Un détenu de 41 ans a comparu devant le tribunal de Tarbes, après avoir violenté, insulté et menacé pas moins de huit agents de la centrale pénitentiaire de Lannemezan, des surveillants mais aussi des cadres. Voilà tout ce qu’il faut savoir.
Hasard du calendrier ce lundi 27 avril. Alors que les agents pénitentiaires sont en grève pour dénoncer la surpopulation carcérale et « une situation catastrophique », c’est un détenu de Lannemezan qui se retrouve à la barre du tribunal de Tarbes, pour des faits répétés, et en état de récidive, envers le personnel et l’encadrement de l’établissement qui lui valent cette procédure en comparution immédiate.
Ainsi, le 22 décembre 2025, ce prisonnier guyanais condamné pour meurtre en 2019 et libérable en 2031, commet des premières menaces envers les agents pénitentiaires de la centrale. Rebelote le 18 mars, où les outrages ciblent cette fois la directrice adjoint de l’établissement, la menaçant en criant : « Accélère mon transfert avant que je t’attaque… ». Puis le 1er avril, les violences sont cette fois physiques puisque le détenu de 41 ans assène un coup de poing à un surveillant, qui lui vaudra un jour d’ITT. Avant de récidiver le lendemain, alors que les agents viennent le chercher pour le conduire en garde à vue puis au tribunal, il s’en prend à eux et blesse trois agents, soit huit victimes au total.
« Une victimisation permanente »
Incarcéré depuis 2018, le détenu, arrivé à Lannemezan il y a un peu plus d’un an, a été déjà condamné à cinq reprises pour des faits envers les agents de l’administration pénitentiaire. Il avait notamment déjà été jugé par le tribunal de Tarbes pour avoir jeté de l’urine et de l’huile brûlante sur les surveillants. Soit 11 mentions à son casier judiciaire mais pas moins de 66 procédures disciplinaires pour des incidents derrière les barreaux. « On comprend quand on voit un tel individu combien les conditions de travail des agents pénitentiaires sont difficiles, a ainsi précisé la procureure. Ils ont fort à faire avec lui. Depuis 2018, dans chaque établissement où il est passé puis a été transféré, il y a eu des incidents, avec des violences d’abord verbales puis physiques, qui lui valent d’être à l’isolement depuis toujours ou presque. C’est un peu les montagnes russes avec des périodes calmes et d’autres très violentes qui témoignent de trouble de la personnalité. Il est dans une victimisation permanente et obtient toujours gain de cause, à savoir changer d’établissement. »
Pour sa défense, le détenu, sans la moindre excuse, explique que c’est « sa personnalité. Je suis un peu impulsif. Si je parle et que j’ai l’impression qu’on ne me comprend pas, ça me met en colère. Je suis quelqu’un qui dessine beaucoup, pour tout le monde. Je ne suis pas dans la conspiration contre les agents et les cadres, mais le stress de l’administration, le stress de mes codétenus, de moi-même, ça pèse sur moi. Je n’arrive pas à me faire comprendre. » L’expertise psychiatrique réclamée par son avocat, Me Vignes, ne sera finalement pas ordonnée par le tribunal qui a programmé son audience au 15 juin, le prévenu ayant demandé un délai pour assurer sa défense. D’ici là, il retourne donc à la centrale pénitentiaire de Lannemezan.


