cyberattaque qui affecte les services de l’Éducation nationale et notamment l’académie de Toulouse depuis le début du mois d’août, la rentrée s’annonce compliquée. Car un mois après le piratage, pour la reprise de ce mardi 1er septembre, la panne informatique est loin d’être terminée, y compris dans les Hautes-Pyrénées. « La rentrée va être très difficile. La mairie de Tarbes recueille les inscriptions mais n’a aucun moyen de me les communiquer : mon adresse professionnelle ne fonctionne pas et mon adresse personnelle ne peut pas être utilisée dans ce cadre », résume la directrice d’une école de Tarbes. Conséquences : la responsable de l’établissement est bloquée pour réaliser ses listes de classes : elle n’a toujours pas connaissance des élèves inscrits.

« Je fonctionne par courrier postal ce qui allonge considérablement les délais de traitement, je dois aussi récupérer manuellement les documents papier auprès des services de la mairie », précise-t-elle encore. « Tous les établissements rencontrent des difficultés. C’est retour à l’ancienne, les directeurs d’école vont devoir bricoler pour composer les emplois du temps notamment », souligne Agnès Puzos, secrétaire générale SGEN-CFDT. Peu d’établissements du département peuvent compter sur leurs outils internes qui sont paralysés depuis la cyberattaque.

Les évaluations nationales sur la sellette

« Les outils institutionnels sont inaccessibles, messagerie mail, réseau interne… Les établissements ont peu d’informations sur les personnels affectés à la rentrée. Des solutions de fortune sont utilisées, envoi sur les messageries ou téléphone personnels. Bref, on est en monde dégradé », regrette Frédéric Marfaing de la CGT Éduc’action.

Agnès Puzos s’interroge également sur le versement des salaires. « Les paies sont éditées deux mois à l’avance. Ça devrait passer pour celle de septembre mais pas sûr que les salaires puissent être versés pour octobre. Ce sera notamment compliqué pour les contractuels et les stagiaires qui reçoivent leur première affectation cette année », détaille-t-elle encore. Les changements d’échelons pourraient bien être traités également ultérieurement. « Comment vont être gérées les absences ? Les affectations ? », s’inquiète-t-elle. Les agents de l’État ont contacté les syndicats pour identifier des professeurs qui n’auraient pas eu connaissance de leur affectation.

« Je redoute aussi les évaluations nationales qui arrivent dans le 1er degré. Comment allons-nous rentrer les résultats ? Il y avait déjà régulièrement des bugs sur les réseaux, sans compter la réticence des parents de fonctionner sur des outils numériques comme les ENT (espaces numériques de travail). J’ai bien peur que la confiance avec les familles soit encore plus affaiblie », poursuit la représentante syndicale. Elle demande une « réelle interrogation sur les applications et la sécurité des données ».

« Une petite marge d’incertitudes »

De son côté, la directrice académique des services de l’Éducation nationale dans les Hautes-Pyrénées assure que l’ensemble des affectations a été attribué dans le département. « Les enseignants sont dans leurs écoles depuis ce lundi dans le cadre de la pré-rentrée. Nous avons tenu un séminaire de directeurs la semaine dernière et nous avons fait un point de situation avec les inspecteurs de circonscription. La rentrée était déjà très avancée en juillet, il reste peu d’inconnus ou de problèmes non résolus », veut rassurer Anne-Miquel Val, la patronne des écoles du département.

« Il restait certains enseignants à informer en fin de semaine dernière de leurs affectations mais désormais nous n’avons qu’une petite marge d’incertitudes concernant les aléas de dernière minute, on revient sur une rentrée humaine », précise-t-elle encore, concédant que les moyens de communication ont dû être adaptés. « Nous avons échangé en réunions et visios ainsi que sur des messageries sécurisées. On sera soulagé, c’est sûr, quand les choses reviendront à la normale mais cela aura permis de tester nos points d’agilité », analyse la directrice académique départementale.



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