» Je ne m’identifiais pas à l’image du boucher  » : la boucherie comme aventure familiale pour la famille Manse

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l’essentiel
À l’occasion de la journée de l’artisanat alimentaire, rencontre avec Stéphanie Manse qui dirige avec son mari la boucherie familiale à Bagnères-de-Bigorre. Une aventure familiale à laquelle ont pris part deux de leurs fils, et qui n’est pas près de se terminer.

Trente ans déjà que Stéphanie Manse est tombée dans la marmite de l’artisanat. Par amour d’abord, pour Thierry, qui allait devenir son mari et a suivi une formation de boucher. La Bagnéraise, qui était formée à la comptabilité, s’y met aussi, et le coup de foudre s’étend à ce métier « manuel, attaché au territoire » explique-t-elle. Depuis, la boucherie familiale a bien grandi. De cinq salariés lors de sa reprise en 1995, l’entreprise en compte désormais quatorze, dont deux dans une boutique de produits locaux, ouverte il y a trois ans.

Mais les fondamentaux sont restés : « C’est important de mettre en avant qu’on fait de bons produits » sourit-elle, même si les demandes des clients ont changé, « il faut continuer de donner envie aux gens d’aller dans des petites boucheries, pour franchir la porte il faut avoir envie de cuisiner, c’est un enjeu… » Heureusement, les clients restent, pour beaucoup, fidèles, et la commerçante leur rend bien : « J’ai des clientes qui venaient chez moi il y a trente ans qui étaient valides. Aujourd’hui elles ne sont plus valides, et je leur amène les poches dans leur frigo. On est l’équilibre d’une ville… »

En trente ans, elle a aussi choisi de faire changer la vision qu’on peut avoir de son métier : « Je ne m’identifiais pas à l’image du boucher, avec la cravate et les yeux rouges, je voulais qu’on voie la boucherie avec des yeux de jeune. » Alors, elle intègre le syndicat de la boucherie des Hautes-Pyrénées, en devient présidente, et arrive même à la confédération française de la boucherie comme trésorière, et présidente de la commission innovation et économie.

Une aventure familiale

Et il faut croire que le virus s’est propagé dans la famille. Deux des trois fils du couple font aujourd’hui partie de l’aventure, tout comme un cousin et le parrain de Stéphanie : « On ne peut pas faire plus en famille que chez nous ! » sourit-elle. « La maison était collée à la boucherie, se souvient Tanguy, 29 ans, l’un des fils du couple, j’allais acheter le bétail avec mon père. » Pourtant, il se tourne vers un bac général, puis une formation en Staps pour « devenir professeur des écoles. » Mais le covid vient tout bousculer, et il rejoint aussi l’aventure familiale, comme Rémy, son frère de 26 ans. Ils sont maintenant prêts à reprendre la boutique. « Ce n’est pas un cadeau, c’est difficile de gérer une entreprise à l’heure actuelle, concède Stéphanie, c’était plus facile il y a 30 ans, notamment la réglementation, aujourd’hui il faut aussi être des administratifs. » Une lourde tâche que les deux frères semblent prêts à relever dans un futur pas si lointain : « C’est l’entreprise qu’ont montée mes parents, tout ce qu’ils y ont investi, ça a de la valeur, du sens » souffle Tanguy. C’est donc avec un peu d’appréhension et beaucoup de joie que les parents Manse préparent la suite de leur boucherie-charcuterie, même s’ils ne resteront jamais très loin… L’histoire d’une vie, qui continue de s’écrire.



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