En ce 10 septembre, jour du « Bloquons Tout » la CGT de l’hôpital de Lannemezan avait convié les habitants à les rejoindre devant l’établissement au niveau du rond-point.
« L’hôpital, c’est le reflet de la société, nous sommes malades des mêmes choses, de la rigidité politique dans notre pays avec des gouvernements qui sont incapables de s’adapter aux besoins de la population » a déclaré Michel Dabat lors du rassemblement organisé par la CGT dans le cadre de ce qui devait être le jour du « Bloquons tout ». Pour l’organisation syndicale, l’objectif était donc d’inviter les habitants à les rejoindre pour ce mouvement de protestation contre les gouvernants, et que l’on ait changé de Premier ministre ne changeait rien à l’affaire, puisque c’est un ras-le-bol dans son ensemble que les responsables syndicaux voulaient dénoncer. Le co-secrétaire CGT Hôpitaux Spécialisés de Lannemezan a rappelé les combats menés pour sauver l’hôpital public et ils sont nombreux, une journée supplémentaire de mobilisation restait donc justifiée, même si, à Lannemezan, les manifestations n’ont pas été légion. Près du rond-point du centre hospitalier, le but était avant tout de rassembler et de dénoncer les errements, les contradictions au sein d’une machine essentielle pour les Lannemezanais mais pas seulement : « Nous sommes un hôpital départemental mais aussi de tout le sud du 31. Nous devons donc avoir une gouvernance un peu particulière ».
C’est ensuite au nouveau Premier ministre et à sa future équipe qu’il s’est adressé : « Il est très important que le prochain gouvernement prenne acte de ce qu’est cet hôpital départemental dans le paysage et de ce que sont les hôpitaux psychiatriques. Le pouvoir politique doit retrouver du sens, en réinstaurant des conseils d’administration qui l’incarnent réellement ». L’occasion de revenir sur des revendications portées par les personnels depuis des mois. Ici, nous avons traversé 7 semaines de conflit à la fin de 2024. Les personnels, les médecins et les syndicats ont su bousculer les positions, ce sont les attentes de tout le monde, de la population aux malades qui souhaitent une amélioration de la prise en charge ». C’est aussi vers les politiques qu’il se tourne lorsqu’il parle de la disparition de certaines spécialités au sein de l’hôpital et de la désaffection des praticiens pour le secteur public, faute de rémunération suffisante.
« Soutenir nos concitoyens »
La perche tendue pour cette journée de mobilisation à travers le pays a donc été saisie pour porter les revendications des personnels, des médecins mais aussi des patients : « C’était bien sûr l’occasion de nous associer à cette grogne générale. Nous sommes là pour soutenir nos concitoyens dans leur volonté de préserver et développer le service public comme cela aurait dû être le cas depuis plusieurs années. En effet, en 2003, lors de la canicule, les actifs ont été mis à contribution et ont donné un jour pour la solidarité, pour les personnes vulnérables, ce qui a rapporté à notre pays environ 3 milliards par an et en 2025, le déficit des hôpitaux est entre 2,7 milliards et 2,9 milliards. Les moyens auraient dû être investis dans les établissements publics de santé, mais cela n’a pas été le cas ». Une manifestation dans le calme mais avec des participants déterminés : « Nous ne sommes ni entendus, ni écoutés, il est temps que tout cela change ».


